La prière pure

La prière pure (St Silouane † 1938)

L'archimandrite Sophrony résume la doctrine du Starets Silouane sur les trois modes de la prière : [1]

Le premier mode est caractérisé par l'imagination, il correspond au mouvement de l'intellect vers l'extérieur.

Il n'est qu'une étape. Il ne faut donc pas continuer outre mesure à le cultiver, car alors l'homme se maintient dans un monde illusoire, dans le monde du rêve, ce qui peut engendrer des troubles spirituels profonds.

Le second mode est caractérisé par la méditation, il correspond au retour vers soi-même.

Il n'est aussi qu'une étape où l'homme reste exposé à diverses influences étrangères, la lutte avec les passions subtiles de l'âme - (la vanité et l'orgueil) se complique et, peu à peu, la grâce se perd imperceptiblement.

Le troisième mode est caractérisé par la contemplation, il correspond à la montée vers Dieu à travers l'homme intérieur.

L'intellect en prière empêche les pensées d'entrer dans le cœur, il les repousse et se met ainsi à l'abri de toute jonction avec elles ; on parvient de la sorte à paralyser l'action de toute passion à son premier stade, dès qu'elle se met à germer.

L'ascète a la possibilité d'étudier, avec une étonnante finesse, la nature de la pensée. Il connaît l'action (énergie) de chaque passion d'une manière bien plus profonde que l'homme qui en est possédé.

La Mère de Dieu, modèle de prière pure

Le starets Silouane écrit :

Un jour que j'écoutais la lecture des prophéties d'Isaïe aux mots « Lavez-vous et vous serez purs » (Is 1, 16), il me vint une pensée : « peut-être la Mère de Dieu a-t-elle péché une fois, serait-ce en pensée. »

Et, chose étonnante, dans mon cœur, en même temps que la prière, une voix me dit clairement : « La Mère de Dieu n'a jamais péché, même en pensée ». Ainsi, dans mon cœur, l'Esprit Saint témoignait de sa pureté.

La Mère de Dieu n'a jamais mis par écrit ses pensées, ni son amour pour son Dieu et son Fils, ni les douleurs de son âme au moment de la Crucifixion, car nous n'aurions de toute façon pas pu les comprendre.

Son amour est en effet plus fort et plus ardent que l'amour des Séraphins et des Chérubins ; et toutes les Puissances célestes des Anges et des Archanges sont frappés d'étonnement à son sujet.[2]


[1] Archimandrite Sophrony, Starets Silouane, moine du mont Athos, Vie - Doctrine - Ecrits - Edition Présence, Belley, 1982.p. 132 - 137.

[2] Ibid. p. 356.


Lire plus sur le starets Silouane (1866-1938)


Synthèse Françoise Breynaert