Représentations de Marie, buisson ardent

Représentations de Marie, buisson ardent

L’icône de la " Sophia" de Novgorod : la Sagesse au visage de feu.

« L’icône de la Sophia de Novgorod (une variante de la Déisis) montre la Sagesse sous les traits d’un ange au visage de feu.

La tradition iconographique l’interprète comme image de la virginité, de la pureté ontologique indicible exprimée justement par le visage de feu. […]

C’est l’effet de la proximité redoutable de Dieu : celui qui est près de moi est près du feu, il devient lui-même feu, buisson ardent. »

Tournai-Paris 1958, p. 217-218.

Pavel EVDOKIMOV (1901-1970), La femme et la salut du monde.

Étude d’anthropologie chrétienne sur les charismes de la femme.

Marie représentée en médaillon dans le buisson ardent :

Le buisson que le feu ne consume pas est l'image de la virginité de la Mère de Dieu, en qui la divinité s'est unie à l'humanité, sans altération ni changement, sans mélange ni confusion (cf. Le concile de Chalcédoine).

Certaines icônes byzantines du XVIIème siècle représentent Moïse est enlevant ses chaussures devant le buisson qui porte la Vierge, puis, dans le registre supérieur, une main céleste lui remet les tables de la loi.

Cette interprétation mariologique s'est répandue en Orient comme en Occident (Laon, Chartres, Amiens).

En Russie, elle a revêtu des formes extrêmement complexes et sophistiquées, qui rendent le message parfois difficilement lisible.

En Egypte, on trouve de nombreuses représentations du buisson ardent, mais sans figuration de Marie. Il existe pourtant en Egypte une icône « théologique » qui exprime la symbolique mariale du buisson ardent ; elle se trouve à l'église Saint Ménas à Fom el-Khalig au Caire ; la Vierge orante (ou « Vierge du Signe ») est représentée en médaillon dans l'arbuste, portant en mandorle l'Emmanuel.

En reprenant ce type iconographique, Isaac Fanous a voulu réaffirmer la foi copte orthodoxe en l'Incarnation :

Le centre de la composition est occupé par le buisson ardent, flamme géante et dorée reliant le ciel et la terre.

Au cœur du buisson, Marie est représentée en orante ; son visage légèrement incliné rayonne de douceur et de tendresse et son nimbe irradie de la lumière au milieu même des flammes.

Le buisson n'est que feu, mais il s'enracine solidement sur le sol, dont sa lumière transfigure les durs rochers et le personnage entier du prophète : ainsi le feu divin est, par Marie, transmis au monde créé.

Moïse est déchaussé : ce geste, toujours pratiqué dans l'Eglise copte, manifeste son indignité face au mystère divin ; le bas de son corps est de face, mais son buste est de profil, tourné vers le buisson, et il tend les mains dans une attitude exprimant l'attente de son peuple et de l'humanité entière ; la lumière qu'il recueille le traverse et rejaillit sur le monde, comme le révèle l'ombre lumineuse qu'il projette à ses pieds.

Cette icône récapitule donc la théologie patristique relayée par la liturgie copte et une tradition iconographique très ancienne. Toutefois, la composition de l'icône est beaucoup plus dépouillée que celle de l'iconographie byzantine et traitée de façon résolument moderne.

D'après les cahiers de la Bibliothèque copte - Etudes Coptes VII -

Renaissance italienne :

Nicolas Froment, panneau central du triptyque "Moïse et le buisson ardent" (1475-1476)

Moïse est berger, entouré de son troupeau. Il se déchausse devant le buisson ardent. Dans le buisson, la Vierge Marie et son Fils le regardent avec bonté, Jésus accomplit pour tous les hommes la parole divine du livre de l'Exode :

"J'ai vu, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte. J'ai entendu son cri devant ses oppresseurs; oui, je connais ses angoisses.

Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre plantureuse et vaste. [...]

Maintenant va, je t'envoie."

Exode 3, 4-6