Jn 2,23 – 3,2 Nicodème et Jésus

Jn 2, 23 – 3, 2 Nicodème et Jésus

Nicodème reconnaît en Jésus un thaumaturge et un maître qui a Dieu « avec lui » :

"Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître: personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n'est pas avec lui." (Jean 3, 2)

L'évangéliste vient de souligner que Jésus ne se fiait pas à ceux qui croyaient en lui à la vue des signes qu'il faisait (Jean 2, 23-24).

L'évangéliste souligne aussi que Nicodème vient « de nuit », comme pour dire que sa foi est encore superficielle, Nicodème est encore dans les ténèbres (Jn 3, 1-2).

Le dialogue avec Jésus :

Jésus répond à Nicodème :

"En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut [ou renaître, le grec 'anothen est ambigü], nul ne peut voir le Royaume de Dieu." (Jn 3, 3)

Nicodème joue sur l'ambiguïté du mot pour se montrer sceptique :

"Comment un homme peut-il renaître, étant vieux ?" (Jn 3, 4)

Jésus ôte toute ambiguïté par les explications suivantes :

"En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit.7 Ne t'étonne pas, si je t'ai dit: Il vous faut naître d'en haut.8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit." (Jn 3, 5-8)

Nicodème devrait comprendre car Jésus fait référence à ce que les prophètes ont annoncé pour l'ère messianique :

La prophétie de Jérémie (Jr 31, 23-27) et surtout d'Ezéchiel : « Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés; de toutes vos souillures et de toutes vos ordures je vous purifierai. Et je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. » (Ezéchiel 36, 25-26). Renaître fait référence aussi à Ezéchiel qui a vu revivre les os arides (Ez 37, 1-14). Et quand Jésus parle du vent, il fait encore allusion à l'esprit (en grec, pneuma signifie à la fois esprit et vent, et dans la Bible, l'Esprit de Dieu a parlé dans le vent, « ruah »).

Malgré tout cela, Nicodème se montre encore sceptique.

"Comment cela peut-il se faire?" (Jn 3, 9)

Devant un tel scepticisme, Jésus ne peut plus dialoguer. Il poursuit par un monologue.

La lumière, ou révélation complète de Jésus :

Jésus se révèle alors « Fils de l'homme » et « Fils unique » de Dieu : le premier titre affirme son humanité, le second titre révèle sa divinité. Les deux réalités sont imbriquées :

- Fils de l'homme, il est « descendu du ciel » et doit être « élevé ». (Jn 3, 13-14).

- Fils de Dieu, il est donné par Dieu « qui a tant aimé le monde » (Jn 3, 16).

- Fils de l'homme, il doit être élevé comme le serpent que Moïse éleva dans le désert : pour sauver (Jn 3, 14). Fils de Dieu il est envoyé « pour que le monde soit sauvé » (Jn 3, 17).

Jésus que l'ère eschatologique est arrivée, et qu'il faut croire en lui, non pas seulement croire qu'il est un maître ou un thaumaturge, cela c'est encore rester dans les ténèbres, mais croire en lui qui est le Fils de l'homme et le Fils unique de Dieu.

« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique,

afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle.» (Jn 3, 16)

Devant la révélation inouïe de Jésus,

ce qui bloque l'acte de foi, ce sont les œuvres mauvaises, avec la peur d'être montré coupable. (Jn 3, 20)

ce qui conduit à l'acte de foi, c'est la pratique du bien : celui qui fait le bien vient à la lumière. (Jn 3, 21)

Quand Nicodème vient à la lumière :

Quand « l'heure est venue », Jésus fait une déclaration qui ressemble fort à celle qu'il a faite à Nicodème : il se présente comme la lumière venue dans le monde (Jn 12, 46, cf. Jn 3, 19), et déclare que celui qui croit ne demeure pas dans les ténèbres (Jn 12, 46, cf. Jn 3, 21), et qu'il est venue non pour juger mais pour sauver le monde (Jn 12, 47, cf. Jn 3, 17).

Il semble que Nicodème ait progressivement quitté les ténèbres pour adhérer à la foi qui sauve, en effet, finalement, nous retrouvons Nicodème auprès de Jésus, sans scepticisme, et au grand jour.

Le signe décisif n'aura pas été les nombreux miracles du début du ministère de Jésus (Jean 2, 23-24), mais le grand signe de la croix où le Fils de l'homme a été élevé : Joseph d'Arimatie demande à Pilate le corps de Jésus, et,

"Nicodème -- celui qui précédemment était venu, de nuit, trouver Jésus -- vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d'aloès, d'environ cent livres." (Jn 19, 39)

Le baptême :

La renaissance de l'eau et de l'esprit est aussi une renaissance sacramentelle, au sens où la lettre à Tite appelle le baptême « le bain de la régénération et de la rénovation en l'Esprit Saint. » (Tite 3, 5)

Une renaissance « en Marie » :

Au centre de ces pages d'évangile se situe l'affirmation de l'humanité et de la divinité de Jésus (Fils de l'homme et Fils de Dieu), autrement dit le mystère de l'Incarnation dont est gardienne la mère de Jésus.

La renaissance de l'eau et de l'esprit est donc une renaissance mariale, nous pourrions dire « en Marie ».


Cf. S. Alberto Panimolle, Lettura pastorale del vangelo di Giovanni. EDB 1978. p. 264-326

Françoise Breynaert

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