Marie, jardin clos (Ct 4,12) et cité Sion (Ps 86,5)

Marie, jardin clos (Ct 4,12) et cité Sion (Ps 86,5)

« En descendant dans ton sein et en assumant ta chair, pour naître comme vrai homme, moi qui étais Dieu, je suis venu dans mon jardin... En descendant, je dis dans ton sein je suis devenu homme, je suis venu dans mon jardin.

Qu'y a-t-il qui ne soit pas à moi ? En vérité, Moi, je suis le Verbe, par lequel toutes choses sont faites et sans moi rien n'est fait (cf. Jn 1,1-3). Par moi a été planté ce jardin dont l'Ecriture dit "Le Seigneur Dieu été planté un jardin de délices aux commencements" (Gn 2,8 vulgate).

Et tu es l'autre jardin, "le jardin fermé" (Ct 4,12).

Certes le premier homme ne pouvait pas dire "Je suis venu dans mon jardin." Ce premier homme je veux dire, duquel il est écrit "Le Seigneur Dieu prit l'homme et le mis dans le jardin des délices pour qu'il cultive et le garde" (Gn 2,15). Ce ne fut pas lui qui créa et planta le jardin, ni lui qui fut créé dans le jardin. Moi, au contraire, j'ai fait le jardin et dans le jardin je suis né.

Autrement dit, j'ai fondé la cité et dans la cité je suis né, comme l'Ecriture dit : "Un homme est né en elle, et le Très haut l'a fondé" (Ps 86,5). »

(Rupert de Deutz, †1130)

Rupert de Deutz associe l'image de la cité-Sion (Ps 86,5) à celle du jardin planté dans le Christ et où le Christ vient (Gn 2,8 ; Ct 4,12).

Et cette cité-jardin, c'est Marie.

- Dieu a fait Marie, Il a planté ce jardin qu'est Marie, Il a fondé la cité qu'est Marie, c'est une allusion à son immaculée conception.

- Marie est un jardin fermé, c'est une allusion à sa virginité.

- Le Christ vient en son jardin, c'est à dire dans le sein de Marie, c'est une allusion à l'Incarnation.


Marie est située:

- dans le dessein de Dieu créateur à travers la symbolique du jardin de la Genèse,

- et dans le plan de l'histoire du salut par la symbolique de la cité Sion. Et l'image de la cité Sion ouvre une perspective universelle car toutes les nations y viendront.

N.B. Une fresque illustre merveilleusement notre propos. Cliquez sur l'image pour en avoir des explications.


Françoise Breynaert