La justification, fruit de la résurrection (Newman)

La justification, fruit de la résurrection (Newman)

Bx John Henri Newman (1801-1890) est adepte de l'Eglise évangélique dès l'âge de 15 ans, il est anglican jusqu'en 1845, catholique ensuite. Sa compréhension de la justification, nourrie des Pères de l'Eglise, constitue un renouveau.

Quelle est donc la nature de la justification ?

ce qui est en jeu, c'est la nature de la justification.

« Ce principe qui justifie, s'il est en nous, comme il se doit, et s'il nous sépare du monde, ne vient pas de nous.

Il n'est en nous ni comme une qualité ou un acte de notre pensée, la foi, le renouvellement, l'obéissance, ni quoi que ce soit de connaissable humainement.

C'est un certain don divin qui contient toutes ces réalités. [...]

Je veux parler de l'habitation en nous de Dieu le Père et du Verbe incarné par l'Esprit Saint. S'il en est ainsi, nous avons trouvé ce que nous cherchons : être justifié, c'est recevoir au-dedans la présence divine et devenir un temple de l'Esprit Saint. »[1]

Une perspective retrouvée.

Pour Newman, il n'y a de véritable référence à l'Ecriture que dans la totalité de la révélation, non dans les citations isolées. Tout ce qui est dit du salut par la foi dans la lettre au Galates ou la lettre aux Romains est donc à lire dans la perspective plus large de la Résurrection.

La justification vient de l'habitation de Dieu en nous, comme il est dit aussi :

« Et si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » (Rm 8, 11).

Newman paraphrase l'apparition de Jésus à Marie Madeleine :

« Tu m'as vue, Marie, et tu n'as pu me retenir. Tu m'as approché, mais seulement pour baiser mes pieds ou être touchée de ma main. Et tu dis : « Oh ! Que je sache où pouvoir Le trouver, où pouvoir aller jusqu'où Il est ! Oh ! Que je puisse Le retenir et qu'Il ne parte pas ! »

Désormais ce sera ainsi.

Quand je serai monté au ciel, tu ne verras rien et tu auras tout...

Tu M'auras tout entier, complètement. Je serai près de toi ; je serai en toi.

Je viendrai en ton cœur, ton Sauveur et ton Christ, dans ma perfection divine et humaine, avec la force sacrée de mon Corps et de mon Sang assumés dans la divine nature du Verbe, inséparables de lui, qui ont expié pour les péchés du monde.

Je serai là, non pas un contact physique, ni par une possession partielle, ni par des rencontres de passage où une intimité de joie, comme un principe de vie et un germe d'immortalité. » [2]

L'Esprit Saint vient pour assurer la place du Christ en nous :

« Personne ne peut nier cette gracieuse et consolante vérité que le Saint Esprit est venu. Mais pourquoi est-il venu ?

Pour suppléer à l'absence du Christ ou pour accomplir sa présence ?

Assurément pour le rendre présent [...]

Il n'est pas venu afin que le Christ ne vienne pas, mais bien plutôt afin que le Christ puisse venir dans Sa venue [...]

L'Esprit ne prend pas la place du Christ dans l'âme, il assure cette place au Christ. »[3]


[1] Newman, Lectures on justification IX, Oxford 1837. Traduction française aux éditions Albert le grand, Montréal 1980, p. 160.

[2] Newman, Lectures on justification IX, Oxford 1837. Traduction française aux éditions Albert le grand, Montréal 1980, p. 246-247

[3] Newman, sermon "La Présence spirituelle du Christ dans l'Eglise", mai 1838


F. Breynaert

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