La divinité du Christ dans l’Apocalypse

La divinité du Christ dans l’Apocalypse

La salutation de Jean comporte une prière trinitaire.

« Jean, aux sept Eglises d'Asie. Grâce et paix vous soient données

par "Il est, Il était et Il vient",

par les sept Esprits présents devant son trône,

et par Jésus-Christ, le témoin fidèle, le Premier-né d'entre les morts, le Prince des rois de la terre. » (Ap 1, 4-5)

Jésus-Christ est inscrit dans la sphère du divin. Et tout le livre de l'Apocalypse exprime la divinité de Jésus.

« Celui qui est, qui était et qui vient ».

L'expression désigne pour Jean "Dieu le Père". La formule "Celui qui est, qui était et qui vient" dérive du livre de l'Exode, où le nom divin (YHWH) est interprété ainsi :

« Je suis celui qui suis », ou « je serai qui je serai » (Ex 3,14).

Cette expression a été diversement expliquée : Philon[1] comprend le nom divin comme celui qui est (ho ôn), c'est-à-dire l'être au-delà du temps. Le Targum palestinien du Pseudo Jonathan paraphrase « Je suis celui que j'étais et celui que je serai »( Ex 3, 14), ou bien : « Je suis celui est, qui était et je suis celui que je serai » (Dt 32, 29).

L'expression de l'Apocalypse ressemble au Targum, mais Jean prend le verbe « venir ». L'expression de Jean fait alors allusion aux nombreux passages de l'Ancien Testament où Dieu vient pour sauver et juger (Is 40, 10 ; 66, 15 ; Za 14, 5). C'est pourquoi, lorsque Dieu vient et établit son règne, Jean abrège la formule en disant « celui qui est et qui était » (Ap 11, 17 et 16). [2]

Si Jean n'utilise pas l'expression « Dieu le Père », mais l'expression « Il est, Il était et Il vient », c'est pour souligner la présence de Dieu dans l'histoire, et pour annoncer l'heure de la Parousie et de la création nouvelle.

« Voici, il vient avec les nuées; chacun le verra, même ceux qui l'ont transpercé, et sur lui se lamenteront toutes les races de la terre. Oui, Amen! Je suis l'Alpha et l'Oméga, dit le Seigneur Dieu, "Il est, Il était et Il vient", le Maître-de-tout. » (Ap 1, 7-8)

« Alors, Celui qui siège sur le trône déclara: "Voici, je fais l'univers nouveau." Puis il ajouta: "Ecris: Ces paroles sont certaines et vraies. [...] C'en est fait, me dit-il encore, je suis l'Alpha et l'Oméga, le Principe et la Fin; celui qui a soif, moi, je lui donnerai de la source de vie, gratuitement." » (Ap 21, 5-6)

C'est dans la parousie du Christ que Dieu, qui est le principe de toute choses, deviendra aussi la fin de toutes choses.

C'est dans la création nouvelle que le Christ ressuscité donnera à la création sont sens ultime. Lui, le Christ qui partageait l'être éternel de Dieu avant la création[3].

En effet, le Christ dit :

« Voici que mon retour est proche, et j'apporte avec moi le salaire que je vais payer à chacun, en proportion de son travail. Je suis l'Alpha et l'Oméga, le Premier et le Dernier, le Principe et la Fin. » (Ap 22, 12-13)

N.B. Nous observons que « L'Alpha et l'Omega » désigne Dieu (Ap 1, 8 ; 21, 6) et désigne aussi le Christ (Ap 22, 13). Par l'usage de la même appellation, Jean affirme la divinité de Jésus. Cette appellation peut venir du fait que le nom de Dieu était parfois vocalisé Yahôh et était transcrit en grec (langue qui n'a pas de consonne « h ») ainsi : Iota, Alpha, Omega. [4]

L'adoration de Celui qui siège sur le trône, et l'adoration de l'Agneau.

« Jean est transporté dans le ciel et voit la souveraineté de Dieu dans le ciel, il peut alors voir comment elle doit être reconnue sur la terre. » [5]

Dans leur acte d'adoration, les 4 vivants perçoivent la sainteté de Dieu et disent :

« Saint, Saint, Saint, Seigneur, Dieu Maître-de-tout, Il était, Il est et Il vient. » (Ap 4, 8)

Et dans leur acte d'adoration, les 24 anciens perçoivent que toute la réalité créée dépend de Dieu, pour l'existence même. Ils disent :

« Tu es digne, ô notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance, car c'est toi qui créas l'univers; par ta volonté, il n'était pas et fut créé. » (Ap 4, 11)

Ce n'est qu'en adorant que l'on peut percevoir Dieu.

L'adoration de l'Agneau (Ap 5, 8-12) conduit à celle de Dieu et de l'Agneau ensemble (5, 13). Quand Jean voit l'Agneau égorgé « au milieu » du trône divin dans le ciel (Ap 5, 6), cela signifie que la mort sacrificielle du Christ fait partie de la manière dont Dieu gouverne le monde[6].

La femme qui enfante le messie.

Nous voyons déjà que Jean offre une théologie très riche et la femme qui enfante le messie (Ap 12,3) est :

- La mère de Dieu, car le messie partage l'être éternel de Dieu et reçoit l'adoration.

- La mère de l'Agneau, c'est-à-dire du Christ mort et ressuscité, lui qui déclare « je suis le Premier et le Dernier, le Vivant; je fus mort, et me voici vivant pour les siècles des siècles, détenant la clef de la Mort et de l'Hadès. » (Ap 1, 18)

- La mère de celui qui doit venir : « Voici que mon retour est proche » (Ap 22, 12).

Ainsi, la divinité du Christ s'inscrit dans notre histoire, grâce à la femme qui l'enfante et lui donne de pouvoir souffrir et mourir, avant de nous emmener dans sa Vie.


[1] Philon, Ascension de Moïse 1, 75

[2] Cf. Richard Bauckham, La théologie de l'Apocalypse, Cerf, Paris 2006, p. 40-42

[3] Cf. Ibid., p. 73

[4] Ibid., p. 40

[5] Ibid., p. 44

[6] Cf. Ibid., p. 77-80

[7] Cf. Ibid., p. 77-80


Synthèse F. Breynaert

Par discrétion je ne communique que des prénoms et pas de nom
 
Je serai informé de la prise en charge de mon intention par email Mon prénom sera transmis à la personne qui priera pour mon intention