Deux coeurs unis, Jésus et Marie

Deux coeurs unis, Jésus et Marie

Le cœur dans la Bible[1].

En hébreu « lev ». Le cœur tient une grande place dans la Bible.

Ce mot signifie plus souvent que l'organe, ou la sensibilité, la liberté même, le centre humain des engagements profonds qui déterminent le sens de la vie[2].

L'attention au Cœur[3]

La dévotion au Sacré Cœur était déjà chère au XII° siècle à saint Antoine de Padoue, saint Bonaventure, saint Claire d'Assise, ou encore, au XVII° siècle, à Bérulle et à saint Jean Eudes qui souligne aussi combien le cœur de Marie est uni au cœur de Jésus. Au milieu du XVII° siècle existent déjà des images du Christ montrant son cœur dans son corps entrouvert. De 1673 à 1675, les apparitions du Christ à Marguerite-Marie Alacoque ont accentué l'attention au Cœur transpercé du Christ et l'attention à son amour.

Les cœurs unis.

Si saint Jean Eudes (1601-1680) a abondamment développé le mystère des cœurs unis, c'est sans doute saint Louis-Marie de Montfort (1673-1716) qui l'a chanté avec le plus de concision :

4. Anges, dites-moi, je vous prie,

Quel est ce beau brasier de feu ?

C'est le Cœur du Fils de Marie

Et du Fils unique de Dieu.

9. O merveille tout ineffable !

ur plein de la divinité !

ur infiniment adorable,

dans la très Trinité !

33. En louant ce cœur adorable,

Je loue avec proportion

Le cœur de sa Mère admirable,

Tant est grande leur union.

35. Chrétien, par le Cœur de Marie

On aime le Cœur de Jésus,

Puisque Jésus a pris vie

Dans son Cœur et dans ses vertus

36. Du Sang de son Cœur tout de flamme

Le Cœur de Jésus est formé ;

Ils n'ont qu'un cœur, ils n'ont qu'une âme,

L'un et l'autre doit être aimé.

37. Ame, perdez-vous sans partage

Dans ces deux Cœurs miraculeux,

L'un avec l'autre vous engage

A n'en voir qu'un seul dans les deux.

38. Chère âme, montez en cachette

Par ce cœur tendre au Cœur très haut.

Vous deviendrez bientôt parfaite

En aimant ce Cœur comme il faut.

Dieu seul[4].

De nos jours, la solennité du Sacré Cœur (vendredi), est immédiatement suivie de la mémoire liturgique du Cœur immaculé de Marie (samedi).

Les cœurs unis dans les apparitions mariales

- Sur le revers de la médaille miraculeuse (Apparition de la rue du Bac à Paris en 1830), figurent deux cœurs : celui de Jésus couronné d'épines et celui de Marie transpercé selon la prophétie de Siméon en Luc 2, 35.

- Le cœur immaculé de Marie est au centre des apparitions de Fatima (Portugal, XX° siècle), et prend une place croissante dans les révélations successives de la voyante Lucie, culminant dans la petite phrase « A la fin, mon cœur immaculé triomphera »

La bienheureuse Jacinthe de Fatima disait, en unissant les deux Cœurs :

« Si je pouvais mettre dans le cœur de tout le monde le feu que j'ai là dans ma poitrine, et qui me brûle et me fait tant aimer le Cœur de Jésus et le cœur de Marie ! »[5]

Les cœurs unis dans la prière de consécration mariale.

Les consécrations que fit Jean Paul II (13 mai 1982, 16 octobre 1983, 24 mars 1984), s'adressent à la fois au cœur Immaculé de Marie et au divin Cœur de Jésus :

« Devant toi, Mère du Christ, devant ton Cœur immaculé je veux aujourd'hui, avec toute l'Église m'unir à notre Rédempteur en sa consécration pour le monde et pour les hommes, car c'est seulement dans son Cœur divin qu'elle a le pouvoir d'obtenir le pardon et de procurer la réparation. » (Jean Paul II, 13 mai 1982[6])


[1] René LAURENTIN, « Cœur », dans René LAURENTIN et Patrick SBALCHIERO, Dictionnaire encyclopédique des apparitions de la Vierge. Inventaire des origines à nos jours. Méthodologie, prosopopée, approche interdisciplinaire, Fayard, Paris 2007, p. 195

[2] Dans le même article « cœur » de son Dictionnaire, R. Laurentin fait remarquer que dans son antique traduction grecque (Septante), l'Ancien Testament remplace souvent le mot cœur par le mot esprit (noos) ou âme (psyché), préférés par le rationalisme grec.

Jean l'évangéliste, qui écrit son évangile en grec, parle du cœur de Jésus en disant « le côté », probablement selon l'allergie grecque.

En Occident, la « scolastique » était allergique au cœur, et donc méprisante pour une dévotion au « Sacré-Cœur ».

[3] Cf. E.Préclin et E.Jarry, Histoire de l'Eglise, tome 19 , Bloud & Gay, Paris 1955, p. 288-289. Lire aussi : H. De Barenton, La dévotion au Sacré-Coeur. Ce qu'elle est et comment les saints la pratiquèrent, Paris 1914. L. Garriguet, Le Sacré-coeur de Jésus. Exposé historique et dogmatique de la dévotion au Sacré Coeur de Jésus, Paris 1920.

[4] St Louis-Marie de Montfort, Cantique 40

[5] Bse Jacinthe, Mémoires de sœur Lucie, vice Postulaçao dos videntes, P.2496, Fatima, 1980.p. 117

[6] Texte cité dans R. LAURENTIN, Retour à Dieu avec Marie, OEIL, Paris 1991, p. 87-88


Synthèse Françoise Breynaert

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