Je suis Ruth, ta servante

Marie et Ruth : « Je suis la servante du Seigneur »

Ruth est une femme de l'Ancien Testament. Par bien des aspects, elle est une préfiguration de la Vierge Marie. Nous le voyons en lisant attentivement et e écoutant les traditions.

Dans l'Ancien Testament, Booz devra être pour Ruth ce que Dieu a été pour Abraham : il doit lui donner une terre et une descendance. L’histoire de Ruth est donc le reflet d’une histoire plus vaste, celle de l’Alliance entre Dieu et son peuple. (1)

Dans les commentaires rabbiniques, les paroles de Booz sont mises en parallèle avec les paroles de Dieu dans l’Exode. L’idée que Ruth représente le peuple de l’Alliance se précise donc :

« Ne va pas glaner dans d’autres champs, comme "tu n’auras pas d’autres dieux devant moi" (Ex 20, 3). Ne t’éloigne pas d’ici. Vois ce qui est dit : "Il est mon Seigneur, je veux le glorifier" (Exode 15, 2) » (2)

Au seuil de la nouvelle Alliance, saint Matthieu a choisi de placer Ruth dans la généalogie du Christ Jésus. Cette indication suggère qu’il a vu aussi un lien entre Ruth et la mère de Jésus. Ceci est cohérent avec la tradition juive qui établissait déjà l’analogie entre Ruth et le peuple de l’Alliance.


La tradition chrétienne a su voir que la Vierge Marie accomplissait l’histoire de Ruth et de Booz, tantôt par l’attitude du Christ envers Marie, tantôt par celle Marie envers le Christ. Notamment, « Je suis Ruth, ta servante » (Rt 3, 9) est mis en relation avec l’Eglise qui se met au service de Jésus avec les paroles de la Vierge Marie : « je suis la servante du Seigneur, qu’il le soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38). (3)


(1) D’ANGELO C. Il libro di Rut. La forza delle donne. Commento teologico e letterario, Ed. devoniane, Bologna 2004.

(2) The Midrash Rabbah, IV, The Soncino Presse, London-Jerusalem-New York 1977, pp. 56-57

(3) Petri Cellensis, Commentaria in Ruth, in CCLM 54


A. Serra

Cf. Aristide SERRA, La Donna dell’Alleanza, Prefigurazioni di Maria nell’Antico Testamento,

Messaggero di sant’Antonio – editrice, Padova 2006, p. 50-52 (www.edizionimessaggero.it)