Jn 12,20-36 : L’heure de Jésus

Jn 12, 20-36 : L’heure de Jésus

Avant de se cacher quelque temps (Jn 12, 36), Jésus parle une dernière fois devant une foule de Juifs et de Grecs.

Jésus révèle le sens de son « heure » avec le titre le Fils de l'homme.

L'appellation "fils de l'homme", fait référence à la fois à son humble humanité née d'une femme, et sa mission eschatologique (cf. Daniel 9).

« Voici venue l'heure où doit être glorifié le Fils de l'homme. » (Jean 12, 23).

[...]

« La foule alors lui répondit: "Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire: Il faut que soit élevé le Fils de l'homme? Qui est ce Fils de l'homme? » (Jean 12, 34)

Le titre "fils de l'homme" forme une inclusion entre le verset 23 et 34 et il faut lire tout l'ensemble.

Jn 12, 20-26. L'heure de Jésus : la mort pour porter beaucoup de fruit.

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jean 12, 24)

Jésus envisage sa mort de manière positive et féconde.

Par le don de sa vie, il va pouvoir attirer tous les hommes, les juifs et les païens (dont les Grecs du verset 20 sont un exemple).

Jésus invite ensuite chaque disciple à renoncer à soi-même et à le suivre :

« Qui aime sa vie la perd; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. » (Jn 12, 25)

L'antithèse (amour-haine), typiquement sémite (cf. Malachie 1, 2s), doit être comprise dans la ligne de ce verset de Matthieu :

"Nul ne peut servir deux maîtres: ou il haïra l'un et aimera l'autre,

ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. » (Matthieu 6, 24).

Jn 12, 27-34. L'heure de Jésus : la glorification du Père et du Fils par la croix.

Après un instant de trouble comparable à l'agonie au jardin de Gethsémani, Jésus prie en disant :

« Père, glorifie ton nom !

Du ciel vint alors une voix:

"Je l'ai glorifié et de nouveau je le glorifierai." » (Jn 12, 28).

Le Père glorifie le Fils avec les événements salvifiques de l'heure.

L'évangile de Jean n'a pas mentionné la voix céleste lors du baptême de Jésus au Jourdain ni lors de la transfiguration ; le verset Jn 12, 28 suffit à les récapituler avec leur sens profond.

Cette glorification du Père et du Fils est aussi la défaite du Prince de ce monde (Jn 12, 31).

Cette glorification est l'élévation sur la croix :

« Et moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi. Il signifiait par-là de quelle mort il allait mourir. » (Jn 12, 32-33)

La foule comprend que l'exaltation du Fils de l'homme signifie sa crucifixion, mais elle y voit une contradiction avec le Christ qui doit demeurer pour toujours.

Jésus ne donne pas davantage d'explications.

Le langage de Jésus fait allusion aux chants du serviteur. La foule est-elle capable de se souvenir du serviteur du livre d'Isaïe qui rassemble Jacob et ramène les dispersés d'Israël (Is 49, 3-6), mais qui conquiert les multitudes après avoir perdu figure humaine, par son élévation qui le place très haut (Is 52, 12-13) ?

Jn 12, 35-36. L'heure de Jésus : il est temps de marcher dans la lumière.

Jésus avait dit :

« Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie. » (Jn 8, 12)

Jésus dit maintenant :

« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent: celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. » (Jn 12, 35)

Il est urgent de choisir, de se décider.

Jésus ne veut pas que nous marchions dans les ténèbres. N'ayons pas de haine, il a pris sur lui tout le mal, il est mort pour les pécheurs. N'ayons pas de désespoir, il nous aime.

Jésus a expliqué comment marcher dans la lumière :

- Les Grecs veulent voir Jésus (Jn 12, 20), ils veulent percevoir sa vraie personnalité avec les yeux de leur intelligence. C'est le début de l'adhésion de la foi, le début de la marche dans la lumière.

- La vie de foi se concrétise dans le service, en suivant Jésus (Jn 12, 26).

- Le disciple authentique se laisse ensuite attirer par le Fils de l'homme, exalté sur la croix (Jn 12, 32). En se laissant attirer par le Christ crucifié et en suivant ce maître, le disciple chemine dans la lumière.


Résumé par Françoise Breynaert de S.A. Panimolle. Lettura pastorale del vangelo di Giovanni, III.

Centro editoriale devoniano, Bologna 1984, p.159-197.