Notre Dame de Kazan : une histoire russe, un signe d'unité

Notre Dame de Kazan : une histoire russe, un signe d'unité

Une video en anglais ou en arabe raconte l'extraordinaire histoire de l'icône de la Vierge de Kazan (cliquez pour y accéder).

Kazan (littéralement « chaudron ») est une ville de Russie et la capitale de la république du Tatarstan. Elle est située au confluent de la Volga et de la Kazanka, 720 km à l'est de Moscou.

Sa population s'élève à 1 116 000 habitants en 2007. Kazan est un centre universitaire et industriel ainsi qu'un important nœud de communications.

C'est également le centre religieux musulman de Russie.

Origine

Selon les experts, l’icône de la Vierge à l’enfant remonte au XIII° siècle. Elle est du type « hodigitria », celle qui montre Jésus, le chemin. Elle aurait été peinte à Constantinople et placée dans un monastère de Kazan d’où elle disparaît en 1209, pendant l’invasion des Tartares. Quand Ivan le terrible fait la reconquête de cette région, toute la ville de Kazan est incendiée (1552).

C’est alors que la Vierge de Kazan apparaît trois fois à une enfant de 10 ans pour l’inviter à rechercher sous les cendres son icône, cachée par des fidèles pendant l’invasion des Tartares.

Personne ne crut l’enfant, qui se mit à chercher dans les cendres, seule avec sa maman. Elle retrouva l’icône, enveloppée de chiffons. L’icône était intacte. Elle rayonnait.

C’était le 8 juillet 1579.

L’archevêque fut averti et organisa une procession solennelle jusqu’à l’église saint Nicolas.

En chemin, deux aveugles, Joseph et Nikita, retrouvèrent la vue.

Plus tard, on construisit une somptueuse église cathédrale. (1)

Un rayonnement national

L'icône miraculeusement retrouvée à Kazan en 1579 ne cessa de prendre de l’importance.

En 1612, lorsque Moscou fut assiégée, les soldats prirent avec eux l’icône acclamée comme «Libératrice de la Russie», et ils libérèrent la ville, le 27 novembre. L’icône fut alors placée dans l’église Notre Dame de Kazan à Moscou, place rouge.

En 1709, Pierre le Grand invoqua aussi la Vierge de Kazan dans sa bataille contre Charles XII de Suède.

En 1812, c’est encore à la Vierge de Kazan que fut attribuée la victoire contre les armées de Napoléon dont la déroute commença le 12 octobre 1812, l’une des fêtes annuelles de l’icône.

Par la suite, une belle copie de cette icône fut amenée à Saint-Petersbourg où une cathédrale, construite de 1801 à 1811, lui fut dédiée.

A l’époque communiste

En 1917, lorsque les communistes prirent le pouvoir, ils concentrèrent leur attention sur l'icône de Kazan, considérée comme l'expression de "l'âme du peuple russe".

La grande cathédrale de Notre-Dame de Kazan de Petrograd, devenue Leningrad, fut transformée en musée athée. Cela devint le centre officiel de l'athéisme militant dans le monde...

La basilique de Notre-Dame de Kazan sur la Place Rouge fut détruite.

Les Rouges voulaient prouver que Dieu n'existe pas en détruisant l'église de la Libératrice et Protectrice de la Mère Russie.

Le retour de l’icône à son lieu d’origine

Sous le régime communiste, d’une manière très étonnante, l’icône Notre-Dame de Kazan fut retrouvée sur un marché en Pologne et traversa l’Angleterre et séjourna à Fatima.

Elle fut rendue par la volonté du pape Jean Paul II au peuple russe, en 2004, le jour de l’Assomption dans le calendrier julien des chrétiens d’Orient.

L’icône a ensuite été remise, après de longues pérégrinations, dans son lieu d’origine, jeudi 21 juillet 2005, à Kazan, dans la cathédrale de l’Annonciation. (2)


(1) Attilio GALLI, Madre della Chiesa dei Cinque continenti, Ed. Segno, Udine, 1997, p 291-292

(2) www.orthodoxie.com/2005/07/licne_notredame.html


Synthèse F. Breynaert

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