Luc 1-2 : Lecture œcuménique (ARCIC)

Luc 1-2 : Lecture œcuménique (ARCIC)

Le 2 février 2004, la Commission internationale anglicane - catholique romaine (ARCIC) a présenté un document commun « Marie : grâce et espérance dans le Christ ». Les paragraphes 14-17 commentent Luc 1-2.

14. Dans le récit de l'enfance de Luc, Marie tient une place éminente depuis le début.

Elle est le lien entre Jean le Baptiste et Jésus, dont les naissances miraculeuses sont délibérément placées en parallèle.

Elle reçoit le message de l'ange et répond dans une humble obéissance (1, 38).

Elle entreprend de sa propre initiative le voyage de Galilée en Judée pour visiter Élisabeth (1, 40) et proclame dans son cantique le renversement eschatologique qui sera au coeur de la proclamation du royaume de Dieu par son Fils.

Marie est celle qui dans sa méditation est attentive à ce qui est sous la surface des événements (2, 19. 51) et représente la conscience intérieure de la foi et de la souffrance (2,39).

Elle parle au nom de Joseph dans la scène au Temple et, bien que réprimandée pour son incompréhension initiale, continue de progresser dans la compréhension (2, 48-51).

15. Dans le récit de Luc, deux scènes en particulier invitent à réfléchir à la place de Marie dans la vie de l'Église : l'annonciation et la visite à Élisabeth. Ces passages soulignent que Marie est d'une manière unique celle qui reçoit l'élection et la grâce de Dieu.

Le récit de l'annonciation récapitule plusieurs épisodes de l'Ancien Testament, notamment les naissances d'Isaac (Genèse 18, 10-14), Samson (Juges 13, 2-5) et Samuel (1 Samuel 1, 1-20).

La salutation de l'ange évoque aussi les passages d'Isaïe (66, 7-11), Zacharie (9, 9) et Sophonie (3, 14-17) qui appellent « la fille de Sion », c.-à-d. Israël, à attendre dans la joie la venue de son Seigneur.

Le choix du terme « couvrir de son ombre » (episkiasei) pour décrire l'action de l'Esprit Saint dans la conception virginale (Luc 1, 35) fait écho aux chérubins qui couvraient l'arche d'alliance (Exode 25, 20), à la présence de Dieu couvrant la Tente (Exode 40, 35) et l'Esprit qui planait sur les eaux à la création (Genèse 1, 2).

Lors de la visitation, le cantique de Marie (Magnificat) reflète le cantique d'Anne (1 Samuel 2, 1-10), élargissant sa portée de sorte que Marie devient celle qui parle au nom des pauvres et des opprimés qui aspirent à voir Dieu établir son règne de justice.

Tout comme dans la salutation d'Élisabeth, la mère reçoit une bénédiction qui lui est propre, distincte de celle de son enfant (1, 42), de même, dans le Magnificat, Marie prédit que « toutes les générations me diront bienheureuse » (1, 48). Ce texte fournit la base scripturaire d'une dévotion appropriée envers Marie, mais jamais à part de son rôle de mère du Messie.

16. Dans le récit de l'annonciation, l'ange appelle Marie « celle qui est comblée de grâce » par le Seigneur (en grec kecharitomene, un participe parfait signifiant « qui a été et reste dotée de grâce ») d'une manière qui implique une sanctification antérieure par la grâce divine en vue de son appel.

L'annonce de l'ange relie le fait que Jésus est « saint » et « fils de Dieu » avec sa conception par l'Esprit Saint (1, 35). Ainsi la conception virginale attire l'attention sur la filiation divine du Sauveur qui naîtra de Marie. L'enfant non encore né est décrit par Élisabeth comme le Seigneur : « Comment m'est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? » (1, 43).

Le paradigme trinitaire de l'action divine est frappant dans ces scènes : l'Incarnation du Fils est initiée par l'élection de la Vierge bienheureuse par le Père et elle est réalisée par la médiation de l'Esprit Saint. Également frappant est le fiat de Marie, l'« amen » qu'elle donne dans la foi et la liberté à la Parole puissante de Dieu transmise par l'ange (1, 38).

17. Dans la relation de la naissance de Jésus dans Luc, la louange que les bergers offrent à Dieu fait parallèle avec l'adoration de l'enfant pas les Mages dans la relation de Matthieu. C'est ici de nouveau la scène qui constitue le centre paisible au cœur du récit de la nativité. « Ils trouvèrent Marie et Joseph et le bébé couché dans une mangeoire (Luc 2, 16).

En accord avec la Loi de Moïse, le bébé est circoncis et présenté au Temple. À cette occasion, Syméon prononce une parole prophétique particulière pour la mère du Christ-enfant, à savoir qu'« un glaive transpercera ton âme » (Luc 2, 34-35). À partir de ce moment, le pèlerinage de Marie dans la foi conduit au pied de la croix.


Commission internationale anglicane - catholique romaine (ARCIC),

« Marie : grâce et espérance dans le Christ », 2 février 2004, § 14-17

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