La divinité de Jésus (évangiles de l'enfance)

La divinité de Jésus (évangiles de l'enfance)

Pendant sa vie publique, Jésus s'est révélé comme Fils de l'homme, juge eschatologique, ce qui est une prétention divine ; il s'est révélé comme « Je Suis », titre divin, il s'est révélé comme Fils, et Fils de Dieu[1]. Pris isolément, ces titres pourraient avoir le sens d'un homme qui se fait Dieu (adoptianisme). Il faut donc lire davantage l'Evangile.

Nous découvrons aussi que Jésus se révèle à ses contemporains comme le pain vivant descendu du ciel (Jn 6, 34-38), comme la Torah céleste, et le Temple non fait de main d'homme. « Jésus se conçoit lui-même comme la Torah, comme la Parole de Dieu en personne. Le majestueux prologue de l'Evangile de Jean - "Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu" ne dit rien d'autre que ce qu'affirme Jésus dans le sermon sur la montagne et dans les synoptiques. »[2] Jésus a révélé lui-même son mouvement de descente, d'Incarnation. Il est Dieu incarné.

Les de l'enfance (Matthieu 1-2 et Luc 1-2) supposent un témoignage de la mère de Jésus. La concordance de Matthieu et Luc (qui ne se connaissaient pas) montre que les données sur la conception et l'enfance de Jésus remontent à une source familiale authentique.

Mais nous observons parallèlement que les de Marc et de Jean ne parlent pas de la conception et de l'enfance de Jésus. Ce qui pourrait tout simplement signifier que les évangiles de Matthieu et Luc étaient connus de tous par tradition orale, avant l'édition des évangiles de Marc et Jean.

L'absence d'allusion chez Marc et Jean indique aussi que la foi en la divinité de Jésus s'enracine non pas d'abord dans les de l'enfance, mais d'abord dans la révélation que Jésus a faite, jusqu'à sa mort et sa résurrection.

Ceci dit, les " de l'enfance" nous permettent de mieux connaître Jésus. Ces textes nous apprennent notamment sa conception virginale, et le contexte d'Alliance dans lequel s'inscrit l'annonce de son Incarnation.


[1] JOSEPH RATZINGER, BENOIT XVI, Jésus de Nazareth, Flammarion, Paris 2007, p. 355-358 et 375-383

[1] JOSEPH RATZINGER, BENOIT XVI, Jésus de Nazareth, Flammarion, Paris 2007, p. 133


Françoise Breynaert