Marie, les fruits de l'Esprit en relation avec le corps

« Même si nous ne le sentons pas, le corps lui aussi a l'expérience des choses divines et recevra en lui l'expérience vécue des choses de Dieu. »[1]

L'Esprit Saint nous apprend que nous ne sommes pas des automates, que chaque visage est unique, que notre corps sera transfiguré par notre vie intérieure, à la ressemblance du grand Vivant qui nous a créés.

Sur le chemin de cette transfiguration, les actes de vertus accompagnés d'une certaine suavité spirituelle méritent le nom de "fruits" de l'Esprit Saint.

Parmi ces fruits, il y a la modestie, la continence et la chasteté. C'est la présence de l'Esprit Saint qui les rend suaves, et qui en "donne l'accès", selon l'expression de saint Ephrem.

La modestie, fruit de l'Esprit Saint, donne à l'allure extérieure cette caractéristique de dignité et de sainteté par lequel l'homme respectueux évite non seulement tout ce qui pourrait offenser la pudeur, mais garde une contenance qui incite à la pureté et à la sainteté celui qui le voit. La modestie de Marie, pendant son pèlerinage terrestre, fut tout simplement ineffable.

D'autres fruits, la continence et la chasteté, furent possédés par Marie au degré le plus haut.[2]

Si, en Marie, nous aimons Jésus, être chaste ne fatigue pas, car en aimant Jésus, nous n'aimerons pas les autres immodérément.

La chasteté est une affection spirituelle qui envahit, élève la chair, parfume l'esprit. Celui qui est saturé de chasteté n'a pas de place pour ce qui corrompt.

Si Dieu nous demande un certain équilibre vis à vis de la chair, c'est parce que nous sommes appelés à la résurrection de la chair, à la communion avec les énergies divines.

Il s'agit surtout d'une grâce, d'un don et d'un fruit de l'Esprit Saint. Et la Vierge Marie « reçut une grâce si grande, que nous seulement elle garda elle-même la virginité, mais put la communiquer à ceux qu'elle visitait. »[3] Et elle continue de nous visiter aujourd'hui...

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[1] Françoise Burtz, L'Appel infini, Lettres à Andrée, éditions Anne Sigier, 2006., Lettre 1, p. 13

[2] Cf. Père Gabriel Roschini, Dizionario di mariologia, editrice studium - Roma 1961, p. 178-179

[3] St Ambroise, Epist. Classis I, Ep. 49, 2 ; P.L. 16, 1154.

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Françoise Breynaert