Le message de l'ange selon les Pères de l'Église

Luc 2, 10-12 - L'ange leur dit... : le commentaire des Pères de l'Eglise

"Mais l'ange leur dit :    « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :  Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur.    Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

Selon la "Chaîne des Pères grecs" :  

Ce miracle les remplit de frayeur : « Et ils furent saisis de crainte, » etc. Mais l'ange dissipe bientôt cette frayeur qui les trouble : « Et il leur dit, » etc.

Non content d'apaiser leur crainte, il leur inspire un vif sentiment de joie. Entendez en effet la suite : « Voici que je vous annonce le sujet d'une grande joie, » etc., non seulement pour le peuple juif, mais pour tous les hommes.

Quelle est la cause de cette joie, c'est cet enfantement nouveau et vraiment admirable d'après les noms que l'ange donne à cet enfant. Il ajoute : « Parce qu'il vous est né aujourd'hui un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. »

Le premier de ces noms (celui de Sauveur), exprime l'action ; le troisième (celui de Seigneur), la majesté.

Selon saint Cyrille :

Le nom qui est au milieu (celui de Christ), désigne l'onction, il n'exprime pas la nature, mais l'union hypostatique des deux natures.

Nous croyons que Jésus-Christ notre Sauveur, a reçu une onction solennelle, ce n'est pas cette onction figurative (telle que les rois la recevaient autrefois avec l'huile ), et qui était conférée par une grâce prophétique.

Ce n'est point non plus cette onction conférée pour l'accomplissement d'un grand dessein, comme nous le voyons dans ce passage d'Isaïe (Is 45) « Voici ce que dit le Seigneur à Cyrus qui est son Christ. » Il l'appelle son Christ, quoiqu'il fût idolâtre, parce qu'il devait exécuter le décret de Dieu en s'emparant de toute la province de Babylone.

Mais pour le Sauveur, il a reçu l'onction comme homme et dans la forme de l'esclave qu'il avait prise, et il donne, en tant que Dieu, l'onction de l'Esprit saint à tous ceux qui croient en lui.

Selon saint Grégoire :

L'ange leur fait connaître ensuite le moment de cette naissance : « Aujourd'hui ; » le lieu : « Dans la ville de David ; » et les signes pour le reconnaître : « Et voici le signe que je vous donne, » etc.

C'est ainsi que les anges annoncent à des pasteurs le prince des pasteurs qui naît et se manifeste comme un agneau dans une étable.

Selon saint Bède : 

Tout ce qui a rapport à l'enfance du Sauveur nous est clairement enseigné, et par les déclarations fréquentes des anges, et par les nombreux témoignages des Évangélistes, pour graver plus profondément dans nos coeurs les mystères opérés pour notre salut.

Et remarquez le signe auquel ils reconnaîtront le Sauveur qui vient de naître. Ce n'est pas un enfant enveloppé dans une pourpre éclatante, mais dans de misérables langes, il n'est point couché sur des tapis brochés d'or, ils le trouveront dans une crèche.

Selon saint Maxime : 

Si ces langes vous semblent misérables, admirez le concert de louanges des esprits célestes.

Si la crèche vous inspire du mépris, élevez un peu les yeux, et contemplez cette nouvelle étoile qui annonce au monde la naissance du Seigneur.

Vous croyez à ce qui est abaissement dans ce mystère, croyez aussi à tout ce qu'il a de merveilleux ; et si les humiliations qu'il renferme sont pour vous matière à discussion, que le caractère de grandeur et de divinité dont il est empreint, soit l'objet de votre vénération.

(Extraits de "La chaîne d'or". Explication suivie des quatre composée des interprètes grecs et latins et surtout des ss. Pères, traduction par l'abbé J.-M. Peronne, 1868)

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