Grégoire de Naziance et la Mère de Dieu

Grégoire de Naziance et Marie Mère de Dieu

Grégoire de Naziance fut évêque de Constantinople entre 379 et 381, il a participé au concile de Constantinople. Il est appelé "Le théologien".

Avant donc le concile d’Ephèse, nous constatons que le titre Theotokos est bien exprimé chez Grégoire de Naziance, avec des idées claires et dogmatiquement profondes :

« 16. Si quelqu'un ne croit pas que Marie est Mère de Dieu, il est séparé de la divinité.

Si quelqu'un vient à dire que le Christ est passé à travers la Vierge comme à travers un canal sans avoir été formé en elle d'une manière à la fois divine et humaine

- divine, parce que ce fut sans l’action d’un homme,

et humaine, parce que ce fut selon le processus normal de la grossesse -,

celui-là est tout aussi bien étranger à Dieu.

17 Si quelqu'un vient à dire que l’homme a d’abord été formé et qu’ensuite Dieu s’est glissé en lui, il est digne de condamnation. […]

18. Si quelqu'un introduit deux Fils, l’un étant celui du Dieu et Père et le second étant celui de la mère, au lieu d’un seul et même Fils, que celui-là soit déchu de l’adoption promise aux hommes qui ont la foi droite.

19 Les natures, en effet, sont au nombre de deux, celle de Dieu et celle de l’homme […] mais il n’y pas deux fils.

22 Si quelqu’un vient à dire que la divinité a opéré dans le Christ par la grâce, comme dans un prophète, sans lui avoir été unie et sans lui être unie quant à la substance, qu’il soit privé de l’opération supérieure (de la grâce) […]. Si quelqu’un n’adore pas le crucifié, qu’il soit anathème et qu’il soit mis au nombre des déicides !

23. Si quelqu’un vient à dire qu’il a mérité d’être adopté comme Fils quand il est devenu parfait par ses oeuvres, soit après son baptême, soit après sa résurrection d’entre les morts, comme les héros que les Grecs introduisent en les inscrivant parmi les dieux, qu’il soit anathème ! […]

30 […] Si quelqu’un vient à dire que la chair du Christ est descendue du ciel et qu’elle n’est pas d’ici-bas et de parmi nous, qu’il soit anathème ! […]

32 Si quelqu’un met son espoir dans un homme privé d’esprit, il a vraiment privé l’esprit et n’est pas digne d’être sauvé entièrement car ce qui n’a pas été assumé, n'a pas non plus été guéri, mais c’est ce qui a été uni à Dieu qui est sauvé.»

(Grégoire de Naziance, Lettre 101, (PG 36, 181)

dans sources chrétiennes 208, par M.JOURJON, Paris, Cerf, 1974, pp. 43-51)

Avec ce texte de Grégoire nous sommes informés que dans l'Église est en train de mûrir la réflexion des conciles d’Ephèse et de Chalcédoine.

Pour les gnostiques, le Christ serait passé à travers la Vierge comme à travers un canal sans rien prendre d'elle, il n'a pas une chair réelle. Grégoire de Naziance les réfute.

Le Christ n'est pas non plus simplement un prophète investi par l'Esprit Saint comme le pensent les ébionites. Mais le Christ est vraiment Dieu qui vient parmi nous.

Le Verbe ne remplace pas l'âme humaine du Christ comme Apollinaire le pensait. Toute la nature humaine est assumée et sauvée.

Ce n'est pas un homme qui serait uni avec le Verbe de Dieu par une union morale comme Nestorius le pensait, au contraire, il y a une seule personne la même, avec la nature divine et la nature humaine. Et l'humanité ne se perd pas dans la divinité comme la goutte d'eau dans la mer (comme Eutychès le pensera).


A.Gila,

Faculté théologique pontificale du Marianum, Rome.

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