N-D de Guadalupe, de Grégoire XIII à Paul VI : un élan universel d'amour

N-D de Guadalupe, de Grégoire XIII à Paul VI : un élan universel d'amour

Dès le XVI° siècle, l'approbation du sanctuaire et du message.

Le pape Grégoire XIII[1] accorda des grâces, des indulgences et des patronages ; il a béni et loué l'œuvre que Marie de Guadeloupe commencée en l'an 1531 en choisissant l'humble et simple indien Juan Diego pour faire connaître son message. L'un des plus anciens exemples documentés, est celui de 1573, quand le Pape Grégoire XIII[2] a accordé l'indulgence plénière et d'autres grâces aux fidèles qui visiteraient l'Eglise de la Bienheureuse Vierge Marie de Guadalupe et élèveraient en ce lieu leurs prières; et en 1576, le même Pape a validé de nouveau et prorogé les grâces et indulgences qu'il avait concédées à Notre Dame de Guadalupe[3] ; ce dont l'Archevêque de ce temps-là, Pedro Moya de Contreras, a été reconnaissant[4].

XVIII° siècle : la solennité liturgique.

Un autre exemple important : après de nouvelles inspections et recherches scientifiques exhaustives (aussi bien dans le domaine historique que chimique et artistique, etc.) l'authenticité du fait historique de l'Evènement de Guadalupe a été une nouvelle fois prouvée ; et le 25 mai 1754, le Pape Benoit XIV a concédé Messe et Office pour le 12 décembre, solennité de Notre Dame de Guadeloupe. Puis, le 2 juillet 1757, le Saint Père lui-même a étendu la concession de la Messe et des Offices propres aux autres territoires de langue espagnole[5].

De Pie XI à Paul VI

Le Magistère pontifical a toujours été fidèle à l'évènement de Guadalupe, et de même que nous avons vu quelques exemples du passé, nous voulons aussi rappeler certains messages des Papes contemporains que beaucoup d'entre nous connaissent et qui sont vivants dans nos mémoires et dans nos cœurs, papes qui ont exprimé leur amour et leur dévotion à la Vierge de Guadeloupe et à Juan Diego.

Le Pape Pie XI approuve la déclaration de Notre Dame de Guadeloupe Patronne des Philippines, le 16 juillet 1935[6].

Le Pape Pie XII, le 12 octobre 1945, a transmis par radio-message une allocution pour le 50° anniversaire du couronnement de Notre Dame de Guadalupe :

« Et voici - a dit le Saint Père- que l'heure de Dieu a sonné pour les régions étendues de l'Anahuac, qui venaient à peine de s'ouvrir au monde quand, sur les rives du lac de Texcoco, le miracle a fleuri. Sur la cape du pauvre petit indien Juan Diego, comme le dit la tradition, des pinceaux, qui n'étaient pas de ce monde, on peint une image très douce, que l'action corrosive des siècles allait respecter de manière merveilleuse »[7].

De même, le 12 octobre 1961, au cours de la célébration du cinquantième anniversaire, du jour où la Vierge de la Guadeloupe a été « Patronne de l'Amérique Latine », le Bon Pape Jean XXIII, aujourd'hui Bienheureux, si aimé et encore si présent dans notre mémoire, a déclaré :

« La toujours Vierge Marie, Mère du Vrai Dieu pour qui l'on vit, déverse sa tendresse et sa délicatesse maternelles sur la colline du Tépéyac, confiant à l'indien Juan Diego, avec son message, quelques roses qui, en tombant de sa cape, laissent imprimer son très doux visage, qu'aucune main humaine n'a peinte. C'est ainsi que Notre Dame a voulu montrer son rôle de Mère entre l'indien Juan Diego et l'évêque Zumarraga, Elle, avec son visage métis, semble symboliser le baiser de deux races [...]

D'abord Mère et Patronne du Mexique, ensuite de l'Amérique et des Philippines ; le sens historique de son message allait trouver ainsi sa plénitude quand Elle ouvrait ses bras à tous les horizons, dans un élan universel d'amour »[8].

Un autre 12 octobre, mais de l'année 1970, pour le 75ème anniversaire du couronnement de Notre Dame de la Guadalupe, le Pape Paul VI, d'heureuse mémoire s'exclama :

« La dévotion à la Très Vierge de la Guadeloupe, si profondément enracinée dans l'âme de chaque Mexicain est, depuis plus de quatre siècles, si intimement unie à l'histoire de votre patrie, qu'elle continue à conserver au milieu de vous sa vitalité et sa valeur, et doit être pour vous une constante et particulière exigence d'un renouveau chrétien authentique. »[9]


[1] Grégoire XIII pape de 1572 à 1585

[2] Grégoire XIII, Ut Deiparaae semper virginis, Archive secret Vatican, Sec. Bre. 69 fol 537v- 538 v. 70 fol 532 v-533

[3] Everaradus Mercurianus, Gen. « Lettre à l'Eveque de México Pedro Moya de Contreras », Rome 12 mars 1576, dans Félix Zubillaga (Editeur), Monumenta Mexicaina, Monumenta Historica Societatis Iesu, Rome 1956,T. I : 1570-1580, pp. 192-193

[4] Lettre de l'Evêque de México. Pedro Moya de Contreras, au Pape Grégoire XIII, Archive secrète Vatican, AA- Arm. I. XVIII, s.f

[5] Benoit XIV, « Non est equidem » lettre qui concède Messe et Office propres le 12 décembre : La Vierge de Guadeloupe est déclarée Patronne principale de la Nation Méxicaine et se concèdent grâces et indulgences particulières, 25 mai 1754, dans la collection des Oeuvres et Opuscules ... Imp. Lorenzo de S. Martin, Madrid 1785, pp. 1-60.

[6] Cfr. Pie XI, lettre Apostolique ¨B.V. Maria sub titulo de Guadalupe Insularulm Philippinarum Coelestis Patrona Declaratur, en AAS, XXVII (1936) 2, pp. 63-64

[7] Pie XII « Allocution Radiomessage, 12 octobre 1945, AAS XXXVII (1945) 10, pp. 265-266.

[8] Jean XXIII, « Ad Christifideles qui ex omnibus Americae nationibus Conventui Mariali secundo Mexici interfuerunt », pour le 50e anniversaire, Rome 12 octobre 1961, en AAS, LIII (1961) 12, pp. 685-687.

[9] Paul VI, « Nuntius Radiotelevisifucus », 12 octobre 1970, en AAS, LXII (1970) 10, p 681.


Cardinal Norberto Rivera,

Archevêque de Mexico et Primat du Mexique,

Extrait de l'homélie du 12 décembre 2001,

prononcée au sanctuaire de Guadalupe.

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