Bx Bartolo Longo (1841-1926), spirite converti

Le Bienheureux Bartolo Longo naquit le 11 février 1841 dans le sud de l'Italie.

Son père était un médecin fortuné. Sa mère avait une profonde dévotion mariale.

Élève brillant et chahuteur, il désirait devenir avocat et entama dès 16 ans des études de droit.

A cette époque, le corps professoral de l'université de Naples était anticlérical et positiviste. Sous cette influence, Bartolo Longo s'éloigna des sacrements et de la prière mais la question de la divinité du Christ ne cessait pas de le tourmenter.

Un confident l'invita alors à une séance de spiritisme. Le 29 mai 1864, lors d'une séance, Bartolo interrogea "l'esprit":

« Jésus-Christ est-il Dieu? »

« Oui », répondit le médium.

« Les préceptes du Décalogue sont-ils vrais? »

« Oui, sauf le sixième » (Tu ne commettras pas d'adultère).

« Laquelle des deux religions est la vraie: la catholique ou la protestante? »

« Toutes deux sont fausses », répondit le médium.

Bartolo devint un fervent adepte du spiritisme. Il écrira:

« L'esprit mauvais qui m'assistait, voulait s'emparer de mon âme formée à la piété depuis mes premières années et me demander l'adoration et l'obéissance aveugle. Il se faisait passer pour l'archange Michel, m'imposant la récitation des psaumes et des jeûnes rigoureux. Il réclamait que son nom, comme signe de puissance et de protection, fût écrit en tête de tous mes papiers et que je le portasse sur mon cœur, inscrit en chiffres rouges dans un triangle de parchemin».

Physiquement épuisé par ses pratiques spirites, Bartolo Longo avait l'esprit de plus en plus égaré.

C'est alors qu'il rencontra un ami d'enfance fort pieux et qu'il respectait. Mis au courant, celui-ci lui conseilla de se repentir et de se confesser. 

« Tu veux donc mourir dans une maison de fous et, de plus, être damné? »

Il l'incita à rencontrer un saint prêtre, le Père Radente

La nuit qui suivit ces recommandations, Bartolo vit, en songe, sa mère passer près de son lit en lui recommandant tendrement de revenir au Christ. Le lendemain, Bartolo très ému entra dans une église dédiée au très Saint Rosaire pour y rencontrer le Père Radente. Celui-ci sut trouver les mots. La confession fut sincère et profonde.

Par la suite, Bartolo affirmera à ceux qui ne croient pas à l'action du démon dans le spiritisme: «Je l'ai expérimenté, et c'est par un miracle de la Très Vierge que j'en ai été délivré».

Une nouvelle vie, au service de la Vierge, commence pour lui. Il se met à réciter chaque jour le Rosaire, prière à laquelle il sera fidèle jusqu'à la fin de sa vie. Bartolo entre dans le Tiers-Ordre dominicain [Tiers-ordre : Bartolo n'est pas religieux, il reste laïc], sous le nom de "fratel Rosario" (frère Rosaire). Il a 31 ans. Sous la direction du Père Radente, il s'initie à l'étude des oeuvres de saint Thomas d'Aquin.

Pendant ce temps, il continue d'exercer la profession d'avocat.

Mais sa santé délabrée ne lui permet plus un travail régulier. Des personnes charitables s'inquiètent de lui. La comtesse Marianna de Fusco, devenue veuve, l'invite à venir s'établir chez elle en tant que précepteur de ses enfants. Elle possède, à côté des ruines de l'ancienne Pompéi, près de Naples, des terres dont elle n'a pas la possibilité de s'occuper. Pour lui rendre service, "fratel Rosario" s'offre à les administrer.

Il prend alors conscience de l'effrayante misère spirituelle et matérielle de cette région. Que faire en face de tant de besoins?

Il commence par fonder une confrérie du Très-Saint-Rosaire; il parcourt la campagne, entrant dans les fermes pour apprendre aux gens à prier, distribuant médailles et chapelets. Peu à peu, la pratique religieuse revient.

Puis, sur les conseils de l'évêque, il construit une église qu'il fait consacrer à Marie.

Il installe au-dessus du maître-autel un tableau de la Vierge qui ne tarde pas à faire tomber du ciel une véritable pluie de miracles. Léon XIII dira: «Dieu s'est servi de cette image pour accorder des grâces innombrables qui ont ému l'univers».

Avec l'affluence des pèlerins auprès du nouveau sanctuaire, arrivent les ex-voto de reconnaissance et aussi les aumônes.

Bartolo en profite pour fonder un orphelinat où il recueille orphelines et enfants de prisonniers, leur assurant ainsi une éducation, un métier et une instruction religieuse. Trois ans après cette fondation, il écrit aux criminologues de l'époque, selon lesquels les enfants de criminels deviendraient certainement des criminels: 

« Qu'avez-vous fait, vous, en enlevant le Christ des écoles? Vous avez produit des ennemis de l'ordre social, des subversifs. Au contraire, qu'avons-nous gagné, nous, en mettant le Christ dans les écoles des fils de détenus? Nous avons transformé en jeunes gens honnêtes et vertueux ces malheureux que vous vouliez abandonner à leur triste misère ou jeter dans un asile de fous! ».

Cependant la collaboration de Bartolo avec la comtesse de Fusco fait jaser et leur attire à l'un et à l'autre une véritable campagne de calomnies. Ils consultent Léon XIII qui leur répond: «Mariez-vous. Et personne n'aura plus rien à dire». Aussi, le 19 avril 1885, Maître Barthélemy Longo épouse-t-il la comtesse de Fusco. Ces épousailles demeurent virginales, à l'image de celles de Marie et de Joseph, ce qui n'empêchera pas les deux époux de s'aimer profondément en Dieu.

Grâce à eux, l'œuvre de Pompéi se poursuit et s'étend. Bientôt c'est une trentaine de maisons qui se construisent autour du sanctuaire, puis un hôpital, une imprimerie, une gare, un observatoire, un bureau de poste, etc. La misère de jadis a fait place à une laborieuse prospérité.

« On est bien obligé de parler de miracle », s'écrie un jour celui qui autrefois avait initié Bartolo au spiritisme. 


Extrait de : Dom Antoine Marie osb, abbé, « Bartolo Longo » 

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