Influence de Berthe Petit

Influence de Berthe Petit (1870-1943)

Apôtre de la consécration au Cœur douloureux et immaculé de Marie, Berthe Petit (1870-1943) a exercé une influence discrète mais réelle.

En demandant que le titre de douloureux soit placé avant celui d'immaculé, Jésus marquait combien il est sensible à la liberté avec laquelle, à l'exemple de sa Mère, chacun d'entre nous est capable de répondre à son amour.

La Belgique et la Grande-Bretagne répondirent à son appel, comme aussi quelques évêques français.

Son directeur spirituel n'était rien moins que le cardinal Mercier, l'une des figures marquantes de l'époque. On s'explique ainsi pourquoi, le 7 mars 1916, en pleine guerre mondiale, le célèbre archevêque de Malines s'adressait à ses diocésains en ces termes :

« Nous nous consacrerons le vendredi saint au Cœur Douloureux et Immaculé de Marie. Nous nous plaisons à honorer la Conception Immaculée de la Vierge et nous faisons bien ; à côté de ce privilège gratuitement accordé par Dieu (...), n'oublions pas le titre que Marie s'est acquis par ses douleurs à notre reconnaissance.

Transpercé du glaive du martyre intérieur, le Cœur de Marie associa volontairement, pour la rédemption de nos âmes, sa compassion à l'Immolation de la Divine Victime du Calvaire. »

C'est probablement d'ailleurs sous l'influence du cardinal, qu'un an auparavant Benoît XV s'exprimait déjà ainsi (en 1915) :

« Adressons-nous avec confiance au Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, la très douce Mère de Jésus, afin que par son intercession puissante, elle obtienne de son Fils la prompte fin de la guerre et le retour de la paix. »

Légèrement postérieurs (1917) mais indépendants de l'expérience de Berthe Petit, les évènements de Fatima vont lier la dévotion populaire envers le Cœur de la Vierge à la réparation des péchés. Moins connue que l'apparition du mois suivant - célèbre en raison de la délivrance des trois fameux secrets - celle du 13 juin 1917 comporte une vision du Cœur douloureux de Marie. Comme l'a noté sobrement sœur Lucie dans ses Mémoires :

« Devant la paume de la main droite de la Vierge se trouvait un cœur entouré d'épines qui semblaient y être enfoncées. Nous avons compris que c'était le Cœur Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l'humanité, qui demandait réparation. »

On saisit immédiatement en quoi le message belge et le message portugais se complétaient. A Berthe, il était rappelé pourquoi le Cœur douloureux de Marie a droit à notre reconnaissance, tandis que l'attention des petits bergers était attirée sur la source même de cette douleur : c'est l'extrême pureté du Cœur de Marie qui fait que, plus qu'aucune autre créature, elle a souffert de notre péché.

La jeune Lucie a vu seulement le symbole de ce cœur douloureux, mais elle nous dit que la signification n'en a pas échappé à leurs cœurs enfantins : c'est parce que ce cœur était immaculé qu'il était douloureux.


Extraits de : Edouard Glotin, La Bible du Cœur de Jésus, Presses de la Renaissance, 2006, Chap. XI - Cœur de Jésus et mystère du Salut, p. 594-596


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