Marie, Arche d'Alliance (cf. la Visitation Lc 1, 39s)

Marie, Arche d'Alliance (cf. la Visitation Lc 1, 39s)

Le récit de la visite de Marie chez Elisabeth en Lc 1,39-44.56 semble modelé sur celui de 2 Sam 6,2-16, qui raconte le transport de l’arche de l’alliance.

Les commentateurs mentionnent habituellement les points de contact suivants entre les deux passages:

1) Le voyage de l’arche et celui de Marie se déroulent dans la région de Juda (2 Sam 6,1-2 et Lc 1,39).

2) Au cours des deux les épisodes ont lieu des manifestations de joie: celle du peuple et de David qui danse devant l’arche, celle de Jean Baptiste qui tressaille dans le sein maternel.

3) Elisabeth, comme David, lance un cri de joie: «Elisabeth fut remplie d’Esprit Saint, s’exclama d’une voix forte (anaphonéô) ...» (Lc 1,42)

Le verbe grec “anaphonéo” est utilisé par les LXX exclusivement pour les acclamations liturgiques (1 Chr 16,4 ;5.42) et spécialement celles qui accompagnent le transport de l’arche de l’alliance (1 Chr 15,28 ; 2 Chr 5,13).

Elisabeth a vu en Marie celle qui amène la présence, et ne peut pas retenir ce grand cri d’extase qui caractérise l’apparition de l’arche, lieu de la présence du Seigneur.

4) La présence de l’arche dans la maison d’Obed Edom (1 Sam 6,10.11) et la présence de Marie dans la maison de Zacharie sont des motifs de bénédiction: "Le Seigneur bénit Obed Edom et toute sa maison… à cause de l’arche de Dieu" (2 Sam 6,11.12) - Dès qu’Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en son sein et Elisabeth « fut remplie de l’Esprit Saint » (Lc 1,40-44).

5) Une crainte pénètre David et Elisabeth : David dit : « Comment pourrait venir chez moi l’arche du Seigneur ? » (2 Sam 6,9) et « Elisabeth… s’exclama… Comment m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?» (Lc 1,43). Le parallélisme entre « l’arche du Seigneur » et « la mère de mon Seigneur » est tout à fait remarquable, sous le jeu des transpositions on devine que Marie est la nouvelle arche.

6) L’arche stationna dans la maison d’Obed-Edom trois mois (2 Sam 6,11) tandis que Marie resta avec sa parente « environ trois mois » (Lc 1,56) L’évangéliste veut nous avertir que son intention principale est de ne pas se détacher du modèle littéraire de 2 Sam 6,11. Le temps réel du séjour de Marie chez Elisabeth ne dut pas être de trois mois exactement, c’est pourquoi il recourt à l’adverbe "environ".


Extraits de : A. Serra, "Madre di Dio",Nuovo dizionario di mariologia, a cura di de Fiores, ed. san Paolo 1985, p.728-729

N.B. Retrouvez ce résumé en français dans :

F. Breynaert, A l'écoute de Marie, préface Mgr Rey, N°1. Editions du Ver Luisant, 2007., p. 43

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