Tu sais que je t’aime, l’amoureuse audace (Ste Thérèse de Lisieux)

Tu sais que je t’aime, l’amoureuse audace (Ste Thérèse de Lisieux)

A la question "M'aimes-tu ?", trois fois répétée par Jésus, Pierre répond trois fois "Tu sais que je t'aime" (Jn 21, 15-20). Thérèse avait recopié littéralement cette réponse de Pierre au bas d'une image représentant Marie-Madeleine embrassant les pieds de Jésus en Croix, en y ajoutant immédiatement la prière du publicain : "Prends pitié de moi pécheur" (Lc 18, 13).

Ces deux passages de l'Evangile, Thérèse les mets en relation avec deux paroles de Jésus qu'elle recopie en haut de la même image : la parole de Jésus en croix "J'ai soif" (Jn 19, 28), immédiatement suivie de sa demande à la Samaritaine : "Donne-moi à boire" (Jn 4, 7). Sur les côtés de cette image, elle a encore recopié des passages du dialogue entre Jésus et la Samaritaine : la promesse de l'eau vive faite par Jésus, et la demande de cette eau par la Samaritaine.

Ainsi, avec cette image si importante pour sa vie, puisqu'elle l'avait provoquée à prier pour les grands pécheurs, et spécialement pour le criminel Pranzini, son 'premier enfant', Thérèse nous donne, avec des paroles de l'Evangile, une des plus belles synthèse de sa spiritualité de confiance et d'amour.

Ce qui répond à la soif de Jésus, c'est la réponse de Pierre ; "tu sais bien que je t'aime" que Thérèse associe à la prière du publicain "Prends pitié de moi pécheur". [...]

Pour Thérèse, telle est l'amoureuse audace du disciple de Jésus qui se reconnaît humblement pécheur, qu'il s'agisse de Pierre ou de Marie-Madeleine.

La carmélite a merveilleusement compris que l'amour n'est pas seulement au terme du processus de conversion, mais qu'il est d'abord au début, à la racine.

En aimant Jésus "beaucoup", et "plus", Madeleine et Pierre se convertissent.


F-M LETHEL, Théologie de l'amour de Jésus, Editions du Carmel 1996, p. 155

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