Lc 1, 48 : toutes les générations... Méditation d'une évangéliste

Lc 1, 48 : méditation d'une évangéliste

En lisant ces paroles de Luther, qui jusqu’à la fin de sa vie a honoré Marie, en a sanctifié les fêtes et a chanté chaque jour le Magnificat, on sent combien nous nous sommes éloignés, en général, de la juste attitude envers elle, attitude que Luther nous a indiquée sur la base de l’Écriture…

Nous voyons combien nous autres évangélistes nous nous sommes laissé submerger par le rationalisme. Le rationalisme n’a absolument rien compris du mystère de la sainteté de Dieu… L’homme rationaliste a voulu tout comprendre, et ce qu’il n’était pas en mesure de comprendre il l’a éliminé… Le rationalisme, qui n’admet que ce que l’on peut comprendre avec la raison, en se répandant, a chassé de l’Église évangélique les fêtes de Marie et tout ce qui s’y rapporte ; il a fait perdre le sens de toute référence biblique à Marie. Aujourd’hui encore nous souffrons de cet héritage.

Si Luther, par cette phrase : « Après le Christ elle est dans toute la chrétienté le précieux joyau, jamais assez loué », nous inculque cette louange, pour ma part, je dois confesser être parmi ceux qui durant de longues années de leur vie ne l’ont pas fait, passant ainsi à côté de ce que dit l’Ecriture :

« Désormais toutes les générations me proclameront bienheureuse »

(Lc 1,48)

Je ne m’étais pas située parmi ces générations.


Basilea Schlink

Schlink Basilea, Maria, der Weg der Mutter des Herrn,

Darmstadt, 1982, pp. 149-152.

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