L'Annonciation (Maria Valtorta)

L'Annonciation vue par Maria Valtorta

Maria VALTORTA (1897- 1961) a donné à l'Eglise des cahiers publiés sous le titre "L'Evangile tel qu'il m'a été révélé". La publication en est autorisée à condition de préciser que c'est une œuvre littéraire de Maria Valtorta, et non un nouvel Evangile. (1)

Selon Maria Valtorta, la prière de Marie avant l'Incarnation utilise les mots du judaïsme de son temps, - "Serviteur", "Rédempteur ", "Christ" -, et il ne nous est pas permis d'imaginer qu'à travers ces mots Marie ose imaginer l'Incarnation. Son espérance concerne à la fois le "Lumière et la Justice sur la terre " et le salut à l'heure de la mort (l'ouverture de "ta demeure" à l'heure où se terminera ma "journée") :

« Seigneur, Dieu Très-Haut, ne tarde pas d'envoyer ton Serviteur pour apporter la paix sur la terre. Suscite le temps favorable et la vierge pure et féconde pour l'avènement de ton Christ.

Père, Père Saint, accorde à ta servante d'offrir sa vie dans ce but.

Accorde-moi de mourir après avoir vu ta Lumière et ta Justice sur la terre et d'avoir vu, accomplie, la Rédemption.

O Père Saint envoie à la terre ce qui a fait soupirer les Prophètes.

Envoie à ta servante le Rédempteur.

Qu'à l'heure où se terminera ma journée s'ouvre pour moi ta demeure parce que ses portes auront déjà été ouvertes par ton Christ, pour tous ceux qui ont espéré en Toi. Viens, viens, ô Esprit du Seigneur. »[1]

Mais au moment de l'Incarnation, Marie est éclairée et elle a conscience de quel Fils elle devient la mère. Maria Valtorta fait dire à Marie :

« Maintenant à sa servante, l'Éternelle Bonté faisait ce don sans m'enlever la candeur dont j'avais été revêtue pour être une fleur sur son trône.

Et moi j'en ai éprouvé une suave jubilation d'avoir la double joie d'être mère d'un homme et d'être la Mère de Dieu. »[2]

Marie est extraordinairement humble :

« Je ne me suis pas dit : "Maintenant le monde m'admirera parce que je suis semblable à Dieu en créant la chair de Dieu". Non. Je me suis anéantie dans l'humilité. »[3]

Marie a conscience que sa grossesse virginale posera des difficultés à Joseph, mais elle s'en remet à Dieu :

« Je devins la Servante du Seigneur dans ma chair, dans ma conduite, dans mon esprit, me fiant à Lui, non seulement pour la conception virginale, mais pour la défense de mon honneur, la consolation de mon époux, pour le moyen de le porter à la sublimation du mariage, de façon à faire de nous ceux qui rendent à l'homme et à la femme leur dignité perdue.»[4]

Le récit de l'Annonciation est accompagné d'explications sur le péché originel, et sur Marie « nouvelle Eve », citons par exemple :

« "Oui" j'ai dit. Oui. Cela suffit. Ce "oui" a annulé le "non" d'Ève à l'ordre de Dieu. "Oui, Seigneur, comme tu veux. Je connaîtrai ce que tu veux. Je vivrai comme tu veux. Je jouirai si tu le veux. Je souffrirai pour ce que tu veux. Oui, toujours oui, mon Seigneur, depuis le moment où ton rayon me fit Mère jusqu'au moment où tu m'as appelée à Toi. Oui, toujours oui. Toutes les voix de la chair, toutes les inclinations de ma sensibilité, sous le poids de ce oui perpétuel qui est à moi. Et comme au-dessus d'un piédestal de diamant, mon esprit à qui manque les ailes pour voler vers Toi, mais qui est le maître de tout mon moi dompté et asservi pour te servir dans la joie, pour te servir dans la douleur. Mais, souris, ô Dieu. Et sois heureux. La faute est vaincue. Elle est enlevée, elle est détruite. Elle gît sous mon talon. Elle est lavée dans mes larmes, détruite par mon obéissance. De mon sein naîtra l'Arbre nouveau. Il portera le Fruit qui connaîtra tout le mal pour l'avoir souffert en Lui-même, et donnera tout le bien. À Lui pourront venir les hommes et je serai heureuse s'ils le cueillent, même sans penser qu'il naît de moi. Pour que l'homme se sauve et que Dieu soit aimé, qu'on fasse de sa servante ce que l'on fait de la terre où un arbre se dresse: une marche pour monter". » [5]


[1] Maria VALTORTA "L'Evangile tel qu'il m'a été révélé", Tome 1, chapitre 23

[2] Tome 1, chapitre 25

[3] Tome 1, chapitre 25

[4] Tome 1, chapitre 25

[5] Tome 1, chapitre 25

Extraits présentés par F. Breynaert

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