Le don total de soi-même à l’Amour de Jésus (L-M de Montfort et Thérèse de L)

Le don total de soi-même à l’Amour de Jésus (L-M de Montfort et Thérèse de L)

Nous pouvons partir d'une douloureuse constatation de Thérèse : même parmi ses disciples à lui, Jésus « trouve, hélas ! peu de cœurs qui se livrent à lui sans réserve, qui comprennent toute la tendresse de son amour infini » (Ms B 1 v°)

Au Carmel, Thérèse d'Avila, dans le « Château intérieur», a particulièrement souligné la nécessité du don de soi pour entrer dans la vie mystique et la contemplation, c'est même le tournant décisif entre les troisièmes et les quatrièmes demeures.

Toutefois, c'est l'école française qui a le mieux éclairé cette question du don de soi, au point d'en faire la clef de toute la vie spirituelle.

Chez Bérulle, il s'agit du désir brûlant d'être tout à Jésus, au point de se rendre totalement de son Amour et de pouvoir dire avec saint Paul :

« Ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).

Bérulle proposait cela dans des formules splendides, mais un peu difficiles, proposées aux carmélites.

Chez saint Louis-Marie de Montfort, on trouve trois formules d'offrande :

- la formule brève qu'il proposait à tous les baptisés dans ses missions, intitulée « Contrat d'Alliance avec Dieu»[1],

- la formule plus développée qui se trouve à la fin de l'Amour de la Sagesse éternelle « Consécration de soi-même à Jésus-Christ par les mains de Marie » (ASE 225),

- et les Oraisons à Jésus et à Marie, insérée dans le Secret de Marie, qui sont l'expression la plus développée et la plus parfaite de cette offrande, la prière étant adressée successivement à Jésus, à l'Esprit Saint, et enfin à Marie (SM 66-69).

Avec le jansénisme, au Carmel l'idée d'une offrande s'était déformé « en offrande comme victime à la justice divine », une Justice qui ne pense qu'à punir. Thérèse de Lisieux va "réinventer" cette offrande en retrouvant l'intuition de Bérulle, l'offrande est essentiellement un acte d'amour.

« Aimer, c'est tout donner, et se donner soi-même » (Poésie 54, 22).

A travers deux symboles profondément bibliques, Thérèse exprime le désir d'être totalement brûlée (holocauste), tandis que saint Louis-Marie de Montfort exprime le désir d'être possédé (esclavage d'amour).

Pour Thérèse de Lisieux, comme pour Louis-Marie de Montfort, il s'agit centralement d'une offrande à Jésus, mais dans toute la dimension trinitaire. Thérèse écrit par exemple :

« Ah ! Tu le sais, Divin Jésus je t'aime

L'Esprit d'Amour m'embrase de son feu

C'est en t'aimant que j'attire le Père. » (Poésie 17, 2)

Par Marie :

Thérèse de Lisieux fait passer son offrande par les mains de Marie, mais elle ne développe pas. Saint Louis-Marie de Montfort explicite admirablement le rôle de Marie pour nous donner totalement à Jésus.

« Ce même don total de soi-même à l'Amour de Jésus enseigné par Thérèse de Lisieux et saint Louis-Marie de Montfort anime tout le cheminement du baptisé vers la sainteté, depuis le départ, à travers toutes les étapes, jusqu'au sommet. On peut en résumer ainsi le contenu : Jésus je t'aime, je me donne à toi, je suis tout à toi, brûlé par le feu de ton amour, attaché à toi par le lien de ton amour. Marie aide à vivre cela dans la confiance, dans la pauvreté et dans la petitesse, et en particulier dans l'obscurité de la foi. »[2]


[1] St Louis Marie de Montfort, Oeuvres complètes, Seuil, Paris 1966, p. 823s

[2]F-M LETHEL, Théologie de l'amour de Jésus, Editions du Carmel 1996, p. 155-158

Synthèse F. Breynaert

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