Le 8 septembre : quelques pistes spirituelles

Le 8 septembre : quelques pistes spirituelles

Les lectures du jour sont Parole vivante, à approfondir...

Cf. Quelques propositions d'article de ce site en bas de page.

Les prières liturgiques invitent à entrer dans la joie et l'espérance théologale :

Par cette communion, Seigneur, tu refais les forces de ton Eglise ; donne-lui d'exulter de joie, heureuse de la nativité de la Vierge Marie qui fit lever sur le monde l'espérance et l'aurore du Salut. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Pape Paul VI, Missel Romain. Prière après la communion, 8 septembre.

Venez tous, vous les fidèles vers la Vierge ! Voici en effet que naît [...] le rameau des justes Joachim et Anne. Elle naît et avec elle le monde est restauré ; elle naît et l'Église s'enveloppe de sa splendeur. Elle est le temple saint, l'habitacle de la divinité [...]

Extrait d'une strophe des Vêpres byzantines de la Nativité de Marie, 8 septembre.

Par l'Evangile (Mt 1, 1-16;18-23), la liturgie nous oriente déjà vers la naissance de Jésus. Nous célébrons Marie qui sera un jour mère du Christ.

Ceci ne nous est pas extérieur, en quelque sorte, le 8 septembre peut devenir aussi la naissance de Marie dans nos vies. Jésus en croix nous donna sa mère (Jn 19, 25-27), Marie doit donc entrer dans nos vies, nous pourrions dire qu'elle doit naître dans nos vies.

Pour dire que Marie doit entrer dans nos vies ou naître en nous, saint Louis-Marie de Montfort prend l'image d'une plantation : Marie est comme un arbre de vie planté en nous par l'Esprit Saint, un arbre qui s'élève vers le Père des lumières au fur et à mesure que nous le cultivons par la prière et la pratique du bien, un arbre qui porte un fruit très doux, l'aimable Jésus; un arbre où aiment se rassembler les oiseaux, nos frères.

La fête invite aussi à contempler la petitesse de Marie, et la petitesse signifie l'ouverture à la grâce.

La fête nous donne à voir un bébé, un nourrisson ! C'est Marie dans sa dépendance, dans sa confiance, dans son abandon aux autres et à Dieu !

Nous lisons saint Paul en Rm 8, 28-30 : c'est Dieu qui appelle, justifie, et glorifie.

Dans l'Ancien Testament, Dieu est comparé à un aigle qui prend son peuple sur son pennage :

"Au pays du désert, il le trouve dans la solitude lugubre de la steppe. Il l'entoure, il l'élève, il le garde comme la prunelle de son oeil.

Tel un aigle qui veille sur son nid, plane au-dessus de ses petits; il déploie ses ailes et le prend, il le soutient sur son pennage.

Le Seigneur est seul pour le conduire; point de dieu étranger avec lui."

(Deutéronome 32, 10-12)

Celui qui se pense grand marchera seul, à sa seule hauteur et à son seul rythme.

Celui qui entre dans l'esprit filial, celui qui se sait petit, celui-là est saisi par le Dieu vivant, qui comme un aigle, l'emportera à sa hauteur et à sa vitesse...

C'est l'expérience de Thérèse de Lisieux, sa "grâce de Noël" :

« En un instant l'ouvrage que je n'avais pu faire en 10 ans, Jésus le fit se contentant de ma bonne volonté qui jamais ne me fit défaut. »

( Thérèse de Lisieux, Histoire d'une âme, chap.5, 45v°)

Et cette expérience explique aussi la manière dont Thérèse raconte le 8 septembre 1890, jour de ses voeux :

« Quelle belle fête que la nativité de Marie pour devenir l'épouse de Jésus! C'était la petite Ste Vierge d'un jour qui présentait sa petite fleur au petit Jésus... Ce jour-là tout était petit excepté les grâces et la paix que j'ai reçues...»

(Ms A, 76 v° et 77r°)


Françoise Breynaert