Sainte Hildegarde de Bingen

Quelques repères :

Hildegarde de Bingen a vécu en Allemagne au XIIe siècle. Elle naquit en 1098 en Rhénanie, probablement à Bermersheim, près d'Alzey, et mourut en 1179, à l'âge de 81 ans.

A partir de l'âge de huit ans, elle a reçu une éducation religieuse au monastère bénédictin de Saint-Disibod. Elle reçut le voile en 1136. Elle passa le reste de sa vie à Bingen où elle exerça l'autorité d'une manière joyeuse et charitable.

Elle soumit ses visions à saint Bernard de Clairvaux, et, en 1147, le Pape Eugène III autorisa la mystique à écrire ses visions et à parler en public. [1]

Les visions mystiques d'Hildegarde ressemblent à celles des prophètes de l'Ancien Testament: s'exprimant à travers les expressions culturelles et religieuses de son époque, elle interprétait à la lumière de Dieu les Saintes Ecritures, les appliquant aux diverses circonstances de la vie. Ainsi, tous ceux qui l'écoutaient se sentaient exhortés à pratiquer un style d'existence chrétienne cohérent et engagé.

Par exemple, dans son œuvre la plus célèbre, intitulée Scivias, c'est-à-dire «Connais les voies», elle résume en trente-cinq visions les événements de l'histoire du salut, de la création du monde à la fin des temps.

Avec les traits caractéristiques de la sensibilité féminine, Hildegarde, précisément dans la partie centrale de son œuvre, développe le thème du mariage mystique entre Dieu et l'humanité réalisé dans l'Incarnation.

Sur l'arbre de la Croix s'accomplissent les noces du Fils de Dieu avec l'Eglise, son épouse, emplie de grâce et rendue capable de donner à Dieu de nouveaux fils, dans l'amour de l'Esprit Saint (cf. Visio tertia: PL 197, 453c). 

Dans le Liber vitae meritorum (Livre des mérites de la vie) est décrite une unique et vigoureuse vision de Dieu qui vivifie l'univers par sa force et sa lumière. Hildegarde souligne la profonde relation entre l'homme et Dieu et nous rappelle que toute la création, dont l'homme est le sommet, reçoit la vie de la Trinité.

Cet écrit est centré sur la relation entre les vertus et les vices, qui fait que l'être humain doit affronter chaque jour le défi des vices, qui l'éloignent dans son cheminement vers Dieu et les vertus, qui le favorisent.

L'invitation est de s'éloigner du mal pour glorifier Dieu et pour entrer, après une existence vertueuse, dans la vie « toute de joie ».

Dans le Liber divinorum operum (Livre des œuvres divines), appelé aussi De operatione Dei, considérée par beaucoup comme son chef-d'œuvre, elle décrit encore la création dans son rapport avec Dieu et la place centrale de l'homme, en manifestant un fort christo-centrisme aux accents bibliques et patristiques.

Dans d'autres écrits, enfin, Hildegarde manifeste la versatilité des intérêts et la vivacité culturelle des monastères féminins du Moyen âge, à contre-courant des préjugés qui pèsent encore sur l'époque.

Hildegarde s'occupa de médecine et de sciences naturelles, ainsi que de musique, étant doté de talent artistique.

Elle composa aussi des hymnes, des antiennes et des chants, réunis sous le titre de Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum (Symphonie de l'harmonie des révélations célestes), qui étaient joyeusement interprétés dans ses monastères, diffusant un climat de sérénité, et qui sont également parvenus jusqu'à nous. Pour elle, la création tout entière est une symphonie de l'Esprit Saint, qui est en soi joie et jubilation.

Avec l'autorité spirituelle dont elle était dotée, au cours des dernières années de sa vie, Hildegarde se mit en voyage, malgré son âge avancé et les conditions difficiles des déplacements, pour parler de Dieu aux populations. Tous l'écoutaient volontiers, même lorsqu'elle prenait un ton sévère: ils la considéraient comme une messagère envoyée par Dieu. »[2]

 

 


 

 

[1] Cf. Benoît XVI, audience du 1° septembre 2010.

 

 

[2] Extraits de Benoît XVI, audience du 8 septembre 2010.

 

 

Consulter aussi : http://www.universitesaintehildegarde.org

 

 

F. Breynaert