L'eucharistie comme invocation de l'Esprit (COE)

L'eucharistie comme invocation de l'Esprit (COE)

14. L'Esprit Saint fait que le Christ crucifié et ressuscité soit réellement présent pour nous dans le repas eucharistique, en accomplissant la promesse contenue dans les paroles de l'institution.

Il est évident que l'eucharistie est centrée sur la présence du Christ et donc que la promesse contenue dans les paroles de l'institution est fondamentale pour la célébration.

Cependant, le Père est l'origine première et l'accomplissement final de l'événement eucharistique. Le Fils de Dieu fait homme, par qui, avec qui et en qui il s'accomplit, en est le centre vivant. Le Saint-Esprit est l'incommensurable force d'amour qui l'opère et qui continue de le rendre efficace.

Ce lien de la célébration eucharistique avec le mystère de Dieu-Trinité situe le rôle de l'Esprit Saint comme celui qui actualise et vivifie les paroles historiques du Christ.

Dans la certitude d'être exaucée en raison de la promesse de Jésus dans les paroles de l'institution, l'Église demande au Père l'Esprit Saint pour qu'il accomplisse l'événement eucharistique : la présence réelle du Christ crucifié et ressuscité donnant sa vie pour toute l'humanité.

Commentaire :

Il ne s'agit pas d'une spiritualisation de la présence eucharistique du Christ, mais de l'affirmation d'une union indissoluble entre le Fils et l'Esprit.

Cette union manifeste que l'eucharistie n'est pas un acte magique et automatique, mais qu'elle est une prière qui s'adresse au Père, soulignant la totale dépendance de l'Église à son égard.

Les paroles de l'institution, promesse du Christ, et l'épiclèse, invocation de l'Esprit, sont donc en étroite relation dans la liturgie. L'épiclèse est située différemment par rapport aux paroles de l'institution dans les diverses traditions liturgiques. Dans les liturgies primitives, toute la « prière eucharistique » était conçue comme apportant la réalité promise par le Christ. L'invocation de l'Esprit était faite à la fois sur la communauté et sur les éléments du pain et du vin. En retrouvant cette conception, nous pourrions surmonter nos difficultés concernant un moment particulier de la consécration.

15. C'est en vertu de la parole vivante du Christ et par la puissance du Saint-Esprit que le pain et le vin deviennent les signes sacramentels du corps et du sang du Christ. Ils le demeurent en vue de la communion.

Commentaire :

Dans l'histoire de l'Église, il y a eu diverses tentatives pour comprendre le mystère de la présence réelle unique du Christ dans l'eucharistie. Certains se limitent à l'affirmation pure et simple de cette présence sans vouloir l'expliquer. D'autres considèrent comme nécessaire l'affirmation d'un changement accompli par l'Esprit Saint et les paroles du Christ, qui fait qu'il n'y a plus un pain et un vin ordinaires mais le corps et le sang du Christ. D'autres enfin ont élaboré une explication de la présence réelle, qui ne prétend pas épuiser la signification du mystère, mais veut la protéger contre les interprétations nuisibles.

16. Toute la célébration de l'eucharistie a un caractère « épiclétique », c'est-à-dire qu'elle est dépendante de l'action du Saint-Esprit. Cet aspect de l'eucharistie trouve une expression variée dans les paroles de la liturgie.

17. L'Église, comme communauté de la nouvelle alliance, invoque l'Esprit avec confiance, afin d'être sanctifiée et renouvelée, conduite en toute justice, vérité et unité, et fortifiée pour remplir sa mission dans le monde.

18. Le Saint-Esprit, par l'eucharistie, donne un avant-goût du Royaume de Dieu : l'Église reçoit la vie de la nouvelle création et l'assurance du retour du Seigneur.

Conseil oecuménique des Églises (C.O.E.)

Baptême, eucharistie, ministère (Document de Foi et constitution n° 111)

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