La question mariale suscitée par Romains 5

La question mariale suscitée par Rm 5

Romains 5, 12-21 : Un langage qui est le fruit d'une expérience

L'expérience de la crucifixion de Jésus est tellement grave qu'elle a conduit saint Paul à penser que le péché est originel, que c'est une fracture "en Adam".

L'expérience du pardon du Christ et de sa rédemption est tellement puissante qu'elle a conduit saint Paul à penser que le Christ a restauré la création jusque "en Adam".

Le titre par lequel Jésus se désignait "Fils de l'homme", et l'expérience missionnaire amène saint Paul à parler du Christ comme nouvel Adam. Le Christ restaure l'humanité à la racine et de manière universelle. Le Christ rejoint tout homme, non seulement les fils d'Abraham, mais absolument tous les hommes. Comme tous les hommes sont les fils d'Adam (cf. livre de la Genèse), il faut donc dire que Jésus est le nouvel Adam.

Christ nouvel Adam... Et Eve ?

Or, dans le livre de la Genèse, Eve est associée à Adam. Le langage de saint Paul pose donc la question de savoir qui est la nouvelle Eve. Saint Paul ne répond pas ici. Mais la lettre aux Ephésiens montre que le Christ veut se présenter l'Eglise et immaculée (Eph 5, 27) ; ce caractère immaculé existe qui est l'Eglise comme personne ne l'est[1].

Mais les pères de l'Eglise répondront que Marie est la nouvelle Eve, notamment saint Irénée, proche de la tradition de l'évangéliste saint Jean qui allait en ce sens puisque dans cet évangile Jésus appelle Marie "femme".

Marie est donc la nouvelle Eve immaculée auprès du nouvel Adam.

Cependant, la ressemblance avec le couple de la Genèse n'est pas totale.

Comme le dit Jean Paul II[2], il y a une "différence substantielle" : le Christ est totalement saint en vertu de la grâce qui, dans son humanité, dérive de la personne divine; Marie est toute en vertu de la grâce reçue par les mérites du Sauveur.


[1] Card. J. Ratzinger La fille de Sion, édition Parole et Silence 2002, p.79

[2] Jean Paul II, audience générale du 29 mai 1996


Françoise Breynaert