Madrid : Notre Dame de l'Almudena

Madrid : Notre Dame de l'Almudena

L'origine du vocable « Almudena »

Le nom "Almudena" a une étymologie arabe (il y eut des siècles de cohabitation pacifique entre les espagnols et les arabes). La première étymologie à laquelle on pense est : « al-mudayna, diminutif de medine, ville, citadelle[1]. Il y aurait une autre étymoligie à partir de « almudith », dépôt de blé, ou « Almud », mesure (de blé)[2].

Il faut noter que l'appellation ancienne était aussi « Marie la grande » (Santa Maria la Mayor)[3].

Les légendes[4].

Il existe plusieurs légendes.

La principale d'entre elles raconte que la statue fut cachée dans la muraille en l'an 712, avant la conquête musulmane. Au moment de la reconquête, en l'an 1085, le roi Alfonso VI de León fait rechercher la statue. Quelques pierres de la muraille s'effondrent et font découvrir la statue avec deux cierges encore allumés, malgré les siècles écoulés.

Une autre légende fait intervenir une apparition mariale au héros castillan Rodrigo Díaz de Vivar, appelé « Le Cid ».

D'autres légendes précisent que la statue fut sculptée par Nicodème, peinte par saint Luc, et apportée par saint Jacques... Mais c'est bien difficile à confirmer : le manuscrit date de 1640 !

Il est aussi possible que la réalité soit beaucoup plus simple. Au moment de la reconquête, plusieurs églises furent construites, et le vocable « église Marie » était un nom commun. Alors, pour distinguer l'église centrale, située à l'intérieur de la vieille ville, entre les murailles de l'ancienne « médina » arabe, on l'appela « Marie de l'Almenuda », et la statue, faite à ce moment-là, aurait été ensuite peu à peu entourée de légendes merveilleuses[5].

La statue actuelle

La statue actuelle est datée des environs de l'an 1500 et attribuée à Diego Copín de Holanda. Elle est de style gothique tardif, en bois polychrome et doré.

Autour de la statue, le décor est du XIX° siècle, avec une allusion à l'Immaculée conception (la lune sous les pieds, Cf. Ap 12).

Patronne de Madrid

La Vierge de l'Almudena est la patronne de Madrid depuis 1623[6], ce qui fut confirmé en 1646[7]. (Les principales légendes datent de cette époque).

Elle est célébrée le 9 novembre[8].

La cathédrale

En 1885, le pape Léon XIII décida par une bulle la création d'un diocèse à Madrid.

Quelques décennies plus tard, on entreprit de construire une cathédrale, siège de l'évêque.

C'est ainsi que fut construite la cathédrale Santa María La Real de La Almudena.

Construite au cours du XX° siècle, elle se caractérise par un mélange de différents styles : néoclassique à l'extérieur, néogothique à l'intérieur et néoroman dans la crypte.

Elle fut consacrée par Jean-Paul II lors de son quatrième voyage en Espagne, le 15 juin 1993.

Que signifie le patronage marial d'une ville ?

Il s'agit d'un culte de vénération et non pas d'un culte d'adoration.

Quelque soit la couleur locale de la dévotion, la vénération s'adresse à la mère de Jésus, Marie de Nazareth, devenue proche de chacun depuis qu'elle est glorifiée au ciel.

Dire que Marie est la patronne d'une ville correspond à un acte de confiance des habitants qui se placent sous sa protection. On peut aussi parler de consécration votive à Dieu par Marie.

L'hymne :

Je vous salue Notre Dame au teint foncé
Vierge et Mère du Rédempteur

Marie de l'Almudena
Reine du ciel, Mère de Dieu

Toi qui fus cachée dans les murs
de cette aimée et vieille Madrid

aujourd'hui resplendis devant le peuple
qui te vénère et croit en toi

en ta protection Vierge humble
tes fils veulent ta protection

Tu es Patronne de notre Ville
Mère d'amour, Temple de Dieu

Amen. [9]


[1] Federico Corriente, Diccionario de arabismos y voces afines en iberorromance, Madrid, Gredos, 1999, ISBN 84-249-2243-3, pág. 197

[2] Jaime Oliver Asín, Historia del nombre de Madrid, 1958

[3] http://es.wikipedia.org/wiki/Virgen_de_la_Almudena#cite_note-6

[4] Sur les légendes, lire : La catedral y la Virgen de la Almudena por JIMÉNEZ RODRIGO, S. Madrid, Cabildo catedral, 1994.

[5] CHRISTIAN, William A. Religiosidad local en la España de Felipe II (traducido por Javier Calzada y José Luis Gil Aristu). Ed. Nerea. Madrid, 1991.

[6] Archivo Central de Curia de Madrid. Caja 1155.

[7] Archivo de Villa de Madrid. ASA 2-273-6. Ayuntamiento de Madrid. Cf. http://www.archimadrid.es/catedral/Unica_patrona/default.htm

[8] catholique.fr/Route-Notre-Dame-de-l-Almudena.html>http://www.paris.catholique.fr/Route-Notre-Dame-de-l-Almudena.html et http://es.wikipedia.org/wiki/Virgen_de_la_Almudena

[9] Original espagnol sur : http://www.archimadrid.es/catedral/Unica_patrona/default.htm

Traduction en français par : catholique.fr/Route-Notre-Dame-de-l-Almudena.html>http://www.paris.catholique.fr/Route-Notre-Dame-de-l-Almudena.html


Synthèse F. Breynaert

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