Par N-D de Guadalupe, à la rencontre avec le Seigneur (Jean-Paul II, 1999)

Par N-D de Guadalupe, à la rencontre avec le Seigneur (Jean-Paul II, 1999)

En 1999, juste après le synode américain, Jean-Paul II reprend à deux reprises les paroles de l'épiscopat latino-américain (CELAM) en 1979 concernant Notre Dame de Guadalupe, et il transmet sa ferme espérance que Marie, Mère et Évangélisatrice de l'Amérique, obtiendra l'effusion de l'Esprit Saint sur toute l'Amérique, comme sur l'Église naissante :

À la naissance de Jésus, les mages venus de l'Orient arrivèrent à Bethléem et « virent l'Enfant avec Marie sa Mère » (Mt 2, 11).

Au début de sa vie publique, quand le Fils de Dieu, aux noces de Cana, accomplit son premier signe qui suscite la foi des disciples (cf. Jn 2, 11), c'est Marie qui intervient et qui oriente les serviteurs vers son Fils en leur disant: « Tout ce qu'il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5). J'ai eu l'occasion d'écrire à ce sujet: « La Mère du Christ se présente devant les hommes comme porte-parole de la volonté du Fils, celle qui montre quelles exigences doivent être satisfaites afin que puisse se manifester la puissance salvifique du Messie »[1]. C'est pourquoi Marie est une voie sûre pour rencontrer le Christ. La dévotion envers la Mère du Seigneur, quand elle est authentique, conduit toujours à orienter sa propre vie selon l'esprit et les valeurs de l'Évangile.

Comment alors ne pas mettre en lumière le rôle de la Vierge dans la vie de l'Église en Amérique qui marche à la rencontre de son Seigneur ?

La Vierge, en effet, « est liée de manière particulière à la naissance de l'Église dans l'histoire [...] des peuples de l'Amérique, qui, par Marie, sont arrivés à la rencontre avec le Seigneur »[2].

Dans toutes les parties du continent, et cela depuis l'époque de la première évangélisation, la présence de la Mère de Dieu a été forte, grâce aux efforts des missionnaires. Par leur prédication, « l'Évangile a été annoncé en présentant la Vierge Marie comme modèle de sa réalisation la plus haute. Depuis les origines - invoquée sous le titre de Notre-Dame de Guadalupe -, Marie est apparue comme un signe éclatant, au visage maternel et miséricordieux, de la proximité du Père et du Fils avec lesquels elle nous invite à entrer en communion ».[3]

L'apparition de Marie à l'Indien Juan Diego sur la colline de Tepeyac, en 1531, eut des répercussions décisives pour l'évangélisation[4]. Son influence dépasse largement les frontières du Mexique et s'étend au continent tout entier. Et l'Amérique, qui a été au long de son histoire et qui demeure un creuset de peuples, a reconnu dans le visage métissé de la Vierge de Tepeyac « le grand exemple d'évangélisation parfaitement inculturée qu'est Marie de Guadalupe »[5]. C'est pourquoi, non seulement au centre et au sud mais aussi au nord du continent, la Vierge de Guadalupe est vénérée comme la Reine de toute l'Amérique[6].

À mesure que le temps passait, les Pasteurs comme les fidèles ont eu une conscience toujours plus vive du rôle de la Vierge dans l'évangélisation du continent. Dans la prière composée à l'occasion de l'Assemblée spéciale pour l'Amérique du Synode des Évêques, la Vierge de Guadalupe est invoquée comme « Patronne de toute l'Amérique, Étoile de la première et de la nouvelle évangélisation ».

Dans cet esprit, j'accueille avec joie la proposition faite par les Pères du Synode que le 12 décembre soit célébrée dans tout le continent la fête de Notre-Dame de Guadalupe, Mère et Évangélisatrice de l'Amérique[7].

Et je nourris dans mon cœur la ferme espérance que Celle dont l'intercession a obtenu que soit fortifiée la foi des premiers disciples (cf. Jn 2, 11) guidera par sa maternelle intercession l'Église dans ce continent et lui obtiendra l'effusion de l'Esprit Saint comme sur l'Église naissante (cf. Ac 1, 14), afin que la nouvelle évangélisation produise des fruits abondants de vie chrétienne.


[1] Jean-Paul II, Encyclique Redemptoris Mater (25 mars 1987), n. 21

[2] Synode, Proposition 5

[3] IIIe Conférence générale de l'épiscopat latino-américain [CELAM] (Puebla, février 1979), Message aux peuples de l'Amérique latine, n. 282. En anglais : National Conference of Catholic Bishops, Behold Your Mother Woman of Faith (Washington 1973),

[4] Cf. Proposition 6.

[5] Jean-Paul II, Discours d'ouverture de la IVe Conférence générale de l'épiscopat latino-américain (Saint-Domingue, 12 octobre 1992), n. 24: AAS 85 (1993), p. 826; La Documentation catholique 89 (1992), p. 1030.

[6] Cf. IIIe Conférence générale de l'épiscopat latino-américain [CELAM] (Puebla, février 1979), National Conference of Catholic Bishops, Behold Your Mother Woman of Faith (Washington 1973), p. 37.

[7] Cf. Proposition 6.


JEAN-PAUL II,

Exhortation apostolique post-synodale « Ecclesia in america », 1999, § 11.

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