La mystique de Calvin et de l’Eglise réformée

La mystique de Calvin et de l’Eglise réformée

Une attitude positive à l'égard de la contemplation.

« D'après Calvin, l'homme régénéré reçoit de l'Esprit Saint un « œil nouveau » par lequel il voit Dieu, sans pouvoir connaître Dieu pleinement dans ce monde. Calvin ne répugne pas à enseigner que l'ineffable majesté divine invite le fidèle à la contemplation, laquelle n'est possible que la médiation du Christ »[1]. Cette attitude positive à l'égard de la contemplation rapproche la mystique réformée de la mystique catholique.

Au terme de la sanctification, la vision de Dieu dans la béatitude est une jouissance béatifiante (fruitio divina).

Un cheminement spirituel progressif, respectueux de l'homme.

De même que Calvin a une vision progressive de l'histoire du salut, de la même façon, il a une vision progressive de la sanctification de l'homme.

L'idée biblique de l'Alliance se reflète dans les théories du contrat social et dans le sens du respect de l'homme.

Une mystique orienté vers la gloire de Dieu.

Calvin ne perd pas de vue la finalité de l'homme et du monde : la gloire de Dieu. Et dans ce mouvement de l'homme vers la gloire de Dieu, il y a toujours de la foi et de l'intelligence, l'âme est toujours engagée dans une action.

Postérité de Calvin.

  • La spiritualité de Calvin s'appuie sur une théologie riche qui freinera la contagion du piétisme luthérien et de ses dérives gnostiques[2].

  • L'une des plus belles figures de la postérité de Calvin est Gerhardt TERSTEEGEN (1697-1769), qui est considéré comme un saint dans l'Eglise réformée.

Pour Gerhardt TERSTEEGEN, la mystique est la réalisation de la présence divine en nous, elle engendre grâce et transformation du cœur. Ses critères de discernement des grâces extraordinaire sont très proches des critères catholiques : il observe la personne concernée, si son caractère est resté paisible et son contact édifiant, si elle reçoit cette grâce dans le détachement. Il observe aussi si le contenu de ses révélations est conforme aux saintes Ecritures. De même, ses avertissements sont très proches de ceux que donnaient saint Jean de la Croix : il faut éviter la curiosité et s'en remettre à Dieu sans vouloir savoir si Dieu agit ou si tout ira bien, ce qui relève du manque de foi et de l'amour propre[3]. Enfin, tout en insistant sur la foi, il ajoute aussitôt à la manière de l'épitre de saint Jacques (Jc 2, 18) : « Prouvez donc cette foi par les œuvres. Quelles œuvres ? Allez-vous dire, les œuvres n'y sont pour rien. Réponse : Certainement, ce ne sont pas les œuvres qui vous vaudront le ciel, mais la foi et les œuvres vont ensemble et se suivent pas à pas ou bien l'on ne croit pas ce qu'on dit et on pense simplement qu'on le croit »[4].

Directeur d'âme, Gerhardt Tersteegen aide ses disciples à la contemplation en trois étapes : la méditation, l'acte de contemplation, et l'état pur de la contemplation.


[1] H. JAEGER, « Mystique protestante et anglicane », dans Aa Vv, La mystique et les mystiques, DDB, Paris 1965, p. 285

[2] H. JAEGER, Ibid., P. 316

[3] Gerhardt TERSTEEGEN, Weg der Wahrheit, ed. Bâle 1903.

[4] Gerhardt TERSTEEGEN, Weg der Wahrheit, ed. Bâle 1903, p. 73s.

Résumé par F. Breynaert de H. JAEGER, « Mystique protestante et anglicane », dans Aa Vv, La mystique et les mystiques, DDB, Paris 1965, p. 285-292 et 316

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