Aardenburg : Notre Dame de l'Encrier

Notre Dame de l'Encrier, à Aardenburg

Aardenburg est une petite ville de la province côtière de Zélande, au Sud Ouest des Pays-Bas.

Origine du sanctuaire, au XIII° siècle

Les documents historique montrent que ce lieu est déjà un but de pèlerinage à l'an 1295, et que l'église est alors élevée au rang de collégiale. Dans un bref du 9 juillet 1296, le pape établit le chapitre "à la gloire de Dieu et de la très glorieuse Vierge et Mère de Dieu, sachant que Dieu a déjà rendu célèbre cette église par de nombreux prodiges.

Quand les juges envoient les coupables en pèlerinage

Au XIV° siècle se développa une forme particulière de pèlerinage : les juges demandaient aux coupables de faire le pèlerinage de Notre Dame : ils n'avaient d'autre pénitence que d'aller à Aardenburg. Et c'est dans ce contexte qu'advint le très beau fioretti qui donna le nom "Notre Dame de l'encrier".

Pourquoi "Notre Dame de l'encrier"

"Vers l'an 1300, tandis que le comte Louis de Crécy gouvernait les Flandres, un habitant d'Aardenburg fut découvert asassiné. On attribua ce meurtre à un jeune homme qui appartenait à la confrérie des teinturiers en laine et, malgré ses dénégations, le tribunal des Quatre le condamna à mort.

La veille du jour où il devait être conduit au gibet, un prêtre vint le confesser dans sa prison. [...] Le prêtre lui conseilla alors de recourir à Marie, l'assurant que la Mère de Dieu ne saurait l'abandonner. Le condamné se mit donc à supplier la Vierge d'avoir pitié de lui.

Or, pendant la nuit, ce malheureux aperçut en songe Notre Dame portant sur son bras son divin Fils et accompagnée de toute une légion d'anges. Ceux-ci bientôt apportèrent un rouleau de parchemin, une plume et un encrier. [...]

Et voici que l'Enfant Dieu prend la plume et le parchemin pendant que sa Mère tient l'encrier. Jésus, après avoir écrit sur le rouleau, donne la lettre au jouvenceau :

"Prends, lui dit-il, et quand le prévôt viendra avec ses aides pour te conduire à la mort, dis-lui que tu veux parler au bailli ; à celui-ci tu donneras le parchemin ; et, aussitôt, tu connaîtras la charité de Dieu et la bonté de sa Mère". [...]

Au matin, comme prévu, arrivèrent le prévôt et ses aides pour conduire au gibet le condamné à mort. Mais ce dernier demanda de dire un mot au bailli, ayant quelque chose à lui confier. Il lui remet alors le parchemin et, l'ayant lu, le bailli qui, jamais ne souffla mot du contenu du message, fait aussitôt remettre l'innocent en liberté et enlever le gibet" (1)

On fit alors sculpter une statue de Notre Dame tenant un encrier, que l'on plaça sur le fronton extérieur du sanctuaire.

Plusieurs rois vinrent en pèlerinage à Notre Dame de l'Encrier, dont le roi de France Philippe IV le Bel et les rois d'Angleterre Edouard III et Edouard IV (au XVe siècle).

L'éclipse du sanctuaire.

Deux causes vont ruiner le pèlerinage pendant un certain temps :

- Au milieu du XVI° siècle, les Pays-Bas passent au protestantisme ; le culte de la Vierge y est fortement découragé et la fréquentation des lieux marials, dont celui d'Aardenbburg tombe peu à peu en désuétude ; on enlève la statue de l'église et elle est transportée à Bruges. Là elle est placée dans la façade de l'Hotel de ville où elle restera deux siècles, jusqu'à la Révolution française...;

- A la suite de la Révolution française de 1789, des révolutionnaires viennent vandaliser les statues religeuses et brisent celle de Notre Dame de l'Encrier, le 30 décembre 1792...

Le culte catholique, à Notre Dame d'Aardenburg, sera réautorisé en 1804.

Plus tard, en 1853, la mairie de Bruges fera sculpter une nouvelle statue de la Madone à l'Encrier et le roi des Belges, Léopold 1er viendra, le 31 aôut 1853, officiellement visiter Notre Dame de l'Encrier que l'évêque vient de remettre à sa place ; une autre statue identique sera installée dans la cathédrale de Bruges.

Prière

Voici la prière officielle imprimée à l'occasion du centenaire, en 1904, de la réouverture de la paroisse catholique et mariale de Notre Dame d'Aardenburg :

"Notre Dame,

Vous vous êtes montrée une puissante protectrice vis-à-vis de ceux qui vous ont invoquée avec confiance ;

vous avez été le refuge et le secours de ceux qui, en ce lieu, sont venus vous honorer.

Aussi, aidez-moi en tous les dangers du corps et de l'âme...

et montrez que vous voulez toujours être honorée sous le titre de Notre Dame d'Aardenburg.

Amen".


(1) Extrait de Jean Ladame, Notre Dame de toute l'Europe, Résiac, Montsur, 1984.

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