Accord, Volonté commune, Obéissance (St Maxime le Confesseur)

Accord, Volonté commune, Obéissance

« Autre » ne signifie pas « contraire »

Il ne faut pas confondre altérité (être « autre ») et contrariété (s'opposer) : la nature humaine est différente de la nature divine, et par conséquent, la volonté humaine du Christ est d'une nature différente de la volonté divine, elle est « autre », mais elle n'est pas « contraire ».

« Ces deux volontés et opérations appartiennent à celui qui n'a de contrariété en aucune des deux, bien qu'il garde en tout la différence des natures à partir desquelles, en lesquelles il est lui-même par nature » [1]

Les deux volontés dans le Christ : accord, volonté commune, obéissance.

  • Accord:

Dans la même personne du Christ, saint Maxime le Confesseur exprime le rapport entre sa volonté humaine et sa volonté divine par le mot « accord » (en grec : « sumphuïa », comme dans « symphonie » en langue française).

« Il est clair que cette négation : « non ce que je veux », qui exclut totalement la contrariété, présente l'accord de la volonté humaine du Sauveur avec la volonté divine qui est à la fois la sienne est celle du Père »[2]

  • Volonté commune:

En tant qu'il est Dieu, le Christ veut avec le Père (en grec : « suneudokôn »), leur volonté est commune. La volonté du Père est également possédée par le Christ en tant que le Christ est Dieu (les trois Personnes divines ont la même volonté, la même opération, le même amour, la même sagesse, la même vie, etc. Elles ne se distinguent que par leurs relations.

« Ce salut que d'une part il [le Christ en tant qu'il est Dieu] voulait conjointement (suneudokôn) avec le Père et le Saint Esprit... » [3]

  • Obéissance:

En tant qu'il est homme, le Fils « obéit » au Père et non pas à lui-même. L'obéissance caractérise un rapport entre deux Personnes (ou hypostases). Saint Maxime le Confesseur, comme saint Paul dans l'hymne aux Philipiens distingue donc la kénose (voulue par Dieu dans l'Incarnation) de l'humiliation du Christ qui se fait obéissant :

« Ce salut [...] pour lequel d'autre part « il [le Christ en sa nature humaine] s'est fait obéissant au Père « jusqu'à la mort et la mort de la Croix » [4]

Ultime remarque :

Notons aussi que Maxime le confesseur dit non seulement que le Christ a deux natures (humaine et divine) mais qu'il EST deux natures. De cette manière, il n'y a pas de place pour une troisième volonté (celle du Christ) en plus de sa volonté humaine et de sa volonté divine :

« ... En vérité, il est proprement les natures mêmes à partir desquelles, en lesquelles il est. Existant par nature à partir de la divinité et de l'humanité, en la divinité et en l'humanité, le Christ est par nature Dieu et homme, et absolument rien d'autre. »[5]


[1] St Maxime le Confesseur, Opuscule 6, § 4 (PG 65A-68D traduction par F-M LETHEL, Théologie de l'agonie du Christ, Beauchêne, Paris 1979, p. 88)

[2] St Maxime le Confesseur, Opuscule 6, § 8 (PG 65A-68D traduction par Léthel, Ibid., p. 90)

[3] St Maxime le Confesseur, Opuscule 6, § 10 (PG 65A-68D traduction par Léthel, Ibid., p. 90)

[4] St Maxime le Confesseur, Opuscule 6, § 10, (PG 65A-68 D traduction par Léthel, Ibid.,p. 90)

[5] St Maxime le Confesseur, Opuscule 9 (646-648), (PG 121 B, traduction par Léthel, Ibid., p. 80)


Synthèse F. Breynaert

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