La divine liturgie arménienne

La divine liturgie arménienne

La Mère de Dieu est invoquée à de nombreuses reprises au cours de la divine liturgie de rite arménien. Nous en faisons une présentation abrégée :

Vue d’ensemble

Le Missel arménien contient les textes liturgiques pour la célébration de l'Eucharistie. Il en existe de nombreuses éditions et un certain nombre de traductions en langues modernes. Le texte en usage est commun aux Arméniens orthodoxes et catholiques. Dans le cours des siècles il a subi des infiltrations latines. Une réforme est en cours pour rétablir la forme originelle du rite.

La messe arménienne possède un seul formulaire pour toute l’année, connu sous le nom de "Liturgie de notre bienheureux Père S. Grégoire l'illuminateur, revue et augmentée par les saints patriarches et docteurs Sahak, Mesrob, Kud et Giovanni Mandakuni". L'anaphore contenue est attribuée à Saint Athanase d'Alexandrie, mais dans les documents anciens connaissent jusqu’à dix anaphores. Comme les autres liturgies, la liturgie arménienne est constituée de trois parties :

La première partie est une préparation : celle du prêtre, en particulier dans la sacristie pour se revêtir ; celle du prêtre et du chœur où, après le Confiteor des ministres, le prêtre donne l'absolution aux fidèles.

La seconde partie est constituée par la messe des catéchumènes : elle commence avec la commémoration de la fête du jour, suivie par quatre oraisons et le chant du Trisagion dans la formule spéciale arménienne : « Saint Dieu, Saint fort, Saint immortel, toi qui as été crucifié pour nous, aie pitié de nous. » Le diacre chante la litanie, avec les prières pour la paix, pour la hiérarchie, tout de suite après a lieu après la lecture de l'épître et de l’évangile, puis le Credo, la prière à l'Esprit Saint pour les dons, la prière de la paix, après laquelle les catéchumènes sont invités à sortir.

La troisième partie est constituée par la messe des fidèles qui commence avec le transport solennel des oblats sur l'autel et la prière de l'offertoire. Suivent l'anaphore ou prière eucharistique solennelle, qui comporte : préface, Sanctus, paroles de l'institution, épiclèse, commémorations. Suivent le notre Père, l'élévation des espèces sacrées, la fraction et la communion. La messe se termine avec la lecture du début de l'évangile de S. Jean, comme dans la messe latine avant la récente réforme liturgique, et avec la bénédiction finale des fidèles.

Le texte du Missel contient peu de mentions de la Vierge, mais essentielles, soit dans l'ordinaire de la Messe, soit dans les anaphores. Nous donnons seulement ici les principales.

Préparation

Tandis que le célébrant s’habille à la sacristie, le chœur chante un hymne :

« O mystères profond, incompréhensible et sans commencement, Vous qui avez orné vos Dominations d’en haut, les chœurs des Anges, d’une gloire incomparable de la lumière inaccessible. Par une puissance prodigieusement ineffable, Vous avez créé Adam, image du Seigneur, et l’avez revêtu d’une gloire merveilleuse au jardin d’Eden, lieu de délices. Roi céleste, gardez inébranlable votre Eglise ; et gardez en paix les adorateurs de votre Nom. »

LE CELEBRANT :

« En considération de la Mère de Dieu, recevez Seigneur, nos prières et sauvez-nous. »

LE DIACRE :

« Faisons de la Mère de Dieu et tous les Saints nos intercesseurs auprès du Père, afin qu’il daigne avoir pitié, et que, dans sa miséricorde, Il sauve ses créatures. Seigneur tout-puissant, notre Dieu, sauvez-nous et ayez pitié. »

LE CELEBRANT :

« Recevez, Seigneur, nos prières par l’intercession de la Mère de Dieu, Mère Immaculée de votre Fils Unique, et par les prières de tous vos saints. Ecoutez, Seigneur, et ayez pitié, pardonnez, soyez propice et remettez nos péchés. Rendez-nous dignes de vous glorifier en action de grâces, avec le Fils et avec le Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen. »

Liturgie des catéchumènes

[L’un des clercs chante l’introït du jour].

POUR LES DIMANCHES :

« O Fils Unique, Dieu Verbe, et essence immortelle, qui avez accepté de Vous incarné de la Mère de Dieu et toujours Vierge ; Vous l’immuable, devenu homme, Vous avez été crucifié, Christ Dieu ; par la mort Vous avez foulé la mort, Vous, l’Un de la Trinité, glorifié avec le Père et le Saint Esprit : Sauvez-nous. »

POUR NOËL :

« O Mère de Dieu sans épousailles, vous avez reçu le Verbe sans commencement et avez enfanté le Dieu incompréhensible ; vous avez porté dans vos bras l’Incirconscrit : intercédez sans cesse pour nos âmes auprès de Lui. »

POUR PAQUES :

« Le Christ est ressuscité des morts ; par la mort, il a foulé la mort et, par la Résurrection, Il nous a donné la vie. A lui, gloire à jamais ! Amen. » [suivent d’autres oraisons et le sanctus ; puis les lectures]

Liturgie des fidèles

[La liturgie des fidèles comporte une introduction, une prière de consécration, une prière d’épiclèse et la communion. L’épiclèse invoque le Christ et l’Esprit de Dieu, et adore la Résurrection. Après l’épiclèse, le célébrant fait mémoire de la Vierge Marie :]

LE CELEBRANT :

« Qu’il soit fait mémoire, dans ce saint sacrifice, de la Vierge Marie, Mère de Dieu, de saint Jean –Baptiste, de saint Etienne le protomartyr, de notre père saint Grégoire l’Illuminateur et de tous les Saints, nous Vous en prions. »

L’épiclèse intercède pour toute l’Eglise et pour de nombreuses intentions, et à la prière de l’Eglise le DIACRE associe l’intercession de la Très Vierge Marie et de tous les saints :

« Prions le Seigneur en faisant mémoire de la Très Vierge Marie et de tous les saints. »


K.A. SARAFIAN, The armenian apostolic church, California 1959.


Synthèse Françoise Breynaert