Rue du Bac : un message pour la communauté des Sœurs

Rue du Bac : un message pour la communauté des Sœurs

Lors de la première apparition de la Très Vierge Marie à sœur Catherine Labouré dans la nuit du 18 au 19 juillet 1830, entre minuit et deux heures du matin, dans la chapelle de la rue du Bac, le message contenait ces mots :

« Mon enfant, j'aime à répandre les grâces sur la Communauté en particulier. Je l'aime beaucoup, heureusement.
[Et pourtant] j'ai de la peine. Il y a de grands abus sur la régularité. Les règles ne sont pas observées. Il y a un grand relâchement dans les deux Communautés. Dites-le à celui qui est chargé de vous, quoiqu'il ne soit pas supérieur. Il sera chargé d'une manière particulière de la Communauté. Il doit faire tout son possible pour remettre la Règle en vigueur. Dites-lui de ma part, qu'il veille sur les mauvaises lectures, les pertes de temps, et les visites.

Lorsque la Règle sera remise en vigueur, il y aura une Communauté qui viendra se réunir à la vôtre. Ce n'est pas l'habitude. Mais je l'aime... Dites qu'on la reçoive. Dieu les bénira, et elles y jouiront d'une grande paix. La communauté jouira d'une grande paix. Elle deviendra grande. »

« Un grand relâchement » : De fait, à l'époque, dans la communauté, les repères vacillaient. Le choix des tissus ou des souliers, ou encore les cornettes démesurées, indiquaient que l'on s'écartait du souci des pauvres. Cependant, il n'a pas dû être facile pour Catherine Labouré, alors novice, de transmettre un tel message.

« Il y aura une Communauté qui viendra se réunir à la vôtre » : C'est en 1850, que se réalisera cette prédiction : deux Communautés entrèrent dans la famille de saint Vincent : celle des Soeurs de la Charité, fondée par Élisabeth-Ann Seton (devenue depuis lors, la première canonisée des États-Unis), puis celle des Sœurs de Charité d'Autriche, fondée par Léopoldine de Brandis.

Ceci nous montre combien la vie religieuse est chère au cœur de Marie : elle « l'aime ». Elle en parle dans la nuit du 18 au 19 juillet, comme pour suggérer que ces communautés doivent briller comme dans des étoiles dans la nuit du monde.


Source : Laurentin R., Vie de Catherine Labouré : voyante de la rue du Bac et servante des pauvres, 1806-1876, t. I : Récit, 402 p. ; t. II : Preuves, 666 p., avec une équipe de Filles de la Charité et le concours de Dom Billet, Paris, Desclée de Brouwer, 1980.