Du Dimanche des Rameaux au Samedi Saint

Du Dimanche des Rameaux au Samedi Saint

Dimanche des Rameaux

Aux Matines, on ne chante pas le cantique de la Mère de Dieu.

[Dans la liturgie byzantine de cette fête, il n’y pas d’allusion explicite à la Vierge Marie mais le thème de la « fille de Sion » est un thème apparenté : depuis l’Annonciation, la Vierge est comme Sion qui reçoit le roi en son sein et accomplit les prophéties de la « fille de Sion » ; maintenant, c’est Israël, et toute l’Eglise, qui chantent hosanna et accueillent le Roi messie.]

Voici en ce sens, aux grandes vêpres, le lucernaire :

En ce jour, la grâce du Saint Esprit nous a réunis et, prenant ta croix, nous disons tous : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, hosanna au plus haut des cieux.

Celui qui pour trône a le ciel et la terre pour marchepied, le Fils et Verbe du Père, dont il partage l’éternité,

Pour monture se contente d’un âne sans raison en venant à Béthanie ;

Et les enfants d’Israël, tenant en main des rameaux, l’acclament en disant : Hosanna au plus haut des cieux, béni soit celui qui vient comme roi d’Israël !

Vienne en ce jour tout le nouvel Israël, nous tous, l’Eglise des nations, crions avec le prophète Zacharie : Réjouis-toi, fille de Sion, fille de Jérusalem, proclame-le ; voici : ton Roi s’avance vers toi, c’est le Sauveur humble et doux, monté sur le petit d’une ânesse, de celle qui porte le joug ; fête-le comme les enfants ; tenant en main des palmes, acclame-le ;

Hosanna au plus haut des cieux, béni soit celui qui vient comme roi d’Israël.

Office de l’huile (le soir du mercredi saint)

Le mercredi saint, la liturgie invoque Marie :

Fervente avocate, inexpugnable rempart, source de miséricorde et refuge de l’univers, vers toi nous crions sans répit :

Mère de Dieu et souveraine, empresse-toi, délivre-nous de toute adversité, car seule tu te hâtes d’accorder ton secours.

Guillaume Denis, Le Spoutnik : Nouveau Synecdimos,

Diaconie Apostolique, Parme 1997 ; Paris 2001, p. 490

Vendredi saint, matines des XII évangiles

Le vendredi saint, la liturgie byzantine fait mémoire de Marie à plusieurs reprises :

Après la huitième lecture d’évangile, évangile selon saint Luc (Lc 23, 32-49)

Kondakion, t8 :

Venez tous et chantons celui qui fut crucifié pour nous ; la mère de Dieu, le voyant sur la Croix, lui a dit : Toi qui souffres une telle mort, tu es en vérité mon Fils et mon Dieu.

Ikos

La Vierge Marie, voyant son Agneau conduit à l’immolation, l’accompagnait avec les autres femmes et disait :

Où vas-tu, mon Enfant, et pour qui presses-tu le pas ?

Une autre noce est-elle célébrée à Cana ?

Est-ce là que tu te rends, pour changer l’eau en vin ?

Dois-je t’accompagner mon Fils, ou dois-je attendre ton retour ?

Réponds-moi ô Verbe, ne passe pas silencieux devant moi !

Toi que j’ai mis au monde virginalement, tu es en vérité mon Fils et mon Dieu.

Guillaume Denis, Le Spoutnik :Nouveau Synecdimos,

Diaconie Apostolique, Parme 1997 ; Paris 2001, p. 490

Evangile selon saint Jean (Jn 19, 38-42)

Apostiches […]

En ce jour, la Vierge immaculée, te voyant ô Verbe, sur la croix, souffre en son cœur maternel, pleurant amèrement et du fond de l’âme gémissant et, dans sa douleur, te criant :

Hélas, ô divin Fils, ô lumière de l’univers, comment as-tu quitté mes yeux, Agneau de Dieu ?

Et les anges dans le ciel tremblèrent d’effroi e disant : Seigneur que l’univers ne peut comprendre, gloire à toi. Dieu est notre roi depuis toujours, au milieu de la terre, il accomplit le salut.

O Christ, en te voyant suspendu sur la croix, toi le divin Créateur de l’univers, la Vierge Mère s’écrie amèrement :

O mon Fils, où est passée ta beauté ?

Comment souffrirai-je de te voir injustement crucifié ?

Hâte-toi de te lever, afin que je puisse contempler ta résurrection d’entre les morts, le troisième jour.

Guillaume Denis, Le Spoutnik : Nouveau Synecdimos,

Diaconie Apostolique, Parme 1997 ; Paris 2001, p. 543

Samedi saint matin, office des myrophores

Les myrophores sont les femmes qui embaument le corps de Jésus (avec de la myrrhe notamment). Elles vinrent au tombeau le matin de Pâques, mais elles ne trouvèrent pas le corps : le tombeau était vide. Avant l’annonce de la résurrection, la journée du samedi est un jour de deuil. La liturgie met en scène le deuil de la mère de Jésus :

Deuxième stance.

« O ma mère, cesse tes lamentations, ne me pleure pas malgré ce que tu vois, car c’est librement que je subis la mort pour renouveler, après leur chute, les mortels. […]

O mon fils, clamait la Vierge tout en pleurs, à ta mère et ton disciple bien-aimé donne le plus doux de tous les testaments : il sera mon fils et je serai sa mère. »

Guillaume Denis, Le Spoutnik : Nouveau Synecdimos,

Diaconie Apostolique, Parme 1997 ; Paris 2001, p. 558