Ecologie de la nature, écologie humaine, écologie sociale, avec Marie

Ecologie de la nature, écologie humaine, écologie sociale, avec Marie

Marie « Pleine de grâce » (Lc 1, 28) est un rappel vivant de la primauté de la grâce.

La grâce est liée à la charité et à la gratuité.

La vie est un cadeau que chacun de nous a reçu. La nature est un cadeau. La vie sociale est un cadeau, une grâce de Dieu le Créateur.

L'Eglise parle d'écologie de la nature, d'écologie humaine, d'écologie sociale :

« En plus de l'écologie de la nature, il y a une écologie que nous pourrions appeler humaine, qui requiert parfois une écologie sociale.

Et cela implique pour l'humanité, si la paix lui tient à cœur, d'avoir toujours plus présents à l'esprit les liens qui existent entre l'écologie naturelle, à savoir le respect de la nature, et l'écologie humaine.

L'expérience montre que toute attitude irrespectueuse envers l'environnement porte préjudice à la convivialité humaine, et inversement. »

(Benoît XVI, journée mondiale de la paix, 1° janvier 2007)

« Pour préserver la nature, il n'est pas suffisant d'intervenir au moyen d'incitations ou de mesures économiques dissuasives, une éducation appropriée n'y suffit pas non plus. Ce sont là des outils importants, mais le point déterminant est la tenue morale de la société dans son ensemble. Si le droit à la vie et à la mort naturelle n'est pas respecté, si la conception, la gestation et la naissance de l'homme sont rendues artificielles, si des embryons humains sont sacrifiés pour la recherche, la conscience commune finit par perdre le concept d'écologie humaine et, avec lui, celui d'écologie environnementale. Exiger des nouvelles générations le respect du milieu naturel devient une contradiction, quand l'éducation et les lois ne les aident pas à se respecter elles-mêmes. Le livre de la nature est unique et indivisible, qu'il s'agisse de l'environnement comme de la vie, de la sexualité, du mariage, de la famille, des relations sociales, en un mot du développement humain intégral. »

(Benoît XVI, encyclique caritatis in veritate § 52)

L'écologie humaine ne signifie pas le non-développement (décroissance) :

On doit sans doute réduire les transports de marchandises, ou par exemple revenir à des montres qui se remontent manuellement... En ce sens, il faut une "décroissance du gaspillage actuel".

L'Evangile comporte un appel radical à une simplicité de vie, Jésus a montré l'exemple du service humble et il appelle à renoncer à l'orgueil technologique et financier.

Cependant, l'idée de "décroissance", l'idée de "non-développement", est une hérésie, l'homme a toujours des progrès à faire pour grandir en sagesse et en humanité.

« L'idée d'un monde sans développement traduit une défiance à l'égard de l'homme et de Dieu. C'est donc une grave erreur que de mépriser les capacités humaines de contrôler les déséquilibres du développement ou même d'ignorer que l'homme est constitutivement tendu vers l'être davantage ».

(Benoît XVI, Caritas in veritate (2009), §28)

L'Eglise nous invite aussi à résister à ceux qui pour des profits financiers (1) ou par l'égoïsme des pays riches incapables de rendre plus justes les règles du commerce Nord-Sud, finissent par encourager l'avortement, planifier la stérilisation des femmes ou la destruction des familles (idéologie du gender) partout dans le monde.

Notamment, la question du réchauffement climatique (qui n'est pas uniquement d'origine humaine) ne doit pas servir de prétexte à l'idéologie de la décroissance de la population avec une planification forcée des naissances (3).

Avec l'Eglise, Marie, Pleine de grâce, nous invite à l'espérance et à la charité.

Voici un exemple, il date déjà de quelques années, il est peut être déjà dépassé mais il nous aide à comprendre.

« Au Kenya, le maïs est attaqué par une pyrale asiatique (insecte foreur, chenilles) et parasité par une plante, la Striga. Les dégâts peuvent détruire la récolte.

Une méthode de lutte gratuite a été mise au point, elle consiste à cultiver avec le maïs une légumineuse, le Desmodium. Le Desmodium constitue un engrais vert, il étouffe la Striga, et il repousse la pyrale qui s'en va en dehors du champ, se laisse attirer par une graminée fourragère, l'herbe à éléphant (Pennisetum purpureum) qui entoure le champ de maïs. Lorsque les pyrales pénètrent dans la tige, la plupart des chenilles sont tuées par le mucilage que produit cette graminée.

Ce superbe travail scientifique, sans achat d'insecticide ni d'herbicide, augmente le cheptel et la fertilité du sol.

Mais quelle catastrophe : les profits de l'industrie agrochimique diminuent ! C'est alors que commença une campagne de dénigrement contre cette méthode et au profit des méthodes fondées sur l'usage intensif de produits chimiques. »

Jean Pierre Berlan, Directeur de recherche à l'INRA, cité dans:

Dominique Guillet, Semences de Kokopelli, Nimes, 2004, p.10


(1) Dans la décennie 2000-2010, l'alarmiste le plus bruyant à propos du réchauffement climatique est le plus large actionnaire du seul marché du carbone opérant en Amérique (Chicago Climate Exchange CCX) : Albert Arnold, surnommé Al Gore. Il s'implique aussi dans la télévision (film « Al carbone »)...

(2) Au Vatican, le conseil pontifical Justice et Paix a réuni, les 26 et 27 avril 2007, un séminaire sur le réchauffement climatique : "En résumé, on peut dire que tous s'accordent sur la réalité des changements climatiques, le désaccord portant sur l'interprétation ou la recherche de la cause des changements climatiques... Le conseil Pontifical Justice et Paix a pris acte de ce débat."

(3) Par exemple le journal « Décroissance » n° 1 (mars 2004).


Synthèse F. Breynaert