Le Christ Roi des rois (Ap 17, 14 et Ap 19, 16)

Le Christ Roi des rois (Ap 17, 14 et Ap 19, 16)

Dans le livre de l'Apocalypse, les mentions du Christ « roi » se situent juste avant et juste après la « chute de Babylone », autrement dit dans le combat d'intense combat spirituel qui précède la « fin ».

Mais n'oublions pas que le langage symbolique de l'Apocalypse est fait pour que nous puissions l'interpréter à trois niveaux :

1. La mort individuelle de chacun d'entre nous ;

2. La fin d'une génération avec ses tentations, son antéchrist, sa Babylone, ses fléaux... : c'est ainsi qu'à la fin de son discours sur les Fins dernières, Jésus déclara : « cette génération ne passera pas que tout soit accompli » (Mt 24, 34) et c'est aussi en ce sens que Vincent Ferrier (1350-1419) annonça la « fin du monde » pour sa génération...

3. La fin du monde, pour la dernière génération, avec un combat spirituel spécial, et une royauté spéciale du Christ qui dans l'Apocalypse est toujours « l'Agneau ».

Observations bibliques :

L'expression « Roi des rois » se trouve deux fois dans le livre de l'Apocalypse : Ap 17, 14 et Ap 19, 16 :

Avant « la chute de Babylone » :

« Et ces dix cornes-là, ce sont dix rois; ils n'ont pas encore reçu de royauté, ils recevront un pouvoir royal, pour une heure seulement, avec la Bête. Ils sont tous d'accord pour remettre à la Bête leur puissance et leur pouvoir. Ils mèneront campagne contre l'Agneau, et l'Agneau les vaincra, car il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, avec les siens: les appelés, les choisis, les fidèles. » (Apocalypse 17, 12-14)

Après « la chute de Babylone » :

« Le manteau qui l'enveloppe est trempé de sang; et son nom? Le Verbe de Dieu. [...] Un nom est inscrit sur son manteau et sur sa cuisse: Roi des rois et Seigneur des seigneurs. » (Apocalypse 19, 13. 16)

  • Le Christ « Roi des rois » est indissociablement « Agneau » (Ap 17, 13) et « Verbe de Dieu » (Ap 19, 13). Autrement dit, son épée c'est sa parole, et sa parole c'est son propre sang versé sur la croix.

  • Le Christ « Roi des rois » s'oppose au pouvoir royal usurpé par ceux qui servent la « Bête », c'est-à-dire le mal inspiré par Satan (Ap 17, 12). Sa venue est un temps de victoire et de jugement : « il vaincra » (Ap 17, 14) et « la Bête fut capturée, avec le faux prophète [...] on les jeta tous deux, vivants, dans l'étang de feu » (Ap 19, 20), advient alors la fin du monde.

  • La venue de Jésus Roi des rois (Ap 19, 16) est celle de celui qui est « fidèle et vrai » (Ap 19, 11), et dont le nom est « le Verbe » (Ap 19, 13) ; ceci suggère que Jésus Roi des rois enseignera ses fidèles. Cet enseignement ne sera pas nouveau dans son contenu puisque tout est accompli, mais il sera nouveau dans sa force, que l'on pourrait dire « en Esprit » : ayant pour but de préparer les fidèles à la fin du monde et à la vie éternelle, la vie en Dieu qui est Esprit.

Interprétation du magistère

Pie XI rappelle le message de l'Archange Gabriel à la Vierge Marie : elle engendrera un fils à qui le Seigneur Dieu donnera le trône de David ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin [Lc 1, 32-33].

« Dès lors, faut-il s'étonner qu'il soit appelé par saint Jean le Prince des rois de la terre [Ap 1, 5] ou que, apparaissant à l'Apôtre dans des visions prophétiques, il porte écrit sur son vêtement et sur sa cuisse: Roi des rois et Seigneur des seigneurs [Ap 19, 16]. Le Père a, en effet, constitué le Christ héritier de toutes choses [He 1, 1] ; il faut qu'il règne jusqu'à la fin des temps, quand il mettra tous ses ennemis sous les pieds de Dieu et du Père [1Co 15, 25]. » (Pie XI, Encyclique Quas primas N° 6)

Cependant nous ne devons jamais oublier que le Royaume de Jésus-Christ n'est pas de ce monde, et chaque fois que la foule voudra le faire roi, Jésus se dérobera. Puis, lorsque devant Pilate il affirmera sa Royauté, Jésus ajoutera immédiatement que son royaume n'est pas de ce monde. Et Pie XI précise, dans son encyclique :

« Ce royaume s'oppose uniquement au royaume de Satan et à la puissance des ténèbres; à ses adeptes il demande non seulement de détacher leur cœur des richesses et des biens terrestres, de pratiquer la douceur et d'avoir faim et soif de la justice, mais encore de se renoncer eux-mêmes et de porter leur croix. C'est pour l'Église que le Christ, comme Rédempteur, a versé le prix de son sang ; c'est pour expier nos péchés que, comme Prêtre, il s'est offert lui-même et s'offre perpétuellement comme victime : qui ne voit que sa charge royale doit revêtir le caractère spirituel et participer à la nature supraterrestre de cette double fonction ? » (Pie XI, Encyclique Quas primas N° 11)

Interprétations de quelques mystiques :

Plusieurs mystiques ou plusieurs révélations privées (dans des apparitions) ont parlé de ce temps du « Roi des rois ». Quelques constantes se dégagent :

Ce temps est distinct du Royaume éternel, c'est un règne limité et non pas illimité comme au ciel, c'est un règne « dans les cœurs », ou encore « un règne de l'Esprit »[1], c'est « le règne de Dieu » par une venue très particulière du « Saint et Véritable Esprit » (message des apparitions d'Amsterdam[2]), l'Esprit véritable par opposition à l'esprit de l'antéchrist. Cependant, sur la terre, il est toujours possible de rejeter la royauté du Christ, le temps du Christ roi des rois (Ap 17, 14 ; Ap 19, 16) est aussi le temps de l'antéchrist qui doit justement être jugé, alors les ennemis du Christ « s'adonneront aux pires sacrilèges » pendant que les « fidèles se cramponneront à ma croix et invoqueront mon nom qui sauve. Ma venue en Juge ne les terrifiera pas, mais au contraire sera leur joie. »[3]


[1] A l'aube d'une ère nouvelle, Centro editoriale valtortiano, p. 83 (Maria Valtorta, Quaderni p. 353-355 ; 16 septembre 1943)

[2] Les apparitions d'Amsterdam à Ida Peerdeman ont été reconnues en 2002. Message du 31 mai 1951 : « [Le Père et le Fils] veulent envoyer le Saint et Véritable Esprit. Lui seul peut apporter la paix [...] Et maintenant, je m'adresse aux hommes de ce monde et je dis : Hommes, c'est de vous que doit venir la force et la volonté de conduire le monde vers le SEUL ROI de ce monde, le Seigneur Jésus-Christ. »

Message du 31 mai 1955 : « Peuples, cette paix véritable, c'est le REGNE DE DIEU. Il est plus proche que jamais. Comprenez bien ces paroles. »

[3] A l'aube d'une ère nouvelle, Centro editoriale valtortiano, p. 84 (Maria Valtorta, Quaderni p. 353-355 ; 16 septembre 1943)

Synthèse Françoise Breynaert

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