Jésus enfant attire Marie dans son silence (Bérulle)

Jésus enfant attire Marie dans son silence (Bérulle)

C'est le silence de Jésus, Parole du Père, qui attire Marie dans un nouveau silence...

En voyant devant ses yeux, en son sein, en ses bras, cette même Parole, la Parole substantielle du Père, la parole substantielle du Père, être muette et réduite au silence par l'état de son enfance, elle entre en un nouveau silence et y est transformée, à l'exemple du Verbe incarné qui est son Fils, son Dieu et son unique amour.

Un silence d'adoration et de transformation...

Sa vie se passe ainsi de silence d'adoration en silence de transformation ; son esprit et ses sens conspirent également à former en elle cette vie de silence.

Un silence éloquent...

Pourtant un sujet si grand, si présent et si propre à elle serait bien digne de ses paroles, de ses louanges!...

Qui connaît mieux l'état, les grandeurs, les humiliations de Jésus que Marie, en qui il a reposé neuf mois, de qui il a pris ce petit corps qui couvre la splendeur de la Divinité, comme un voile qui nous cache le vrai Sanctuaire ?

Qui parlerait plus dignement, plus divinement de choses si grandes, si divines, que celle qui est la Mère du Verbe éternel, en qui et par qui toutes ces choses ont été accomplies...Et pourtant elle est en silence, ravie par le silence de son Fils Jésus ! Ce silence de la Vierge n'est certes pas un silence d'impuissance ; c'est un silence de lumière et de ravissement, plus éloquent dans la louange de Jésus que l'éloquence même.

Un silence qui absorbe en Dieu...

C'est un silence opéré par le silence de Jésus qui imprime ce divin effet en sa Mère, et qui la tire à soi dans son propre silence, et qui absorbe en sa divinité toute parole et pensée de sa créature.

Aussi est-ce une merveille de voir que tout le monde parle et que Marie ne parle point. Elle écoute. Elle reçoit, offre et donne son Fils en silence !

Voilà l'état et l'occupation de la Vierge, voilà son exercice et sa vie au regard de Jésus durant sa enfance. »


P. de BERULLE,

Opuscule 48,

éd. Du Cerf, Paris 1995, t. 3, p. 151-152.

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