La conception virginale : lecture œcuménique (ARCIC)

La conception virginale : lecture œcuménique (ARCIC)

Le 2 février 2004, la Commission internationale anglicane - catholique romaine (ARCIC) a présenté un document commun « Marie : grâce et espérance dans le Christ ».

Le paragraphe 18 évoque la conception virginale.

18. L'initiative divine dans l'histoire humaine est proclamée dans la bonne nouvelle de la conception virginale par l'action de l'Esprit Saint (Matthieu 1, 20-23 ; Luc 1, 34-35).

La conception virginale peut apparaître au premier abord comme une absence, c.-à-d. l'absence d'un père humain. Toutefois elle est, en réalité, un signe de la présence et de l'action de l'Esprit. La croyance dans la conception virginale est une tradition chrétienne ancienne adoptée et développée indépendamment par Matthieu et par Luc[1]. Pour les croyants chrétiens c'est un signe éloquent de la filiation divine du Christ et de la vie nouvelle par l'Esprit.

La conception virginale fait penser aussi à la nouvelle naissance de chaque chrétien comme fils adoptif de Dieu. Chacun est « né de nouveau (d'en haut) par l'eau et l'Esprit » (Jean 3, 3-5). Vue à cette lumière, la conception virginale, loin d'être un miracle isolé, est une expression puissante de ce que l'Église croit au sujet de son Seigneur et au sujet de notre salut.


[1] Étant donné son fort enracinement juif dans les versions de Matthieu comme de Luc, faire appel à des analogies avec la mythologie païenne ou à une exaltation de la virginité par-dessus l'état de mariage pour expliquer l'origine de la tradition n'est pas plausible. De même, l'idée de la conception virginale n'est pas davantage à dériver d'une lecture excessivement littérale du texte grec d'Isaïe 7, 14 (LXX), car ce n'est pas de cette manière qu'elle est introduite dans la relation de Luc. Par ailleurs, suggérer qu'elle a son origine dans une réponse à une accusation d'illégitimité portée contre Jésus est invraisemblable, car cette accusation a pu aussi apparaître parce que l'on savait qu'il y avait quelque chose d'inhabituel concernant la naissance de Jésus (cf. Marc 6, 3 ; Jn 8, 41) et à cause de l'affirmation de l'Église concernant sa conception virginale.


Commission internationale anglicane - catholique romaine (ARCIC),

« Marie : grâce et espérance dans le Christ », 2 février 2004, § 18

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