Lc 4, 16-30 Portée mariale et missionnaire

Lc 4, 16-30 Portée mariale et missionnaire

Après un séjour au désert, Jésus retourne en Galilée et inaugure son ministère. Il est glorifié par tous (Lc 4, 15). Jésus a fait des miracles à Capharnaüm et la rumeur en est montée à Nazareth. Mais les habitants de Nazareth sont fermés à l’identité vraie de Jésus et à son attention aux étrangers. Ils veulent tuer Jésus, le précipiter du haut d’un escarpement.

« [Les habitants de Nazareth disent] : N’est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? »

(Lc 4, 22)

Les habitants de Nazareth méconnaissent Jésus, et surtout, ils sont fermés.

Les habitants de Nazareth méconnaissent l’identité profonde de Jésus. Ils méconnaissent donc aussi le mystère de Marie, vierge et mère. On ne peut pas le leur reprocher.

Pourtant, les enseignements et les signes que Jésus a accomplis à Capharnaüm devraient ouvrir leurs cœurs à une interrogation sincère sur la véritable identité de Jésus.

A Capharnaüm, Jésus est « glorifié » et cela devrait ébranler l’étroitesse de leur regard qui voit en Jésus uniquement le fils de Joseph. L’Eglise de saint Luc saura s’interroger sur l’origine de Jésus, questionner Marie à ce sujet et recevoir son témoignage. La parole de Jésus « Aucun prophète n’est bien reçu dans son pays » (Lc 4, 24) ne vise probablement pas un manque d’adoration (c’est un peu tôt), mais un manque d’ouverture.

Sans cette ouverture, les miracles ne sont que des prodiges forçant l’admiration et Jésus refuse d’entrer dans ce jeu. Pour Jésus, les miracles doivent être reçus comme des signes à interpréter pour s’ouvrir et cheminer dans la foi.

« [Jésus dit :] Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d’Elie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays, et ce n’est à aucune d’elles que fut envoyé Elie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon.
Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Elisée ; et aucun d’eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. »

(Lc 4, 25-27)

Les habitants de Nazareth sont choqués par l’orientation de Jésus qui a quitté sa ville et qui déclare prendre pour modèle l’attitude d’Elie envers la veuve de Sarepta (une étrangère !) et celle Elisée envers Naaman le Syrien (un étranger !)

Marie est témoin, et elle participe au drame

Témoin du drame de Jésus, Marie, perçoit donc deux des motifs du futur procès contre Jésus:

1- la fermeture à son origine divine,

2- le refus de son ouverture universelle.

Non seulement elle est témoin mais elle participe au drame de Jésus, elle est de son côté :

1- elle avait cru le message de l’ange Gabriel sur Jésus Fils du Très-Haut

2- elle avait accueilli les paroles du vieillard Syméon sur Jésus lumière des nations dans la ligne d’Isaïe.

Après un temps de prière au cénacle avec Marie (Ac 1,14), l’Eglise de saint Luc saura partir en mission, sortir de ses frontières, accueillir les incirconcis et apporter la bonne nouvelle aux étrangers.

En Lc 4, il est trop tôt pour vivre la mission, mais Jésus visiblement voudrait préparer et ouvrir les cœurs. Or les habitants de Nazareth sont totalement fermés à cette perspective qui les rend jaloux et fous de rage (Lc 4, 28-30).

« Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur. Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l’en précipiter.
Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. »

(Lc 4, 28-30)

L’issue est cependant heureuse :

« Jésus, passant au milieu d’eux, allait son chemin »

(Lc 4, 30)

Il passe, comme jadis Moïse passa la mer rouge : il traverse. Cet heureux dénouement pourra nourrir l’espérance de Marie pendant la passion de Jésus : au milieu de la foule haineuse, Jésus passera-t-il de nouveau son chemin ?


F. Breynaert

Extraits de F. Breynaert, A l’écoute de Marie, tome II,

Préface Mgr Rey, Brive 2007, p. 45-47

N.B. L'évangile de saint Luc et le livre des Actes des apôtres sont à lire comme un ensemble, un dyptique.

Cet épisode est particulièrement lié au récit des Actes des apôtres qui comporte les mêmes thèmes : annonce de la lumière, du pardon et de la grâce, accueil enthousiaste et persécution... et présence discrète de Marie en tant que témoin et en tant que mère. Nous vous invitons à faire ce rapprochement.

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