Un enfant inconscient ?

Un enfant inconscient ?

On est frappé par le fait que Jésus soit tranquillement absorbé à parler avec les docteurs du temple sans du tout se préoccuper de ses parents, sans aucun scrupule pour la "faute" de ne pas les avoir avertis.

Bien qu’il soit encore jeune, Jésus comprend clairement ce qu’il doit faire et ce qui ne peut pas être renvoyé à plus tard : rester dans la maison de Son Père devant les docteurs qui l’interpellent au début peut-être par jeu et par curiosité, puis avec intérêt, et discuter avec eux des choses de Dieu, en les amenant sans doute plus avant dans la compréhension de la Parole, préparant ainsi le terrain à la révélation du Verbe, et en les aidant peut-être à se libérer de cet attachement à la tradition, aux conditionnements du passé qui constitueront un empêchement au Royaume, un poids à imposer aux autres plus qu’à soi.

« Malheur à vous, docteurs de la loi qui chargez les hommes de fardeaux insupportables, alors que vous ne touchez pas ces fardeaux d’un seul de vos doigts ! » (Lc 11,46)

Souvent dans l’Évangile Jésus rappellera que les choses de l’Esprit ont un rythme à respecter qui ne tolère pas de lenteurs. Par exemple, l’époux n’attend pas que les vierges aillent prendre l’huile qui leur manque pendant qu’il arrive, et il faudrait seulement veiller (cf Mt 25,1.13) ; il n’est pas bien d’aller ensevelir les êtres chers quand Dieu appelle, ni de prendre soin des bêtes ou autre (Lc 9,59-62).

L’épisode de Jésus parmi les docteurs du temple nous apparaît comme une confirmation claire de la présence constante de l’Esprit dans la vie de Jésus (Cf. Lc 4, 18s) C’est l’Esprit qui lui suggère ce qu’il doit faire dans une circonstance donnée, en lui confirmant sa vocation et en lui donnant la force et la sagesse. Si communément, quand la voix de l’Esprit se fait entendre, on peut avoir quelque hésitation qui paralyse les décisions et ralentit l’avancement du Royaume, pour Jésus il n’en est pas ainsi. Jésus dira:

« Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi; qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. » (Mt 10,34-37).

Il y n’a pas de "mais" qui tienne quand il s’agit d’un appel de Dieu.

Cette attitude de fond, présente dans toutes les fibres la personne de Jésus, fait que Jésus est serein et ne vit pas le détachement comme une transgression coupable. Ce que confirme l’évangéliste: Il restait "assis au milieu d’eux", s’asseoir est différent de rester avec un pied d’un côté et un pied de l’autre, dans la hâte et dans le scrupule, entre deux rappels également attrayants ou entre deux devoirs qui seraient en conflit entre eux. Jésus s’assied, royalement convaincu d’être dans la volonté de Dieu:

« Je suis descendu du ciel non pas pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 6,38)

Cet accomplissement conscient de la volonté de Dieu lui confère la sûreté et la paix avec lui-même, de façon à pouvoir rester au milieu des docteurs…

Cela, ils ne le lui permettront plus quand il sera assez grand pour représenter un rival possible.

« Dieu a choisi ce qui est fou dans le monde pour confondre les savants, Dieu a choisi ce qui est faible dans le monde pour confondre les forts, Dieu a choisi ce qui est méprisé dans le monde et ce qui n’est rien… » (1 Cor 1,27)


Extraits de : Giulia Paola DI NICOLA, Una maternità in discussione, in “Theotokos” anno VI, 1998, n°2, p. 455-468, p. 458-461

[*Rivista Theotokos, via Predestina 1391 – 00010 Colle Predestino (RM).]

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