Le témoignage de la conscience (Newman)

Le témoignage de la conscience (Newman)

[Le témoignage de la conscience ne permet pas de prouver la valeur des lumières qui nous guident, mais il peut indiquer une intention droite. Et sans cette intention droite, personne ne peut être justifié. J-H Newman (1801-1890) a vécu ce qu'il dit dans ce sermon : il a suivi sa conscience, il a accepté de grands changements dans sa vie pour suivre sa conscience. Voici quelques extraits de ce sermon] :

[Le plus grand des apôtres] dit : "Frères, c'est tout à fait en bonne conscience que je me suis conduit devant Dieu jusqu'à ce jour." (Ac 23, 1) et dans la seconde épître à Timothée, il dit "avoir servi Dieu comme ses ancêtres, avec une conscience pure." (2Tm 1, 2-3).

Voulons-nous changer ?

Nous sommes ce que nous sommes : d'une nature très pécheresse et corrompue, nous le savons ; pourtant, nous en sommes satisfaits, et pour bien des raisons nous n'aimons pas changer [...]. Nous n'avons pas envie d'être refait à neuf ; nous le redoutons ; car c'est nous arracher à nos façons naturelles, à ce qui nous est familier. Il nous semble que nous ne serons plus nous-mêmes si nous ne conservons pas quelque trait de notre ancienne nature ; et malgré nos grandes déclarations sur notre désir de changement, lorsque la question se pose vraiment et que nous sont proposés des changements précis, nous nous dérobons, satisfaits de rester inchangés. C'est cet amour propre, pour ainsi dire, cet empire du moi sur le moi, qui cause notre ruine. [...]

Au contraire, la foi véritable amène l'individu à se détourner de lui-même pour se tourner vers Dieu, à renoncer à ses désirs, à ses habitudes du moment, à son importance ou à son rang, à ses droits, à ses opinions, pour dire une seule chose : « Je me remets entre tes mains, Seigneur ; fais de moi ce que tu veux ; je ne pense plus à moi, je me sépare de moi-même, je meurs à moi-même, je ne veux que te suivre. »

Samuel (1S 3, 9), Isaïe (Is 6, 8) et saint Paul (Ac 9, 6), trois saints dans des circonstances fort différentes, illustrent également cette attitude.

L' intention droite.

Si quelqu'un se confesse sans désir de s'amender, ce n'est pas une vraie confession ; mais celui qui vient à Dieu pour lui dire dans la douleur tout ce qu'il trouve de mal en lui-même montre dans cet acte son désir de faire ce qui est bien et saint. [...]

Et ainsi, il se montre entièrement innocent : car sa vie ne montre qu'honnêteté dans l'effort ou dans la confession, méticuleuse attention au bien et douleur devant son absence, simplicité et sincérité, flanquée ici de repentir et là d'obéissance.

Tel est le pouvoir accordé dans l'Evangile à qui a l'intention droite.

[Ceux qui ont l'intention droite] auront cette vague conscience de leur sincérité qui, en accord ou non avec leur raison, leur murmurera des paroles de paix. [...]

Ils diront, toujours selon la parole de saint Paul : "Encore que ma conscience ne me reproche rien, je ne suis pas justifié pour cela, mais c'est le Seigneur qui est mon juge." (1Co 4, 4).


J-H Newman, Sermon 17, daté du 9 décembre 1838.

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