Marie : une relation unique pour chacun (Jean Paul II)

Marie : une relation unique pour chacun (Jean Paul II)

La maternité a pour caractéristique de se rapporter à la personne. Elle détermine toujours une relation absolument unique entre deux personnes: relation de la mère avec son enfant et de l'enfant avec sa mère.
Même lorsqu'une femme est mère de nombreux enfants, son rapport personnel avec chacun d'eux caractérise la maternité dans son essence même. Chaque enfant est en effet engendré d'une manière absolument unique, et cela vaut aussi bien pour la mère que pour l'enfant. Chaque enfant est entouré, d'une manière unique, de l'amour maternel sur lequel se fondent son éducation et sa maturation humaines.
On peut dire qu'il y a analogie entre la maternité «dans l'ordre de la grâce» (Lumen gentium 61) et ce qui, «dans l'ordre de la nature», caractérise l'union entre la mère et son enfant.


Sous cet éclairage, on peut mieux comprendre le fait que, dans son testament sur le Golgotha, le Christ a exprimé au singulier la nouvelle maternité de sa Mère, en se référant à un seul homme: «Voici ton fils». [...] Le Rédempteur confie sa Mère au disciple, et en même temps il la lui donne comme mère. La maternité de Marie, qui devient un héritage de l'homme, est un don, un don que le Christ lui-même fait personnellement à chaque homme. [...]

Quand le même Apôtre et évangéliste, après avoir rapporté les paroles adressées par Jésus sur la Croix à sa Mère et à lui-même, ajoute: «Dès cette heure-là, le disciple l'accueillit chez lui» (Jn 19, 27), cette affirmation veut dire, bien sûr, qu'au disciple fut attribué un rôle de fils et qu'il assuma la charge de la Mère de son Maître bien-aimé.
Et parce que Marie lui fut donnée personnellement comme mère, l'affirmation signifie, même indirectement, tout ce qu'exprime le rapport intime d'un fils avec sa mère.
Et tout cela peut s'inclure dans l'expression «offrande de soi».
L'offrande de soi est la réponse à l'amour d'une personne, et en particulier à l'amour de la mère. [...] En se livrant filialement à Marie, le chrétien, comme l'Apôtre Jean, «reçoit parmi ses biens personnels» la Mère du Christ et l'introduit dans tout l'espace de sa vie intérieure, c'est-à-dire dans son «moi» humain et chrétien: «Il l'accueillit chez lui» (Jn 19,27).

Il cherche ainsi à entrer dans le rayonnement de l'«amour maternel» avec lequel la Mère du Rédempteur «prend soin des frères de son Fils» (Lumen Gentium 62), «à la naissance et à l'éducation desquels elle apporte sa coopération» (Lumen Gentium 63) à la mesure du don qui est propre à chacun de par la puissance de l'Esprit du Christ.


Pape Jean Paul II,

Lettre encyclique Redemptoris Mater, 25 mars 1987, n°45

Maria : una relazione irrepetibile con ciascuno (Giovanni Paolo II)

È essenziale della maternità il fatto di riferirsi alla persona. Essa determina sempre un'unica ed irripetibile relazione fra due persone: della madre col figlio e del figlio con la madre. Anche quando una stessa donna è madre di molti figli, il suo personale rapporto con ciascuno di essi caratterizza la maternità nella sua stessa essenza. Ciascun figlio, infatti, è generato in modo unico ed irripetibile, e ciò vale sia per la madre che per il figlio. Ciascun figlio viene circondato nel medesimo modo da quell'amore materno, sul quale si basa la sua formazione e maturazione nell'umanità. Si può dire che la maternità «nell'ordine della grazia» mantenga l'analogia con ciò che «nell'ordine della natura» caratterizza l'unione della madre col figlio.

In questa luce diventa più comprensibile perché nel testamento di Cristo sul Golgota la nuova maternità di sua madre sia stata espressa al singolare, in riferimento ad un uomo: «Ecco il tuo figlio». [...] Il redentore affida sua madre al discepolo e, nello stesso tempo, gliela dà come madre. La maternità di Maria che diventa eredità dell'uomo è un dono: un dono che Cristo stesso fa personalmente ad ogni uomo. [...]


Quando lo stesso apostolo ed evangelista, dopo aver riportato le parole rivolte da Gesù sulla Croce alla madre ed a lui stesso, aggiunge: «E da quel momento il discepolo la prese con sé» (Gv 19,27), questa affermazione certamente vuol dire che al discepolo fu attribuito un ruolo di figlio e che egli si assunse la cura della Madre dell'amato Maestro. E poiché Maria fu data come madre personalmente a lui, l'affermazione indica, sia pure indirettamente, quanto esprime l'intimo rapporto di un figlio con la madre. E tutto questo si può racchiudere nella parola «affidamento». L'affidamento è la risposta all'amore di una persona e, in particolare, all'amore della madre. [...]


Affidandosi filialmente a Maria, il cristiano, come l'apostolo Giovanni, accoglie «fra le sue cose proprie» la Madre di Cristo e la introduce in tutto lo spazio della propria vita interiore, cioè nel suo «io» umano e cristiano: «La prese con sé». Così egli cerca di entrare nel raggio d'azione di quella «materna carità», con la quale la Madre del Redentore «si prende cura dei fratelli del Figlio suo», «alla cui rigenerazione e formazione ella coopera» secondo la misura del dono, propria di ciascuno per la potenza dello Spirito di Cristo.


Papa Giovanni Paolo II

Lettera enciclica Redemptoris Mater, 25 marzo 1987, n°45