Depuis les premiers conciles, la virginité de Marie

Depuis les premiers conciles, la virginité de Marie

La tradition de la grande période des premiers Conciles

En résumant la tradition ecclésiale de la grande période des premiers Conciles de l'antiquité, les Pères de l'Église ont vu aussi bien dans la conception que dans l'accouchement du Christ un événement prodigieux opéré par Dieu et ils trouvèrent à ce sujet des appuis bibliques. Quelques-uns cependant n'hésitèrent pas à soutenir l'idée selon laquelle le Christ conserva l'intégrité corporelle de sa Mère ou la lui rendit, mais à travers le chemin tracé par la nature.[1]

Les difficultés d'ordre exégétiques contre la virginité post partum furent affrontées progressivement grâce aussi à l'importante contribution offerte par saint Jérôme. Mais pour lui il s'agissait d'abord de la confirmation d'une conviction largement diffuse en sein à l'Église[2].

2e Concile de Constantinople, en 553 :

Le Concile de Constantinople II en 553, cinquième concile œcuménique, attribua à Marie le titre de Mère de Dieu Toujours Vierge :

« Si quelqu'un ne confesse pas qu'il y a deux générations du Dieu Verbe, l'une avant les siècles, du Père, intemporelle et incorporelle, l'autre aux derniers jours, du même Verbe qui est descendu des cieux et s'est incarné de la et glorieuse Mère de Dieu toujours vierge et qui a été engendré d'elle, qu'un tel homme soit anathème. » (Canon 2).

6e Concile de Tolède, en 638 :

« De ces trois personnes de la divinité, nous le confessons, seul le Fils, pour la Rédemption du genre humain, afin de supprimer les dettes du péché que nous avons contractées au commencement par la désobéissance d'Adam, est sorti du secret et du mystère du Père, et a assumé de Marie, la toujours Vierge, l'homme sans péché, en sorte que le même Fils de Dieu Père est aussi Fils d'homme, Dieu parfait et homme parfait, en sorte que l'unique Christ est homme et Dieu en deux natures, un seul dans la personne, afin qu'à la Trinité ne vienne pas s'ajouter une quaternité si dans le Christ la personne était dédoublée. »

Concile du Latran, 5-31 octobre 649 :

Le Concile de Latran en 649, qui est "presque un concile oecuménique"[3], rappelle le rapport étroit qui existe entre :

- conception vraie mais virginale, donc sans semence,

- l'enfantement véritable mais sans corruption, la virginité de la Mère demeure donc, elle est indestructible,

- et la virginité de la Mère après l'accouchement.

« Si quelqu'un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, Mère de Dieu la , toujours vierge et immaculée Marie, puisque c'est en un sens propre et véritable Dieu Verbe lui-même, engendré de Dieu le Père avant tous les siècles, qu'elle a, dans les derniers temps, conçu du Saint-Esprit sans semence et enfanté sans corruption, sa virginité demeurant inaltérable aussi après l'enfantement, qu'il soit condamné.»

(Concile du Latran, Canon 3)

Nous pouvons relever dans le texte grec la présence d'un adjectif utilisé pour la première fois dans un texte de concile « Panaghia » associé que titre « Toujours Vierge ».

Le Seigneur, en naissant de la Mère vierge, avait montré posséder deux natures et deux actions distinctes : d'une part divine avec laquelle il maintenait la Mère vierge, intacte aussi après l'accouchement, et d'autre part humaine, avec laquelle il naissait parmi les hommes pour leur salut.

La virginité perpétuelle de Marie exprime sa participation personnelle à l'événement du Fils sauveur.

Sa virginité dans l'accouchement devient le signe permanent de la vraie orthodoxie en confessant le Fils unique, vrai Dieu et vrai homme.

N.B.

Ce concile de Latran fut convoqué par le pape Martin I pour condamner l'hérésie du monothélisme. Ce ne fut pas un concile formellement oecuménique, mais les actes furent rédigés en forme bilingue (latin et grec) pour en donner immédiatement connaissance à l'empereur et aux églises.

Dans les faits, avec la réception universelle des canons définis, sur la demande écrite du pape aux évêques orientaux et occidentaux, il s'agit donc concrètement d'un concile oecuménique.

C'est pourquoi on le considère aujourd'hui , pour la valeur de ses contenus et pour la procédure formelle suivie, un « quasi concile œcuménique », au point que l'Académie bavaroise des sciences en a récemment publié l'édition critique dans Acta Conciliorum Oecumenicorum (ACO), Rudolf Riedinger, Berlino 1984, vol 1. pp 368-369 (confession de foi); pp. 368-389 (les vingt canons parmi lesquels le canon 2, pp. 368-369, les canons 3 et 4 qui enseignent la virginité avant pendant et après l'enfantement pp.370-371)

Concile du Latran (12° œcuménique), novembre 1215 :

« Enfin, le Fils unique de Dieu, Jésus Christ, incarné par une oeuvre commune de toute la Trinité, conçu de Marie toujours Vierge par la coopération du Saint-Esprit, fait homme véritable composé d’une âme raisonnable et d’une chair humaine, une seule personne en deux natures, a montré plus manifestement la voie de la vie. [...] "

(Première décrétale : Définition sur Dieu et la Trinité contre les albigeois et les Cathares).

En 431, au 3ème concile oecuménique d'Ephèse :

De ce concile datent les trois étoiles (symbole syrien) soulignant la virginité de Marie, avant, pendant et après l'Incarnation, comme on le voit fréquemment sur les anciennes icônes.

Autre document magistériel ancien :

"Nous enseignons qu'il est juste que Marie, glorieuse, et toujours vierge, soit appelée par les catholiques, en un sens propre et véritable, Mère de Dieu et Mère de Dieu le Verbe incarné en elle.»

(Extrait d'une lettre du pape Jean II aux sénateurs de Constantinople, en mars 534)

La virginité de Marie est ensuite toujours réaffirmée :

Le Pape Sixte IV dans la constitution Cum praeexcelsa, en 1476,

La profession de foi du Concile de Latran IV, en 1215,

La constitution apostolique Cum quorundam de Paolo IV, en 1555

Concile Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium : « Jésus dans sa naissance ne diminua pas l'intégrité virginale de la Mère, mais il la consacra » (LG 57), en 1964.


Notes :

[1] G. SOLL, Storia dei dogmi mariani, cit., pp. 137.

[2] Cf. ibidem, pp. 137-141

[3] cf. P. CONTE, Il Sinodo Lateranense dell'ottobre 649, LEV, Città del Vaticano 1989, pp. 72-74; 108-123.


Cet article suit l'enseignement de S.M. PERRELLA (Marianum, Rome), MARIA Vergine e Madre, Ed. SAN PAOLO s.r.l., 2003 Torino, pp. 200-203.

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