Note sur le nestorianisme

Note sur le nestorianisme

En 363 l'école de Nisibe (Sud est de la Turquie), fondée par saint Ephrem est transférée à une centaine de kilomètre plus à l'Ouest, à Edesse (Sud est de l'actuelle Turquie). L'école d'Edesse fut appelée « l'école des Perses ».

Nestorius

Nestorius se forma à Edesse ; il devint le patriarche de Constantinople et participa au concile d'Ephèse.

Le nestorianisme est une tendance théologique qui sépare les deux natures du Christ sans percevoir leur unité (deux natures et deux hypostases dans le Christ). En conséquence, le culte marial devient très réduit, Marie étant en quelque sorte une banale mère du « Jésus homme », considéré séparément du « Jésus Dieu ».

Comprenons : s'il est important de noter une certaine autonomie des réalités humaines par rapport aux réalités divines (autonomie sans laquelle la relation et l'histoire d'Alliance ne peuvent exister), il est aussi important d'affirmer l'unité de l'humanité et de la divinité dans le Christ, faute de quoi, Dieu ne se communique pas à l'humanité, et Dieu n'assume pas réellement notre vie pour l'élever à Lui. L'erreur de Nestorius a été condamnée au concile d'Ephèse en l'an 431.

Narsaï (399-502) était un théologien de l'école d'Edesse, et un disciple de Nestorius. L'école d'Edesse fut fermée par l'empereur byzantin, et Narsaï ré-ouvrit l'école perse de Nisibe.

Narsaï refuse d'appeler Marie "Mère de Dieu", il préfère l'appeler "Mère du Seigneur, Jésus Christ, Fils de Dieu".

En l'an 498, toute la hiérarchie perse rompit avec l'Eglise byzantine et fut appelée « nestorienne ». Mais il faut noter que les évêques de Mésopotamie n'ont pas participé aux conciles d'Ephèse et de Chalcédoine (en 431 et 451). Même s'ils avaient été convoqués, ils n'auraient pas eu la possibilité physique de participer, étant donné leur position géographique et le contexte politique (opposition des perses et des byzantins).

Pour Babaï le grand (550-628),

Babaï le grand est resté fidèle à la ligne de Nestorius. Il admet le titre de Mère de Dieu, mais avec la théorie des deux hypostases dans le Christ : le Verbe assume l'homme né de Marie, il en fait son habitation[1]

Après l'invasion arabe en 635, l'Eglise syro-orientale est devenue une Eglise nationale.

L'Eglise de Mésopotamie fût appelée « nestorienne », alors qu'elle n'a jamais eu comme chef Nestorius, qui était patriarche de Constantinople.

Le nom lui est resté jusqu'au XVI° siècle pour l'église chaldéenne (catholique) et jusqu'au 11 novembre 1994 pour l'église assyrienne (orthodoxe).

La déclaration christologique commune.

L'Eglise catholique et l'Eglise assyrienne d'Orient (qui n'avait pas participé aux conciles d'Ephèse de Chalcédoine en 431 et 451) ont fait une déclaration christologique commune le 11 novembre 1994.

Lire cette déclaration en anglais.

Lire cette déclaration en italien.


[1] Babaï le grand, CSCO 80, 22-23 ; Testi mariani del I millenario, vol IV, Roma, 1991, p. 339

Lire aussi :

Mgr Alichoran, L'évangile en araméen. L'enseignement de Jésus au sommet de la montagne (Mt 5-7), Traduction de la Peschitta et commentaire par Monseigneur Alichoran, Spiritualité orientale n° 80, abbaye de Bellefontaine. p. 23-28.

Mgr Gharib, Testi mariani del I millenario, vol IV, Roma, 1991


Françoise Breynaert

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