Le péché contre l'Esprit Saint

Le péché contre l'Esprit Saint

« Quelqu'un voit-il son frère commettre un péché ne conduisant pas à la mort, qu'il prie et Dieu donnera la vie à ce frère. Il ne s'agit pas de ceux qui commettent le péché conduisant à la mort; car il y a un péché qui conduit à la mort, pour ce péché-là, je ne dis pas qu'il faut prier. » (1Jn 5, 16)

Jésus dit : « "En vérité, je vous le dis, tout sera remis aux enfants des hommes, les péchés et les blasphèmes tant qu'il en auront proféré; mais quiconque aura blasphémé contre l'Esprit Saint n'aura jamais de rémission: il est coupable d'une faute éternelle." » (Marc 3, 28-29 // Mt 12, 31-32; Lc 12, 10)

Jean-Paul II commente :

« Le "blasphème" consiste à refuser de recevoir le salut que Dieu offre à l'homme par l'Esprit Saint agissant en vertu du sacrifice de la Croix.

Si l'homme refuse la "manifestation du péché", qui vient de l'Esprit Saint et qui a un caractère salvifique, il refuse en même temps la "venue" du Paraclet, cette "venue" qui s'est effectuée dans le mystère de Pâques, en union avec la puissance rédemptrice du Sang du Christ, le Sang qui "purifie la conscience des oeuvres mortes". [...]

Le blasphème contre l'Esprit Saint est le péché commis par l'homme qui présume et revendique le "droit" de persévérer dans le mal - dans le péché quel qu'il soit - et refuse par là même la Rédemption. »[1]

Reprenons par des exemples ce qui dit Jean-Paul II du péché contre l'Esprit Saint.

Le livre des Actes (Ac 5, 1-4) montre l'exemple d'Ananie et Saphire qui, pourtant libres de leurs dons, détournent l'argent et "mentent à l'Esprit Saint" ; ils en meurent (leur péché était un péché mortel pour la communauté naissante et le Seigneur a protégé la naissance de l'Eglise).

Prenons l'exemple du juge de Jeanne d'Arc, monseigneur Cauchon : les preuves avaient été données que Jeanne n'était ni sorcière ni travestie, mais ce juge a faussé le dossier volontairement car il voulait se faire bien voir des anglais pour devenir archevêque, ce qu'il deviendra effectivement. Il a donc péché et refusé la manifestation de son péché et de la vérité. Reste à savoir ce qu'il fera le jour de sa mort devant le Christ glorieux, mais il est fort à craindre que son inclination le pousse à continuer de dire j'ai raison en niant Dieu.

Quelque chose de cet ordre là c'est aussi joué pendant le procès de Jésus[2].

Jean-Paul II parle ensuite de l'homme « qui présume », le présomptueux imbu de lui-même pense que le Paradis lui est dû, mais il n'est pas prêt à se convertir à l'amour humble, il revendique le droit de rester comme il est... (je suis quelqu'un de bien !)

Le blasphème contre l'Esprit Saint, dit Jean-Paul II, c'est « refuser de recevoir le salut ». Vous direz : comment est-ce possible ? Tout homme désire le bonheur ! En réalité, c'est tout-à-fait possible si l'homme s'entête orgueilleusement en se disant « ta faute est trop grave, refuse d'être pardonné, assume tout seul ».

Jean-Paul II parle de l'homme qui « persévère »... Imaginons la mort d'Hitler, il voit au paradis tous ceux qu'il a tués et qui lui offrent leur pardon, mais il pourrait préférer rester Führer plutôt que de perdre sa première place, il pourrait ne pas vouloir vivre "avec ces gens là", dans le service de son prochain, dans l'humilité et l'amour qui caractérise le Royaume des cieux... (nous ne savons pas, c'est un exemple pour comprendre).

N.B. Il va de soi que Dieu est juste. Il n'y a pas de péché contre l'Esprit Saint si un homme est affolé ou déprimé car alors il n'a pas pleinement son jugement.

Il n'y a pas non plus de péché contre l'Esprit Saint tant qu'un homme ignore qui est Dieu.

Mais prenons garde à nos inclinations...

Jean-Paul II continue :

« Ceux qui se convertissent sont conduits par l'Esprit Saint hors du cercle du jugement et introduits dans la justice qui se trouve dans le Christ Jésus. »[3]

La gravité du matérialisme athée.

Jean-Paul II montre que le matérialisme athée conduit au péché contre l'Esprit Saint parce qu'il « exclut la présence et l'action de Dieu». Il est très répandu à notre époque et s'accompagne de « signes et les signaux de mort. » [4]

Marie :

« Dans les paroles qui saluent "celle qui a cru" (Lc 1, 45), il semble que l'on puisse voir un contraste lointain (mais en réalité très proche) avec tous ceux dont le Christ dira qu'"ils n'ont pas cru" (cf. Jn 16, 9).

Marie est entrée dans l'histoire du salut du monde par l'obéissance de la foi. Et la foi, dans sa nature la plus profonde, est l'ouverture du cœur humain devant le Don, devant la communication que Dieu fait de lui-même dans l'Esprit Saint[5].

Ainsi, Marie nous aide à éviter le péché contre l'Esprit Saint : elle nous conduit à l'ouverture du cœur, à la foi, à l'accueil de l'Esprit Saint.


[1] Jean Paul II, Encyclique Dominum vivificantem, § 46

[2] Joseph Ratzinger, Benoît XVI, Jésus de Nazareth. De l'entrée à Jérusalem à la Résurrection. Parole et Silence, Paris 2011, p. 213-216.

[3] Jean Paul II, Encyclique Dominum vivificantem, § 48

[4] Jean Paul II, Encyclique Dominum vivificantem, § 56-57

[5] Jean Paul II, Encyclique Dominum vivificantem, § 51


Synthèse Françoise Breynaert