Le culte marial en Lituanie

Le culte marial en Lituanie

L'Assomption

La fête célébrée avec le plus de faste en Lituanie est celle de l'Assomption. Les fidèles apportent à l'Église des gerbes de fleurs et de blé pour remercier Notre Dame de la bonne récolte et de la protection des champs contre la grêle et le mauvais temps.

Le 8 septembre

Le 8 septembre, fête de la Nativité, est très chère à tous les lituaniens non seulement comme fête de Marie, niais aussi comme souvenir du couronnement de son souverain catholique. Le gouvernement, les organisations catholiques, la jeunesse vont officiellement en ce jour à l'église pour invoquer Notre Dame comme consolatrice des affligés, le vrai soutien des mourants, la mère de la paix et le salut du monde.

Les deux périodes mariales de l'année : le mois de mai et le mois d'octobre, marquent profondément la vie religieuse en Lithuanie.

Le mois de mai

Prendre part dans la nature refleurie au mois de Marie est pour tous les Lituaniens non seulement un saint devoir, mais aussi une grande joie.

Citadins, étudiants, écoliers se réunissent chaque jour dans les églises pour prier et chanter. A la campagne, alors que les églises sont souvent fort éloignées, les paysans choisissent une maison spacieuse. Là ils se réunissent tous les soirs autour de l'image fleurie de la Vierge pour méditer sa vie, pour réciter les litanies et pour chanter le célèbre cantique : « Salut Marie, Mère de Dieu... ».

La clôture du mois de Mai est marquée souvent par la communion générale et presque toujours par une manifestation spéciale à la gloire de la Vierge. Il y a encore des paroisses qui ont maintenu l'ancienne coutume de terminer le mois de Mai par le salut solennel du soir. C'est à cette occasion que les villages portent en procession la statue de la Vierge à l'église où elle reste jusqu'au mois de Mai suivant.

Le mois d'octobre

En octobre, au mois du Rosaire, dans toutes les églises, le dimanche, est chanté le rosaire. Cette incantation monotone et extrêmement longue est cependant suivie par un bon nombre de fidèles avec une grande piété. D'ailleurs tout le monde participe à cette prière par le chant en commun. L'habitude de réciter le chapelet à la maison les jours ordinaires s'est maintenue surtout à la campagne. Après le repas du soir quand les femmes tricotent ou filent et que les hommes préparent ou réparent les attelages pour l'été, un des membres de la famille récite les « Je-Vous-Salue-Marie » et tout le monde lui répond en continuant le travail.

Les grands pèlerinages

Mais, pour se rendre vraiement compte de la piété profonde du peuple lituanien envers la Vierge, il faudrait pouvoir assister aux grands pèlerinages annuels dans les divers sanctuaires marials-qui se trouvent dans le pays. Il faudrait voir les interminables files de voitures amener les pèlerins. Les uns viennent en voiture, les autres font des centaines de kilomètres à pied et, parfois, pieds nus, mais tous font ce pèlerinage avec une grande foi. Il y en a parmi les pèlerins qui font même plusieurs kilomètres à genoux en esprit de pénitence et de mortification. J'en ai été témoin plusieurs fois à Kalvarija et à Siluva.

Ces trois ou quatre jours que les pèlerins passent aux pieds de la Vierge sont pour eux les jours d'une rénovation religieuse profonde. Même les incroyants qui y vont parfois par snobisme, souvent se convertissent et reviennent à la pratique religieuse. Pendant ces jours de pèlerinage, tous les fidèles reçoivent les sacrements, beaucoup passent les nuits à veiller, font pénitence et ainsi purifiés retournent dans leur foyer.


J. Kubilius, SJ (XX° siècle)