Jn 2, 6-12 : L'eau, le vin, la Torah du Messie

L'eau, le vin, la Torah du Messie

Or il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus leur dit: "Remplissez d'eau ces jarres." Ils les remplirent jusqu'au bord.

(Jean 2,6-7)

« L’eau » (des jarres) symbolise la Torah-sagesse. « Le vin » signifie aussi la sagesse tirée de la loi de Moïse [1] : « … la sagesse prépare son vin…Venez, mangez de mon pain, buvez du vin que j’ai préparé » (Pr 9,2-5)


Les jarres sont en pierre, cela rappelle encore la loi de Moïse qui fut donnée sur des tables de pierre.

La mère de Jésus dit : "faites tout ce qu'il vous dira" (Jn 2, 5). Elle fait écho aux paroles du peuple au Sinaï : "Tout ce que le Seigneur a dit, nous le ferons" (Ex 19,8). La mère de Jésus est appelée femme (Jn 2,4): elle représente le peuple de l'Alliance. Elle est aussi dans la situation de Moïse qui transmet les paroles de Dieu.

L’eau des jarres est utilisée pour la purification, cette purification est obtenue par la loi de Dieu qui est aussi amour de Dieu (Dt 6,5), et du prochain (Lv 19,18).

En Jn 15,3 la purification est aussi obtenue par la parole de Jésus, sa parole attire et fait renoncer au mal.

Souvenons-nous aussi que la parole sagesse signifie aussi saveur... Jésus change l'eau en vin, il communique à toutes choses une inexprimable saveur.

Plus précisément, le vin est le symbole de la Torah expliquée par le Messie.

Cette tradition est présente chez les évangiles synoptiques qui comparent l’enseignement de Jésus à un vin nouveau [3]. En changeant l'eau en vin, Jésus se révèle comme le Messie


Les jarres sont remplies jusqu'au bord.

Avec Jésus le temps de la plénitude est advenu.

Plénitude de la sagesse.

Marie aussi est mère en plénitude.


[1] Philon, De benedictionibus 121-123 ; De Somniis II, 246-249 ; Legum allegoriae III,82. Targum sur le cantique 7,3 ; Targum sur Osée 9,10 Commentaire rabbinques : Genèse R 43,6…

[2] Targum sur le Ct 8,12 et midrash de Genèse Rabbah 98,9 à 49,11.

[3] Mt 9,14-17 ; Mc 2, 18-22 ; Lc 5,33-39


A. Serra et F. Breynaert

Bibliographie :

A. SERRA, Marie à Cana, Marie près de la croix, Cerf, Paris, 1983

A. SERRA, Maria e la pienezza del tempo, Paoline, 1999, pp. 29-49

Repris dans : F. BREYNAERT, "A l'écoute de Marie, Brive 2007" tome 1, p. 166-168

L'acqua, il vino e la Torah del Messia

Ora, c'erano sei recipienti di pietra, utilizzati per la purificazione degli ebrei, e che contenevano due o tre misure ciascuno. E Gesù disse loro: «Riempite d'acqua le giare»; e le riempirono fino all'orlo.

(Gv 2,6-7)

L'acqua nelle giare significa la Torah-sapienza data da Mosé. Il vino significa anche la Sapienza, cioè la legge di Mosé: "La Sapienza ha preparato il vino... Venite, mangiate del mio pane, bevete del vino che ho preparato" (Pr 9, 2-5)[1]

Le giare sono in pietra, ciò ricorda ancora la legge di Mosé che fu data su tavole di pietra.

La madre di Gesù dice: "fate tutto ciò che vi dirà" (Gv 2, 5,). Fa l'eco alle parole del popolo di Israele al Sinaï : "Tutto ciò che il Signore ha detto, lo faremo" (Es 19,8). La madre di Gesù è chiamata "donna" (Gv 2, 4): rappresenta il popolo dell'alleanza. Maria è anche nella situazione di Mosé che trasmette al popolo la volontà di Dio.

L'acqua di queste giarre è utilizzata per la purificazione, ottenuta dalla legge di Dio, che è amore verso Dio (Dt 6, 5) e il prossimo (Lv 19, 18). In Gv 15, 3 la purificazione è ottenuta anche dalla parola di Gesù che attira e fa rinunciare al male.

Ricordiamoci anche che la parola sapienza significa sapore... Gesù cambia l'acqua in vino, comunica ad ogni cosa un inesprimibile sapore.

Tradizionalmente[3], il vino è il simbolo della Torah spiegata dal Messia. Questa tradizione è presente nei vangeli sinottici che paragonano l'insegnamento di Gesù ad un vino nuovo (Mt 9, 14-17 ; Mc 2, 18-22 ; Lc 5, 33-39).

Cambiando l'acqua in vino, Gesù si rivela come il messia.

Le giare sono riempite fino all'orlo.

Con Gesù, il tempo della pienezza è venuta: la pienezza della sapienza.

Maria è madre in pienezza.


[1] Cf. Philon, De benedictionibus 121-123 ; De Somniis II, 246-249 ; Legum allegoriae III,82.

Targum sul cantico 7,3 ; Targum su Osea 9,10 ; Genese Rabba 43,6...

[2] Targum su Ct 8,12 e midrash Genese Rabba 98,9 a 49,11.

[3] Mt 9,14-17 ; Mc 2, 18-22 ; Lc 5,33-39


A. Serra et F. Breynaert

Bibliografia :

A. SERRA, Maria a Cana e presso la Croce.

Saggio di mariologia Giovannea (Gv 2,1-12 e 19,25-27)

Centro di Cultura Mariana Mater Ecclesiae, Roma 1983

A. SERRA, Maria e la pienezza del tempo, Paoline, 1999, pp. 29-49

Repris dans : F. BREYNAERT, "A l'écoute de Marie, Brive 2007" tome 1, p. 166-168