La question de Zacharie et celle de Marie

La question de Zacharie et celle de Marie

A Zacharie, prêtre du Temple, il est dit :

« Mais l'ange lui dit: "Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée ; ta femme Elisabeth t'enfantera un fils, et tu l'appelleras du nom de Jean. […] Et il advint, quand ses jours de service furent accomplis, qu'il s'en retourna chez lui. Quelque temps après, sa femme Elisabeth conçut. »

(Lc 1, 13.24.24)

A la Vierge de Nazareth, l’ange dit :

« Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu concevras un fils… L’Esprit Saint descendra sur toi… »

(Lc 1, 30-31.35)

Pour Marie est révélé un projet inouï, une irruption lumineuse qui vient d’en haut : donner le jour au Fils de Dieu, par l’action de l’Esprit Saint. C’est un mystère absolument unique et qui ne peut pas être répété dans l’histoire du salut.

Zacharie et Marie, aussi bien l’un que l’autre, font une objection,

mais chacun avec une intention et une compréhension différente.

L’ange avait rassuré le prêtre âgé en lui disant que sa prière avait été exaucée (Lc 1, 13), et pourtant, il reste sur la réserve :

« "A quoi connaîtrai-je cela ? Car moi je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge." »

(Lc 1, 18)

Zacharie semble mettre en doute la possibilité d’une intervention divine à caractère miraculeux. Son attitude est qualifiée de manque de foi : « parce que tu n’as pas cru… » (Lc 1, 20)

Marie, d’autre part, comprend qu’elle est appelée à devenir mère, alors que, de fait, elle ne connaît pas d’homme. Son problème est de concilier deux réalités incompatibles. C’est pourquoi elle pose une question sur le « comment » s’accomplira la vocation que Dieu désire lui confier.

« Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais pas d’homme ? »

(Lc 1, 34)

La parole de Marie ne met pas en cause la puissance divine, la Vierge demande tout au plus ce qu’elle devra faire pour obéir à la volonté de Dieu, qui est tellement inédite. Quand les voies de Dieu sont mystérieuses, la sagesse veut que l’on demande la lumière pour pouvoir accueillir ces voies avec un consentement respectueux. L’esprit de Marie est celui du psalmiste, qui, alors qu’il prie en disant :

« Fais-moi connaître la voie de tes préceptes et je méditerai tes prodiges… Indique-moi, Seigneur la voie de tes décrets et je la suivrai jusqu’à la fin. Donnes-moi l’intelligence, pour Que je puisse observer ta loi et que je la garde de tout mon cœur. »

(Ps 119, 27.33.34)

Après que l’ange ait manifesté à Marie comme Dieu fera les « grandes choses » de la conception virginale, alors Marie répond Oui.


Aristide Serra

Aristide Serra Cf. “Bibbia”, Nuovo dizionario di mariologia,

a cura di .S. di Fiores e S. Meo, ed. San Paolo, Milano 1986, p. 220-223

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