Apocalypse : Exode eschatologique

Apocalypse : Exode eschatologique

Le livre de l'Apocalypse comporte de nombreuses allusions au livre de l'Exode,

ces allusions expriment que le Christ accomplit les Ecritures et qu'il est donc le messie,

ces allusions expriment surtout que ce qui est advenu pour les Hébreux, puis pour les disciples de Jésus, adviendra pour le monde entier.

Pour les Hébreux, la clé de l'Exode, c'est le sacrifice de l'agneau (Exode 12). Le sacrifice de l'agneau protège la sortie d'Egypte, la traversée du désert et de la mer...

Pour les chrétiens, la clé du livre de l'Apocalypse, c'est la victoire de l'Agneau, immolé et debout, le Christ mort et ressuscité (Ap 5, 6.8.12.13). Le sacrifice de Jésus Agneau de Dieu sauve du mal, du péché et de la mort, il ouvre le chemin de la vie en Dieu.

L'ouverture du septième sceau révèle le plan de l'Agneau. Le sacrifice des martyrs (Ap 11) ouvre aux hommes de toutes les nations qui rendent gloire à Dieu le dernier exode (Ap 15) qui les conduira jusqu'à la Jérusalem céleste (Ap 21).

L'Agneau de l'Exode et celui de la l'Apocalypse.

Pour les Hébreux, la clé de l'Exode, c'est le sacrifice de l'Agneau (Exode 12).

Pour les chrétiens, la clé du livre de l'Apocalypse, c'est la victoire de l'Agneau, immolé et debout, le Christ mort et ressuscité (Ap 5, 6.8.12.13).

Nous avons déjà abordé ce thème.

Les fléaux de l'Apocalypse et les plaies d'Egypte.

Les fléaux décrits dans le livre de l'Apocalypse (Apocalypse 6-9), sont à lire en parallèle avec les fléaux ou plaies d'Egypte dans le livre de l'Exode (Exode 7-11).

Le lecteur doit donc comprendre qu'ils ont pour but une délivrance, une libération du mal. Ce mal c'est pharaon et l'oppression du mythe dominant dans le livre de l'Exode, c'est plus généralement le Mauvais, le « Prince de ce monde », Satan, dans l'Apocalypse.

Ceux qui gardent les commandements.

Le dragon de l'Apocalypse luttent contre ceux qui gardent les commandements (Ap 12, 17), et c'est le livre de l'Exode (Ex 19-20s) qui donnent l'essentiel de ces commandements, à commencer par le renoncement à l'occultisme magique et la voyance, le renoncement au meurtre, l'amour du nom de Dieu et le respect du Shabbat.

La mer de l'Exode et la mer de l'Apocalypse.

Le livre de l'Exode raconte le passage de la mer rouge (Exode 14), la victoire sur les eaux qui représentent la mort et le mal.

Le livre de l'Apocalypse décrit la victoire du Christ comme une victoire sur la bête qui vient de la mer. La mer, traditionnellement perçue comme l'obscure niche du mal, devient

« une mer de cristal mêlée de feu, et ceux qui ont triomphé de la Bête, de son image et du chiffre de son nom, debout près de cette mer de cristal. » (Ap 15,2).

La mer est alors remplie de feu (Ap 15, 2), c'est-à-dire que l'Esprit Saint prend toute la place désormais. Les disciples du Christ sont vainqueurs, littéralement « sur » la mer (Ap 15, 2), comme les Hébreux avaient marché à pied sec sur la mer rouge.

Et finalement, à la fin du livre de l'Apocalypse, la mer disparaît complètement (Ap 21, 1), comme une niche devenue inutile quand on a tué le chien.

Il y a un ciel nouveau et une terre nouvelle (Ap 21,1), but ultime de l'Exode vers la terre promise.

L'Arche d'Alliance, la Femme.

Le livre de l'Exode décrit longuement l'Arche d'Alliance (Exode 25), et la Tente de la rencontre (Exode 33).

Dans l'Apocalypse il est dit :

« Alors s'ouvrit le temple de Dieu, dans le ciel, et son arche d'alliance apparut, dans le temple. » (Ap 11, 19).

Puis Jean voit la Femme qui enfante le Messie (Ap 12), cette Femme qui est aussi Marie, celle en qui Dieu s'est fait présent, comme jadis sur l'arche d'Alliance.

Le livre de l'Exode raconte la traversée du désert, une marche bénie par le Dieu vivant qui donne la manne et l'eau (Exode 16-17).

Le livre de l'Apocalypse raconte la marche de l'Eglise, qui est comme une Femme au désert, elle aussi nourrie et protégée par le Dieu vivant.

« La Femme s'enfuyait au désert, où Dieu lui a ménagé un refuge pour qu'elle y soit nourrie 1.260 jours. » (Ap 12, 6).

La femme est aussi la figure du peuple vainqueur, elle est déjà hors d'atteinte, ayant accompli l'Exode.

« Le Serpent vomit alors de sa gueule comme un fleuve d'eau derrière la Femme pour l'entraîner dans ses flots. Mais la terre vint au secours de la Femme: ouvrant la bouche, elle engloutit le fleuve vomi par la gueule du Dragon. » (Ap 12, 15-16).

C'est une image mariale : Marie, immaculée et toute , que le mal n'effleure jamais.

Ce pourrait être aussi Marie dans son assomption. Car sa situation hors d'atteinte préfigure ce qui sera la situation de ceux qui participeront à « la première résurrection » (Ap 20, 5) : Satan est lié 1000 ans avant d'être relâché (Ap 20, 1-7), alors Satan avec la bête, le faux prophète et toutes les nations partent attaquer le « camp des saints », mais « un feu les dévore » (Ap 20, 7-10). Tout ceci est une manière de dire que la première résurrection place les justes hors d'atteinte de tout mal, comme en Ap 12, 15-16.

Pour les nations.

Les autres fils de la femme, les martyrs (Ap 12, 11), sont victorieux, mais ils ne sont pas victorieux pour eux seulement : ils chantent le cantique de l'Agneau et conduisent les nations à se prosterner devant Dieu (Ap 15, 3-4), et à entrer comme eux dans la Jérusalem nouvelle (Ap 21).

Reine des martyrs, figure du peuple en marche et figure du peuple que le mal ne peut plus atteindre, la Femme est aussi la Vierge Marie qui intercède pour que toutes les nations accomplissent leur exode vers Dieu :

« Que tous les chrétiens adressent à la Mère de Dieu et des hommes d'instantes supplications, afin qu'après avoir assisté de ses prières l'Eglise naissante, maintenant encore, exaltée dans le ciel au-dessus de tous les bienheureux et des anges, elle continue d'intercéder près de son Fils dans la communion de tous les saints, jusqu'à ce que toutes les familles des peuples, qu'ils soient déjà marqués du beau nom de chrétiens ou qu'ils ignorent encore leur Sauveur, soient enfin heureusement rassemblés dans la paix et la concorde en un seul peuple de Dieu à la gloire de la Très et indivisible Trinité. »

(Vatican II, Lumen Gentium 69)


Source :

Bible de Jérusalem et les notes.

Version grecque analysée (Cédérom Ictus).


Françoise Breynaert

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